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  • Jean-Baptiste GIROUD présumé disparu

    Il est des lignées où le mot conformité aux actes d’état civil n’est pas inscrit dans le réel.

    J’ai rédigé un article concernant l’usurpation d’identité d’un ancêtre par un autre dont la faute incombait à l’officier d’Etat Civil.

    Le protagoniste était Jean-Michel, ° 1782 Chanos-Curson (oubli du curé, info à son 2ème mariage), x1 le 20.4.1800 Clérieux avec Laurence BRUNEL, y x2 le 7.1.1829 avec Marguerite Françoise BARTHELEMY.

    Aujourd’hui je donne suite à cette histoire par un nouvel écrit.

    Le couple Jean-Michel et Marguerite Françoise Barthélémy donne naissance à Jean-Baptiste le 26/10/1830 à Romans. Celui-ci se marie le 04/05/1857 à Peyrins avec Marie Marguerite Pinet.

    De cette union nait le 21/04/1858 (vue 58) à Romans Maurice Baptiste.

    Maurice Baptiste se marie en premières noces le 02/07/1894 à Saint-Etienne (vue 194, AD 42) avec Joséphine Mouton ; La mère[1] de Maurice décède à Saint-Etienne le 30/07/1893 (vue 136, AD 42) et son père « est dans l’impossibilité de manifester sa volonté », ainsi qu’il résulte d’un certificat annexé au présent.

    Aussitôt, ils déclarent avoir eu deux filles nées à St-Etienne sous le nom de Mouton en 1899 et 1890. Joséphine Mouton décède à l’hôpital le 30.11.1899, « épouse de Maurice Giraud, cartouchier, n° 66 rue d’Annonay ».

    Il se remarie le 24/11/1900 à Saint-Etienne (3 E 109, vue 164, archives communales de Saint-Etienne) avec Emilie Bride.

    A la deuxième union de Maurice Baptiste je relève sur l’acte de mariage que son père est présumé disparu d’après l’affirmation sous serment tant des parties que des témoins :

    Or son père Jean-Michel est décédé le 03/10/1895 à Romans (acte 347, vue 121, archives communales de Romans).

    Je vais exploiter des pistes de réflexion de la raison pour laquelle Maurice Baptiste a affirmé sous serment que son père était présumé disparu[2] :

    Il n’aurait eu plus de lien avec son père, celui-ci ayant quitté sa femme (recensement de Peyrins, année 1872, vue 23, AD26).

    Maurice Baptiste n’a pas été contacté par un notaire pour un héritage éventuel[3] et de ce fait n’aurait pas été averti du décès de celui-ci à l’hospice[4], qui remonte à cinq ans en arrière.

    Son livret militaire (1 R 49 bureau de Romans, Matricule 464, vue 478) indique un degré d’instruction générale zéro*, qu’il avait été réformé pour surdité en 1882 :

    * ndlr : zéro signifiant ne sait ni lire ni écrire

    Sa signature lors de sa deuxième union :

    Sous le nom de « Giraut » l’état civil de Romans ne peut lui apporter une réponse quant au décès ou pas de son père Jean-Baptiste.

    Additif : sur la fiche militaire d’Auguste Maurice (fils de Maurice Baptiste) disponible en ligne en 08/2022 je peux lire que celui-ci est réformé pour surdité complète, en plus d’être détenu en prison (1 R 1718, classe 1917, matricule 1757, vue 377/726, AD42).


    [1] Présente à Saint-Etienne en 1891 au 10 rue du Mont-d’or (recensement sud-ouest 1F20 vue 738)

    [2] Même si l’officier d’état civil avait vérifié l’acte de naissance, le décès de son père ne figurait pas sur celui-ci. Cette mention apparaitra qu’à partir de l’année 1945

    [3] Tables des Successions et absences 1893-1898 (3Q 9917, AD26)

    [4] L’hôpital de Romans était dénommé Hôpital-Hospice à la fin du XIXe siècle. Les registres de délibérations de la commission administrative pour la période 1891-1910 notamment (conservés sous les références 121S256-257) précisent bien « Hôpital-Hospice de Romans » : Information archives communales de Romans.

  • Le meunier devenu un assassin

    Jean-François BROTTIER nait le 26 nivôse an 6 (15/01/1798) à Anneyron[1], fils de François, travailleur, marié à Thérèse FAVIER.

    Jean-François, garçon meunier, s’unie le 23/02/1830 à Anneyron à Marie Anne PALAIN, fille d’un meunier.[2]

    Plusieurs enfants naissent de leur union.

    Sur le recensement de l’année 1851 à Clérieux il est dit que Jean-François est fermier/meunier au quartier Virretard où ne vit que lui, son épouse et ses enfants Marie Pauline, 18 ans et Jean 15 ans.[3]

    Marie Anne Palain décède à Clérieux le 01/04/1853 (indiqué sur l’acte de mariage de sa fille Marie Pauline le 08/10/1856 à Pact dans l’Isère).

    Localisation de ‘Virretard’[4] en haut de la deuxième carte du village Clérieux :

    https://remonterletemps.ign.fr/

    Le 11/09/1853, pour le voler, le meunier tue Didier Reynier, son locataire de 75 ans, colporteur. Le décès de Didier Reynier est enregistré sur la commune de Chavannes (vue 33, AD26) parce que son corps fut retrouvé près de l’étang du Mouchet.

    Durant cette année mon ancêtre Ferdinand Giroud marié en 1846 avec Rose Migouret ont une fille née le 18/03/1853 prénommée Rose Pauline. Ils habitent de l’autre côté du village de Clérieux, au quartier des Chirouzes, assez loin du drame qui vient de se dérouler.

    Le procès de Jean-François Brottier a lieu le 24/10/1853. Il sera guillotiné le 19/12/1853 à Valence, place du petit Saint-Jacques :

    https://remonterletemps.ign.fr/comparer (scan historique de 1950)

    « Brothier a été condamné plusieurs fois, une fois à cinq ans de réclusion pour vol. il avoue cette condamnation. Quant à une autre de dix ans de réclusion pour même fait, et qui aurait été prononcée par contumace il répond qu’il n’en a pas connaissance ».[5]

    En 1856 au moulin de Virretard le nouveau fermier meunier est Joseph Millan marié à Traversier Marianne.[6]

    Pour approfondir ce sujet je vous invite à lire « La Gazette des Tribunaux » page 2 en date du 29/10/1853 qui relate l’affaire ainsi que « Le salut public » également du 29/10/1853. Documents que vous pouvez trouver sur « Lectura Plus ».


    [1] Vue 62, AD26

    [2] Vue 320, AD26

    [3] Vue 47, AD26

    [4] Section A2, 3 P 2247, AD26

    [5] La Gazette des Tribunaux page 2 du 29/10/1853, Généanet ‘recherche du nom Brottier’

    [6] 6 M 250, vue 30, AD26

  • Jacques Guilhot marié à Montclar

    Jacques Guilhot né le 16/10/1709 échappe au grand froid qui déferle dans la nuit du 05 au 06 janvier 1709 :

    « Le sol se fige. A Nyons, la gelée brise les pierres et fend chênes et noyers jusqu’aux racines. Les températures tombent de -10 à -20°C. le Rhône est pris par les glaces ».[1]

    De Louis Guilhot établi à La Chapelle en Vercors, seul son fils Jacques descend en direction de la vallée, à Montclar sur Gervanne.

    Extraite de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26

    Voici l’itinéraire possible suivi par mon ancêtre pour arriver à Montclar : les chemins de la transhumance :

    Extraite de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26

    Auparavant Jacques s’en est allé à Pont en Royans faire son apprentissage du métier de cordonnier pour une durée de deux ans chez un maitre (2 E 14662 folio 65 du 2005/1728, AD26). Il a 19 ans.

    Le 04/06/1743 il se marie avec une fille de Montclar : Isabeau Rochette. Il est dit travailleur.

    Il se marie à l’église Saint-Marcel datant du XIIe siècle[2] :

    En 1744 aussi le grand froid est là ; cependant Jean-Louis, leur fils, né le 20 avril peut y échapper.

    Quelle est la raison pour laquelle il s’établit dans ce village ? : je n’ai trouvé aucun indice qui me permet de répondre à la question.

    Le 05/11/1747 : « Dans la maison d’Antoine Prudhomme au lieu de Montclar à la déligeance de Jean-Louis Teste consul moderne dud lieu se sont assemblés en conseil général … ». [3] Le nom de Jacques Guilhot est écrit ; il n’est pas présent pour signer le document arrêté à cette date, de même à l’assemblée du 15/12/1748 où son nom apparait mais pas sa signature.

    Et pourtant il sait signer ; voir celle-ci dans mon article ‘La Chapelle en Vercors, départ de ma branche cognatique’.

    Jean-François, son fils, né le 08/08/1745 à Montclar, apiculteur, est inscrit le 16/03/1792 sur le registre de la garde nationale, selon la loi de l’Assemblée Nationale [4]; il est dit âgé de 44 ans ce qui amène à une naissance en 1748. Il est né en 1745 : puis-je dire qu’il ne connait pas l’année de sa naissance ?

    Aussi, les prénoms ne sont pas inscrits en entier dans le registre : exemple Louis pour Jean-Louis Guilhot et mon ancêtre François pour Jean-François – en ayant auparavant vérifié qu’il n’existait un Louis et un François Guilhot dans le village.

    Durant la période de l’an IV à l’an VIII mes ancêtres ne quittent pas leur village ; ils sont agriculteurs, ceci confirmé par l’étude du registre d’enregistrement des passeports du canton d’Aouste qui ne contient pas leur nom (L 1117, AD26).

    Un arrière-petit-fils de Jacques, Louis est adjoint au maire lors du coup d’Etat de 1851 :

    La municipalité de Montclar sur Gervanne est témoin des mouvements de Joseph Fauchier, cultivateur propriétaire au hameau de Vaugelas à Montclar.

    L’adjoint au maire, Reboul dépose : « le 6 décembre, je fus acosté par Fauchier père, et le domestique d’Erand, qui me forcèrent à leur livrer la clef du clocher ».

    Guilhot, adjoint aussi, dépose : « le 6 est venu me dire quil fallait partir, qu’on me fera voir les ordres plus tard ».

    Dans la population des habitants témoignent : « Fauchier père et Boulard commandaient les gens de Vaugelas », « le 6, Fauchier, accompagné de quelques autres est venu me prendre au collet en disant qu’il fallait partir. Il était un des chefs du mouvement ».[5]

    Louis est élu maire de la commune de Montclar jusqu’en 1861, aux élections du 12/09/1852 ; Sur un extrait du cahier des délibérations en date du 14/11/1852 [6] :

    Je ne sais s’il est plus tranquille dans son époque que pendant celle où vivait son arrière-grand-père Jacques : au 01/06/1749 : « « Lesdits consuls qu’il est nécessaire de nommer des gardes de bois champêtre rapport aux grands dommages qu’il est fait dans la récolte. Lesquels dits assemblés après avoir ouï les remontrances du dit consul ils ont conclu et délibéré qu’ils nomment pour Montclar (les noms suivent) seront tenus de veiller exactement sur les fruits et récoltes et bois et toute sorte de dommage ».[7]

    Le 17/11/1792 : un registre contenant le nombre d’armes et munitions qui existent dans la commune de Montclar ET Vaugelas : « Louis Guilhot un fusil de chasse ».[8] Il s’agit de Jean-Louis Guilhot, fils de Jacques.

    La descendance de Jacques est toujours présente sur la commune de Montclar et au XXe siècle nait en 1928 René Louis Guilhot.

    Un petit-fils de Jacques, Jean-Pierre, est dit rentier à Montclar au quartier des Combes (recensement année 1861 vue 13, AD26) : il cultive les pommes de terre, des céréales telles le seigle, l’avoine, il a également peut-être des noyers.

    Représentation du quartier sur le cadastre[9] :

    Pour aller plus loin dans l’étude des églises du Vercors :

    Page 66 et page 67, la Drôme romane, H. Desaye et J.N. Couriol, plein ceintre éditions, cote 726, bibliothèque la Passerelle, Bourg Les Valence.

    Et en complément :

    Beaufort et sa région par Jean-Noël Couriol, revue drômoise numéro 569 de 09/2018.


    [1] Page 27, regard magazine numéro 120, 01/2022

    [2] Page 82, Montclar sur Gervanne, Pierre Payon et Jean-Noël Couriol, revue drômoise, tome C, numéro 536, juin 2010

    [3] 3 E 152, E dépôt Montclar

    [4] 3 E 152/1, E dépôt Montclar

    [5] 1 M 1353, AD26

    [6] 3 M 611, AD26

    [7] 3 E 152, E dépôt Montclar

    [8] 3 E 152, E dépôt Montclar

    [9] 3 P 3447/8, section 3, le village de Montclar : (direction du Nord au-dessus de ce quartier)

  • Le Chaffal

    Le Chaffal où mon ancêtre Augustin Moulin (Sosa 782), travailleur, se marie vers le 19/04/1732 avec Benoîte Eynard – cm 2 E 6270 folio 137 du 19/04/1732 chez Prompsal à Châteaudouble (manque l’année 1732 dans les registres paroissiaux de Le Chaffal).

    Extraites de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26

    Dans un cahier de Léoncel un auteur évoque les bandes de pillards, appelés routiers, pendant la période de la guerre de cent ans, qui furent une menace pour l’abbaye de Léoncel. [1]

    J’émets l’hypothèse que ces hommes désœuvrés par une des trêves de ce conflit passèrent par la paroisse Le Chaffal et firent des dégâts.

    « Le site du Chaffal est remarquable par sa position en belvédère, à 1021 mètres sur un replat dominant le creux du Pêcher. A l’exception d’un bâtiment récemment couvert, le hameau qui continue de donner son nom à la commune est aujourd’hui en ruines ; Il a été détruit par les Allemands en 1944. A cette date, l’église romane dédiée à Saint-Robert, désaffectée depuis les années 1920-1925 était encore debout. Laissée à l’abandon après 1944, elle s’est progressivement affaissée et démantelée ».[2]

    L’année 1567 voit les huguenots faire des dégâts écrit Jules Chevalier.[1]


    [1] Page 25, Beaufort et sa région par Jean-Noël Couriol, revue drômoise numéro 569 de 09/2018

    Le Chaffal en 1918, cliché Raoul Blanchard, Ipimov fond IGA.

    « Du 7 may 1644 : Esglise parochiale du Chafal, sous le vocable de Saint-Robert, au mandement de Châteaudouble, Dom Estienne François, prieur de Léoncel, commis pour le divin service que quinze en quinze, et fonctions curiales, moyennant 50 livres. Prieur : le sieur de Vilar, prieur de Beaumont, au diocèse de Valence.

    Le presbytère est voûté, menace ruine ; les fenestres du chœur sont sans vitres et chassis. La nef est couverte, n’est pas pavée, ni blanchie et menace de ruine. Point de fonts baptismaux. L’autel du chœur est sans tableau, sans tabernacle, ciboire et sans lampe. Il y a 4 nappes, un calice d’estain avec sa patène, corporal et voile ; une croix et burette d’estain ; un missel, aube et chasuble. (…) les fonds ont été aliénés ou usurpés par le désordre des guerres civiles. Au clocher, il y a deux cloches.

    Il y a 40 maisons, toutes catholiques, faisant environ 120 communiants ».[3]

    Mon ancêtre Augustin travaille, peut-être avec un bail à fermes, dans une exploitation aux ordres du prieuré du Chaffal ou dans une exploitation coiffée des fermiers généraux aux ordres du domaine des cisterciens.

    Ces deux ordres religieux proches voisins définissent les limites de leurs possessions, ceci pour éviter les conflits, qu’ils laissent en fermage et en métayage.

    « Le prieuré du Chaffal appartenait au réseau casadéen, c’est à dire à la mouvance de la grande abbaye de la Chaise-Dieu, fondé entre 1043 et 1050 par Robert de Turlande ».[4]

    « Les moines de Léoncel perçurent des dîmes et des cens, avec d’importantes variations dans le temps comme dans l’espace, dans les communautés du Chaffal … ».[5]

    Et pour continuer avec peut-être l’autre métier d’Augustin, éleveur de mouton pour les gains à percevoir sur la vente de la laine :

    Le 19/04/1732 sur son contrat de mariage le notaire note que la future épouse s’est épargnée par son travail et industrie la somme de deux cent trente-neuf livres (2 E 6270 folio 137).

    Le 03/03/1726 Jean Moulin se marie avec Marie Brun ; elle apporte en dot 68 livres qu’elle a économisé « en brebis » et « en toile » – contrat de mariage 2 E 6268 folio 202 chez Prompsal à Châteaudouble.

    « Aucune maison n’est dépourvue de métier à tisser le drap ».

    « Châteaudouble, Combovin et Peyrus se partagent la fabrication de drap de laine de tout le plateau de Léoncel, jusqu’à et y compris Chaméane, Le Chaffal et la Vacherie. En l’an III (1795), les habitants du Chaffal vendent leur laine, parfois avant même que la tonte ne soit faite, ou aussitôt qu’elle est récoltée, aux fabricants de Peyrus où, sur 101 feux (familles), 66 pratiquent la confection de drap de laine ».[6]

    Complément d’information :

    « Sous l’ancien régime, la Vacherie forme une communauté distincte, rattachée à la paroisse du Chaffal.[7]


    [1] Page 96, Vercors terre monastique et canoniale, cahier de Léoncel numéro 11

    [2] Page 112, Vercors terre monastique et canoniale, cahier de Léoncel numéro 11

    [3] Page 311, tome 46, année 1812, par Jules Chevalier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme

    [4] Page 111, Vercors terre monastique et canoniale, cahier de Léoncel numéro 11

    [5] Page 99, Vercors terre monastique et canoniale, cahier de Léoncel numéro 11

    [6] Page 70, 71 l’élevage ovin à Léoncel et la production lainière, cahier de Léoncel n°10, 08/1993

    [7] L’élevage ovin à Léoncel et la production lainière, cahier de Léoncel n°10, 08/1993

  • Maman et ses écoles

    Les lois scolaires de Jules Ferry, la loi du 16 juin 1881 établit la gratuité absolue de l’enseignement primaire dans les écoles publiques,[1] complétée par celle du 28 mars 1882 qui rend l’enseignement primaire obligatoire.

    « Comme pour la grande majorité du territoire français, les écoles communales de Valence sont installées dans des locaux existants, achetés ou loués par la Ville, souvent dans des conditions de travail et d’hygiène défaillantes à plusieurs titres. En 1874, Valence compte une seule école laïque pour garçons, située place de l’Université, qui accueille 45 élèves. L’inspecteur primaire dit à son sujet qu’il faut la « relever », afin de prouver que l’enseignement laïque peut vivre à Valence ».[2]

    Les matériaux utilisés pour la construction des façades des écoles laïques de Valence sont en pierre de taille du sud de la Drôme (Saint-Paul Trois Châteaux) en pierre de taille de Chomérac, moellons de Guilherand et de la maçonnerie de moellons avec de l’enduit lissé.

    Dans le recensement de l’année 1936, ma famille maternelle habite à la basse ville, au 7 quoi du Rhône :[3] Ginette Guilhot (ma mère), née en 1929, va à l’école maternelle Jules Renard :

    « Neuf bâtiments sont visités et la municipalité opte pour une maison rue Pêcherie, qu’elle achète en 1884. Les locaux étant très vétustes, leur destruction est programmée afin de construire une école neuve* sur son emplacement. À l’issue d’un concours, les architectes valentinois Ernest Tracol et Eugène Poitoux sont désignés pour la réalisation du projet. Ils appliquent les règles de l’architecture scolaire naissante et réalisent en 1903 une école-type de la IIIe République, dotée de deux classes et de deux appartements de fonction. Implanté dans un quartier inondable, le bâtiment est surélevé afin d’être à l’abri des inondations du Rhône.

    L’école Jules Renard ferme en 2011 et le bâtiment, rénové en 2016, accueille aujourd’hui la Maison pour tous du centre-ville. »[4]

    *école maternelle (précisé page 29, Valence construit ses écoles, par Viviane Rageau, revue drômoise numéro 563 de 03/2017)

    Ecole Jules Renard, archives municipales de Valence, 4 M 89

    La suite de sa scolarité se passe à l’école de la rue François Pie dont, avec Odette sa maman, elles traversent le champ de mars pour s’y rendre :[5]

    en 1884 cote F/17/*/2839

    Puis Ginette, de l’année 1937 à l’année 1939, ayant déménagé pour la rue Montplaisir, est élève à l’école primaire Récamier. Moi-même j’y étais, en tant qu’aide à la scolarité de l’année 2014 à l’année 2018 sans que je sache, à l’époque, que maman y avait étudié.

    Maman au dernier rang, la deuxième en partant de la droite :

    école Récamier dans la cour

    « En 1903, l’école communale de filles de la rue de l’Equerre accueille 129 élèves. Le non renouvellement du bail de l’immeuble où elle est implantée précipite le projet de construction d’une nouvelle école primaire de filles. La réflexion autour des quartiers en expansion montre que le nord-est de Valence (avenue de Chabeuil/rue Faventines) s’accroît de jour en jour et reste dépourvu d’école de filles. On projette une école à six classes, même si quatre serait suffisant compte tenu du nombre de filles à accueillir, mais la Ville compte sur la fermeture progressive des écoles privées et prévoit donc un effectif à la hausse.

    L’emplacement choisi se situe à l’angle de la rue de l’Isle et de la rue Amblard (école Juliette Récamier) ».[6]

    Cette école, pour moi, est d’une architecture élégante non seulement avec sa façade, mais avec son carrelage de l’époque à motifs, dans les couloirs, avec sa verrière immense dans la montée d’escaliers qui mène à des classes.

    Façade de mon école vue de la rue Amblard en 1910 (4MV, 4M 99) et dessin d’exécution de chapiteau[7]

     AMV, 4 M 99

    Croquis de la porte d’entrée principale

    La porte d’entrée principale se faisait rue Amblard ouvrant directement dans un couloir menant à la montée d’escalier. De nos jours l’entrée se fait rue de l’armée belge qui ouvre sur la cour de récréation.

    La verrière et les chapiteaux sont toujours présents au XXIe siècle :

    Cour de l’école Récamier (photographies de l’auteur)


    [1] senat.fr/évènement/archives/D42/gratuit1.html

    [2] Page 28, Valence construit ses écoles, par Viviane Rageau, revue drômoise numéro 563 de 03/2017

    [3] Recensements, Série F, archives communales de Valence

    [4] https://www.valence.fr/fr/re-decouvrir-la-ville/ville-d-histoire-s/patrimoine/l-ecole-jules-renard.html

    [5] Vue 26/321, http://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr, enquêtes sur la situation des écoles

    [6] Page 34, Valence construit ses écoles, par Viviane Rageau, revue drômoise numéro 563 de 03/2017

    [7] 1910 (AMV, 4 M99)

  • Médaille de mère de famille à ma grand-mère maternelle

    A l’occasion de la fête des mères de l’année 1944 « le Secrétariat général à la Famille avait tenu à témoigner de façon tangible sa reconnaissance aux mères françaises, spécialement aux plus méritantes. »[1]

    Ma grand-mère maternelle, Odette, ayant eu huit enfants, obtient la médaille d’argent ainsi qu’un bon pour une paire de chaussures et des tickets pour 2 kilos de sucre.

    En 1939 le ministère du Ravitaillement est créé, chargé de l’orientation de la production agricole, de la centralisation des produits ainsi que de la répartition équitable entre toute la population française.

    Pour cela, par le décret du 10 mars 1940, la France met en circulation des cartes d’alimentation.

    Il existe également des tickets de rationnement pour les vêtements et articles textiles.

    Carte de rationnement achats de chaussures :

    Je vais survoler cette période tant qu’il y aurait à relater.

    « Le ravitaillement devient de plus en plus difficile. Chaque jour pour maman, c’est un véritable tour de force que d’assurer nos repas et préparer une gamelle potable pour papa. (…) c’est le hasard qui décidera des légumes qu’elle va rapporter car le commerçant déchargera de sa voiture ce qui lui-même aura trouvé aux Halles : navets, topinambours, rutabagas, brocolis, choux rouges, seuls légumes en vente libre. (…) Aussi elle apprend un matin ou l’autre que le ticket DZ ou DA ou DW est validé chez le commerçant om nous sommes inscrits pour 1 kg de pommes de terre ou bien 500 g de pâtes ou encore 300 g de lentilles. Alors aussitôt il convient de courir à l’épicerie et prendre la file d’attente car les retardataires risquent fort de se heurter à l’écriteau « distribution épuisée » ! ».[2]

    Les premières cartes de rationnements sont distribuées dès octobre 1940 pour les produits de base : pain, viande, pâtes, sucre. La population française est partagée en sept catégories (selon l’âge de l’individu, selon s’il travaille ou pas) : à chaque catégorie sa carte spécifique.

    « Exprimé en rations journalières individuelles, on a en moyenne : 250 grammes de pain, 25 grammes de viande, 17 grammes de sucre, 8 grammes de matière grasse et 6 grammes de fromage.

    Avec un tel rationnement, la nourriture d’un homme ne dépasse pas 1200 calories/jour alors qu’il est généralement admis qu’il en faut 2400 ! ».[3]

    Les parents laissent leurs enfants, même ceux de la maternelle, manger à la cantine : c’est l’assurance qu’ils auront un repas.

    Il faut se tenir au courant de à quel endroit trouver les produits, deviner l’heure à laquelle débute la file d’attente qui permettra de remplir son panier, surveiller le compteur de gaz et celui de l’électricité.

    Le prix du sucre en morceau, en 1940, augmente de 59 %.[4]

    En France en 1944, avant la libération, le prix du beurre était cinq fois supérieur au tarif officiel, et le prix des œufs était quatre fois plus élevé.[5]

    Il manque tellement de produits que pendant la période de l’année 1943 et 1944 de nombreux coupons ne sont pas utilisés.

    Le marché noir bat son plein :

    « Le marché noir, c’est Pinton, le boucher, et la mère Mourdin, l’épicière. Ils disent à maman qu’ils n’ont pas ce qu’elle veut. Mais, après réflexion, ils en auraient peut-être… ils peuvent lui trouver, parce qu’un de leurs amis ira en chercher à la campagne. Il faudra compter avec les frais supplémentaires et les risques qu’il prend. Ce sera beaucoup plus cher… trois ou quatre fois ou même plus que le prix affiché, quand on donne des tickets. (….) Au marché noir, on peut se procurer de fausses cartes de tickets. ».[6]

    Le mariage d’Odette, née RIVIER, avec Fernand GUILHOT est le 18/06/1927 à Valence.

    Ces années n’ont pas dû être faciles autant pour ma grand-mère que pour mon grand-père réformé pour raison de santé à son service militaire.

    Leur premier enfant, Gilbert, né le 10/11/1927 au 37 avenue de Chabeuil à Valence.

    En 1931, au 17 quai du Rhône, je retrouve mes grands-parents, Gilbert et deux autres enfants nés entre temps.

    Ma grand-mère se rapproche de sa maman dans le quartier qu’elle habitait avant son mariage.

    En 1936 toujours dans la même rue mais au 7 quai du Rhône né Maurice.

    Mon grand-père Fernand travaille en tant que cartonnier chez Vallon Mayousse à Granges les Valence.

    Plan de 1935, cote 106, 404/405, archives municipales Valence

    En 1946 la famille Guilhot habite au 109 rue Montplaisir avec tous les enfants, le dernier né en 1943.[7]

    Ma grand-mère perçoit les allocations familiales :

    Le décret-loi du 12 novembre 1938 crée des allocations familiales indépendantes du salaire et des entreprises.

    Le 29 juillet 1939 un texte loi renforce la progressivité du barème pour les allocations à partir du troisième enfant, supprime l’allocation au premier enfant au profit d’une prime à la première naissance.

    Vers l’âge de leur retraite, mes grands-parents achèteront une maison rue des Basses Crozettes à Valence.

    La famille réunie pour une photographie vers l’année 1949 :


    Tante Marie « la tante des Baumes »

    Son mari « l’oncle Beaugiraud » :

    Odette Rivier :

    Fernand Guilhot :

    Louise Guillot épouse x1 Rivier, x2 Sapet :

    Ginette Guilhot :

    Hippolyte Guillot (frère de Louise et de Marie Guillot) :

    Quatre des enfants de Fernand Guilhot x Odette Rivier :

    De gauche vers la droite : Maurice, André, Henri et Yves :

    (Manquent Gilbert et Pierre)

    Yolande Guilhot :

    Mauricette épouse Sapet (belle fille de Louis Guillot) avec un de ses huit enfants qu’elle aura :

    Le mariage de Gilbert en 1951 à Valence :

    Gilbert :

    Pierre :

    [1] 25/05/1944, l’Impartial à Romans, 8ème année, numéro 346.

    [2] Page 20 Raymond Ruffin, « paroles de l’ombre », lettres et carnets des français sous l’occupation 1939-1945, édition les arènes.

    [3] https://nithart.com/fr39-45.htm

    [4] https://france-inflation.com/prix_depuis_1900_en_france.php

    [5] L’Europe barbare, Keith Lown, édition Perrin.

    [6] Page 38, Jean Bailleul, « paroles de l’ombre », lettres et carnets des français sous l’occupation 1939-1945, édition les arènes.

    [7] Recensements, Série F, archives communales de Valence.

  • Marie Justine GUILHOT, cartouchière

    Marie Justine GUILHOT, sœur de mon grand-père maternel, né le 11/09/1895 à Mirabel et Blacons (vue 650, AD26) ; elle décède le 19/06/1963 à Bourg Les Valence.

    Je la retrouve au recensement de l’année 1911 à Baix en tant qu’ouvrière en soie chez Rey à Saint-Symphorien : elle vit avec ses parents et ses deux frères. Son père (mon Sosa 12) est métayer. Recensements année 1911 à Baix (vue 14, AD07).

    Le 26/04/1916 elle est embauchée à la cartoucherie nationale de Bourg Les Valence : elle a 21 ans.[1]

    L’année 1916 voit l’arrivée de 1315 nouvelles cartouchières avec un pic de 260 recrutements en novembre précise Idelette Drogue-Chazalet dans son document.[2]

    « Née en 1874 de la volonté de l’Etat de moderniser ses arsenaux, après la défaite de 1870, la cartoucherie nationale de Valence, ancienne manufacture d’indiennes, se situe à Bourg les Valence, quartier de Chony, site qui représente de nombreux avantages, notamment une superficie de plusieurs hectares, gage d’agrandissement futur à proximité d’un centre urbain, vivier d’emplois potentiels… ».[3]

    Ci-dessus gravure de l’usine Sanial figurant sur l’acte de vente de la propriété en 1866.

    Les femmes, souvent peu qualifiées, sont affectées à différents postes parfois dangereux de la production de cartouches :  façonnage, étirage, conception de la balle, amorçage et chargement de l’étui, contrôles multiples et variés sont répartis en des ateliers bien distincts pour aboutir à des cartouches de différents calibres (source Idelette Drogue-Chazalet, journée européenne du patrimoine 2007).

    Elles travaillent à la chaine avec des gestes répétitifs et rapides, six jours sur sept, dix heures par jour en étant payé moins que leurs collègues masculins.

    L’usine fonctionne jour et nuit. Les femmes qui normalement ne sont pas soumises au travail de nuit se retrouvent par roulement en travail d’équipe.

    Leurs conditions de travail sont déplorables : manipulation de poids ou respiration de substances dangereuses.

    Alexandre Millerand déclare le 13 janvier 1915 : « il n’y plus de droits ouvriers, plus de lois sociales, il n’y a que la guerre ».

    Plan de 1917 (en gris les ateliers), archives municipales de Bourg les Valence,

    1 Fi 9

    Un certain mois de mai 1916 à 17 heures dans l’atelier de chargement survient une explosion, un incendie dû à un court-circuit en manipulant de la poudre. L’accident fait sept victimes.[4]

    Photo publique

    Marie Justine s’unie le 07/02/1920 à Valence à Henri LAYES cultivateur du quartier de l’allée à Bourg les Valence. Elle est déclarée sans profession sur l’acte de mariage (4 E 6173, vue 23, AD26).

    A la fin de la guerre les hommes sont de retour. Ceux-ci regagnent leur poste de travail et les mutilés ont des places réservées. De ce fait les « usineuses » comme les appellent le directeur Cahen, perdent leur emploi et ont des difficultés à en trouver un autre.

    En 1921 le couple habite au 81 avenue de Romans à Valence (recensements vue 693, AD26). Henri est manœuvre chez Allègre et Marie Justine est ouvrière chez Noury ;

    Ils ont pour voisins de palier Jean-Pierre FERRIER et son épouse Clémence*, grands-parents maternels de Marie Justine.

    *Voir mon écrit : « déplacements à la vallée du Rhône ».

    Henri Layes et son épouse Marie Justine Guilhot vers l’année 1946.

    Henri, blessé par éclat d’obus, plaie à la tête en juillet 1916 aux Eparges, reçoit la médaille militaire par décret du 20/10/1934, journal officiel du 30/10/1934, avec admission à une pension définitive.[5]

    Entre l’année 1932 et l’année 1936 ils achètent une maison située dans une impasse en construction proche du nouveau lieu de travail d’Henri qui est employé à la cartoucherie (recensement Bourg Les Valence, année 1936, vue 75, AD26). Marie Justine avait arrêté son activité professionnelle.

    J’ai connu, enfant, un peu ma grande tante, veuve sans enfant. Mes parents, ma sœur et moi vivions dans sa maison : mes parents l’aidaient parce qu’elle était atteinte de la maladie de Parkinson.

    Enterré en 1963 au cimetière « du gaz » vieux Bourg, aujourd’hui sa tombe n’existe plus. L’emplacement a été racheté.


    [1] 17 R3/5, AD26

    [2] Page 166, La Drôme et la grande guerre, chapitre la cartoucherie nationale à Bourg Les Valence par Idelette Drogue-Chazalet, édition du comité départemental d’histoire 14-18 de la Drôme, AD26.

    [3] Page 161, La Drôme et la grande guerre, chapitre la cartoucherie nationale à Bourg Les Valence par Idelette Drogue-Chazalet, édition du comité départemental d’histoire 14-18 de la Drôme, AD26.

    [4] https://www.lempreinte.valenceromansagglo.fr/la-cartoucherie-pendant-la-grande-guerre-parcours.htm

    [5] 1 R 321 (vue 504)

  • Louise Victoire GUILLOT

    Visualisation de l’arbre :

    Louise Victoire Guillot vers l’année 1949

    Comme je l’ai écrit dans mon article « La basse ville de Valence, installation d’ancêtres » Louise Victoire GUILLOT nait le 20/01/1888 à Valence. En 1906 elle n’habite plus 8 rue de l’hôtel de ville, rue où son père décède en 1899. Elle habite 5 rue du Paradis[1] avec sa maman Marie Véronique, sa sœur Marie, son frère Hippolyte ainsi que sa demi-sœur Jeanne, son demi-frère Maurice.

    Ce ne sont pas un neveu et une nièce qui sont domiciliés à cette adresse :

    Marie Véronique Elisa BARBIER, veuve GUILLOT, a eu trois autres enfants après le décès de son mari :

    Jeanne Marguerite Barbier née le 25/09/1901 à Valence, décédée le 06/06/1989 à Valence ;

    Maurice Henri Barbier né le 22/05/1903 à Valence, décédé le 30/07/1903 à Valence ;

    Maurice Joseph Barbier né le 03/08/1904 à Valence (vue 80), décédé 13/08/1914 (vue 90) à Valence ;

    De 1900 à 1905 il n’est pas bon de se loger dans les rues de la rue Bouffier, boulevard Vauban, rue Farnerie et les rues à l’intérieur de ce périmètre, à consulter sur ce plan : [1]

    « C’est dans cet espace restreint que se concentre une vingtaine de maisons de tolérance, soit environ cent à cent-cinquante ‘filles soumises’, sans compter la prostitution illégale et clandestine. Le quartier de la Citadelle est, de fait, le lieu de tous les excès, des débordements liés à la licence et à l’alcool, des trafics en tous genres ».[2]

    Comme je l’ai écrit plus haut Marie Véronique et ses enfants ayant déménagé, vers l’année 1905, habitent rue du Paradis (quartier basse ville) peuvent ainsi éviter les agressions commises dans ledit quartier de la Citadelle bien que le rapport Calvet fait part des risques sanitaires dus au surpeuplement des logements [1] :


    [1] Page 80, Revue drômoise numéro 582 de 12/2021

    Mon ancêtre Marie Véronique Elisa exerce le métier de blanchisseuse au lavoir public situé rue Pêcherie.


    [1] Quartier de la Citadelle : Cote 106, 404/405, plan année 1935, AM Valence

    [2] Page 84, Revue drômoise numéro 580 de 06/2021

    En 1910 la rue Paradis la première à gauche en remontant les boulevards :

    Etrangement en 1911 mon arrière-grand-mère Louise Victoire habite 15 quai du Rhône[2] avec encore sa maman Marie Véronique Elisa et non avec son époux, s’étant marié une première fois le 26/01/1910 à Valence avec Marius RIVIER. Celui-ci meurt le 07/04/1915 au Bois de Lamorville (55) à la grande guerre, laissant une orpheline de trois ans.

    Après recherche je retrouve en 1911 Louise Victoire et son mari Marius Rivier à Bourg Saint-Andéol, au 21 de la rue Poterne (recensement de Bourg Saint-Andéol, année 1911, 6 M 090, AD07).[3]

    Sans profession (indiqué sur son acte de mariage) maintenant Louise Victoire, veuve n’a pas d’autres sources de revenus que ceux que l’Etat peut lui fournir ou alors d’aller travailler.

    Elle ne peut rien attendre financièrement de sa belle-famille, son beau-père Marius Rivier décède dans un hôpital le 04/10/1918, qu’il n’a aucun actif au moment de sa mort (3 Q 9594 période 1906/1919, vue 14, AD07, bureau de Bourg Saint-Andéol).

    « Les indigents mourraient à l’hôpital tandis que les bourgeois eux mourraient chez eux parce qu’ils recevaient, lorsqu’ils étaient malades, les soins chez eux. »[4]

    « Dans la plupart des familles d’avant-guerre, l’homme est le seul qui travaille. Lorsque le conflit commence, des femmes et des enfants se trouvent immédiatement sans aucune ressource. La loi du 05 août 1914 sur les familles nécessiteuses de mobilisés, dites allocations militaires, étend les bénéfices des allocations militaires (1.25 francs par jour, majorée de 50 cts par enfant) à l’ensemble de mobilisés (…).

    Ce texte est modifié par différentes lois : (…) celle du 04 août 1917 qui augmente l’allocation principale à 1.50 francs avec une majoration en fonction du nombre d’enfants. Ces allocations sont attribuées sous conditions de ressources par une commission cantonale. (…) ces allocations sont versées jusqu’à la paix. »[5]

    Odette, ma grand-mère, fille du couple Guillot/Rivier devient pupille de la nation :

    « La loi du 27 juillet 1917 a accordé le statut de pupille de la Nation aux enfants dont le père, la mère ou le soutien de famille était décédé du fait de la guerre ou de ses suites, ou se trouvait dans l’incapacité de travailler. Une fois le jugement d’adoption prononcé par un tribunal civil, le pupille de la Nation est pris en charge par l’Etat jusqu’à sa majorité. Il bénéficie d’une tutelle, d’un soutien et d’une protection sociale. Son dossier est géré par l’office départemental des pupilles de la Nation, regroupé en 1926 avec l’office départemental des anciens combattants ;»[6]

    Louise Victoire se re marie le 16/11/1920 à Valence ave Louis Xavier SAPET. Elle est déclarée sans profession. Ils vivent depuis au 15 Quai du Rhône, dans la basse ville où Louise est déclarée ouvrière d’usine en 1946.

    Deux enfants naissent de cette union :

    Edmond, le 24/04/1920 à Valence, décédé le 04/11/1981 à Valence ;

    André, le 10/06/1923, décédé le 23/11/2005 à Valence.

    Avant que Louis Xavier SAPET et mon ancêtre Louise reconnaissent leur premier fils Edmond le 13/11/1920 :

    Le 24/04/1920 à Valence l’acte de naissance d’Edmond (vue 43, AD26) cite Marius RIVIER comme son père ; or ce dernier est mort à la guerre de 14/18 en 1915 ;

    Le 31/10/1920 rectification : Louise est déclarée veuve sur l’acte de naissance de son fils qui est dit de père inconnu ;

    Mon arrière-grand-mère décède le 27/07/1971 à Champis dans l’Ardèche dans une maison de retraite ; il était impossible à ma grand-mère Odette de s’occuper de sa maman, elle-même ayant huit enfants et pas assez de place dans son logement.

    Marie Véronique Barbier finit ses jours chez sa fille Louise. Appelée « la petite mémée » elle meurt subitement d’une attaque cérébrale, le jour de Noel de l’année 1934 quand la famille faisait des bugnes (source : Ginette Guilhot).

    Edmond qui travaillait dans les transports emmenait ma grand-mère chaque lundi voir leur mère Louise.

    Moi-même accompagnée de mes parents, du frère (Hippolyte) et de la sœur (Marie) légitimes Guillot allions voir mon aïeule à Alboussière. Je me souviens d’elle aveugle, assise dans un fauteuil.

    La bâtisse a depuis changé d’orientation : elle ne pratique plus l’accueil pour personnes âgées.

     Maman et Louise Victoire GUILLOT en 1956.


    [1] Vue 216, recensement de Valence, année 1906, AD26

    [2] Vue 654, recensement de Valence, année 1911, AD26

    [3] Projet collaboratif dans Généanet, Déposé par Alain Guylefor 

    [4] Exemple pour la tuberculose pulmonaire dans l’extrait de l’émission ‘retour aux sources, Sonia Rolland’, mardi 13 juin 2017, France 2

    [5] http://histoirealasource.ille-et-vilaine.fr/14-18/items/show/7653#?c=0&m=0&s=0&cv=0

    [6]https://www.archives71.fr/arkotheque/consult_fonds/index.php?ref_fonds=19#:~:text=La%20loi%20du%2027%20juillet,dans%20l’incapacit%C3%A9%20de%20travailler.

  • La basse ville de Valence et son évolution

    étude sociologique de ce quartier de Valence

    Mon écrit paru dans Racines Drômoises numéro 126 de l’année 2018

    « Le vray pourtraict de la Ville et Cité de Valence ».
    F. de Belleforest, Cosmographie Universelle, Paris, 1575

    À la fin du XIXe siècle, pour des raisons économiques, quelques-uns de mes aïeux ardéchois ont franchi le Rhône pour s’implanter à Valence.

    Henry Guillot, artisan poêlier-fumiste, né à St-Didier-de-Crussol (devenu Alboussière) (07) et Elisa Barbier arrivent à Valence en 1887. Leur fille, Louise, mon arrière-grand-mère maternelle (Sosa 15), y naît en 1888 et s’y marie en 1910 avec Marius Rivier mais celui-ci meurt à la guerre en 1915. Elle se remarie en 1920 avec Louis Sapet[1] et, jusqu’en 1946, ils habiteront 15 Quai du Rhône, dans la basse ville.

    Odette Rivier, née du premier mariage en 1911 à Bourg-Saint-Andéol (07), se marie en 1927 à Valence avec Fernand Guilhot, mon grand-père (Sosa 6), né à Baix (07).

    Il est cartonnier chez Vallon-Mayousse comme son épouse qui travaille chez Blanc. Ils habitent au numéro 17 Quai du Rhône.

    Valence a vu sa population s’accroître fortement de 1850 jusqu’à la Grande Guerre. Son développement exceptionnel a été impulsé par l’apport de population extérieure, plus que par l’évolution naturelle. Les Valentinois sont des déracinés !

    Plus du quart des nouveaux habitants venait des communes voisines et l’Ardèche constituait également un grand réservoir : en 1891, pour 20 % des naissances, les parents étaient ardéchois.

    Ils arrivaient du proche plateau et de sa bordure de la rive droite du Rhône, souvent après des contacts répétés avec la ville, à l’occasion des foires et marchés par exemple.

    Ensuite, des courants plus lointains se sont établis, le plus souvent sans lien avec l’influence économique de la ville qui se nourrissait avant tout, et de plus en plus, de nouveaux arrivants. Ils se logeaient d’abord dans la basse ville, dans des conditions précaires, voire insalubres, puis au-delà des boulevards. En 1801, 93 % des Valentinois étaient logés dans la vieille ville ; en 1911 ce chiffre tombait à 26 %[2].

    La population de la basse ville, au pied de la colline, par opposition à la ville haute, vivait du fleuve qui générait une intense activité artisanale et commerçante. Mais, tout au long des siècles, ce quartier a subi les assauts du Rhône. Les 29 et 30 novembre 1651 :« il y eut un débordement extraordinaire du Rhône qui fit un grand trou et emporta plusieurs maisons et ruina les murailles qui protégeaient la basse ville ».[3]

    Sur l’emplacement du parc Jouvet actuel, les prairies et les jardins étaient régulièrement envahis par l’écoulement des eaux de la colline : « Le projet d’y créer un parc public est ancien. Il permettrait d’assainir ce quartier, rendu malsain par les eaux qui y stagnent et que l’on juge responsables des épidémies affectant périodiquement tout le quartier de la basse ville ».[4]

    Crue du Rhône en 1955, quartier de la Basse-Ville, à l’arrière-plan, la rue Pêcherie.

     « Valence était l’entrepôt de tout le sel qui remontait sur les barques. Vers ce point du quai où il n’y a plus rien et qu’on appelait le « portalet du sel », le cadastre de 1547 nous signale, outre les autres constructions de cette agglomération, dix maisons et boutiques à sel, appartenant à des familles importantes de ce temps qui faisaient ce commerce, entre autres celles de Gaspard Mayault, de Dymanche Emeric, de Jaume Merveilleux, hommes marquants de la bourgeoisie du XVIème siècle, dont nous avons retrouvé le nom et les possessions dans d’autres quartiers, car c’était à ce commerce qu’on faisait fortune.[5]

    « Dans le quartier de la basse ville s’était développé, le long du fleuve, un artisanat lié à la présence des ports : le petit port de la Pêcherie pour le commerce local entre les deux rives, reliées par le bac à traille et le grand port du Bourg pour le trafic fluvial. Il a été occupé du IIIe siècle jusqu’à l’époque moderne ; il était peuplé par les haleurs, ou affaneurs, qui, à partir de 1475-1480 se feront laboureurs ou artisans.

    L’îlot Soyons [rue Saint-Martin et rue des Jardins] reste aujourd’hui le dernier témoin de la structure médiévale[6].

    Le recensement de l’année 1812 montre que les habitants étaient tisserands, jardiniers, journaliers, employés de l’octroi au bureau du bac-à-traille mais le métier le plus représenté était celui de marinier.[7]

    Entre les deux guerres, des usines nouvelles ont vu le jour : la Boulonnerie calibrée ; Toussaint-Devilbis ; la Cuivrerie du Sud-Est ; les Cartonnage Blanc ; les Tanneries Balsan et Mirabel-Chambaud (place Notre-Dame de Soyons) ; les transports Bonnardel ; les Cafés Pivard ; les Graines Tézier, les Moulins Basset-Bouvier, etc.

    Elles avaient un grand besoin de main d’œuvre et faisaient vivre de nombreuses familles, dont une importante communauté d’Arméniens, réfugiés à la suite du génocide de 1915 (en 1926, Valence comptait 827 Arméniens pour 30 964 habitants et 1670 en 1936 pour 34 275 habitants soit 4.87 %.[8]

    Marie Thérèse Savelli écrivait en 1945 : « Les industries alimentaires : une notable partie de l’industrie valentinoise est dans la dépendance directe de l’agriculture, qui demeure la principale richesse de la vallée du Rhône. Tel est évidemment le cas de la meunerie. Ses humbles débuts sont à rechercher dans l’activité des petits moulins installés sur les ruisseaux de Valence, lesquels ont utilisé dès le Moyen-Age le blé de la plaine voisine. Vers 1880 le remplacement des meules par les cylindres intensifie le rendement et permet l’installation de grosses minoteries, vraies usines à farine, susceptibles d’écraser quotidiennement d’importantes quantités de blé. Dans ces conditions la Société Basset et Bouvier exploite les très anciens moulins Saint-Pierre, situés à Bourg, capables de triturer 100 quintaux de blé par jour. Elle dirige également les grands Moulins de Valence établis sur les quais du Rhône /… ».[9]

     « Le couvent des Dominicains, autrement dit les Jacobins, occupait une partie de ce grand clos sur les bords du Rhône qui a été pris pour l’arsenal. Cette maison, fondée en 1234, avait pris rapidement de grands accroissements et une certaine renommée, car on porte jusqu’à cent le nombre des religieux qui y vécurent ensemble dans la ferveur… On assure qu’Humbert, dauphin de Viennois, aimait à s’y retirer, et que ce fut là qu’il conçut le projet d’entrer dans l’Ordre des Frères Prêcheurs.

    La noble et riche abbaye des religieuses Bénédictines de Soyons y fut transférée en 1632, à l’époque des troubles qui ont agité ce pays.

    Les Capucins s’étaient établis aussi sur les bords du Rhône, dans le local où se trouve aujourd’hui l’hôpital. On peut juger l’importance de cette maison religieuse par les bâtiments et l’étendue des jardins. Ce quartier était anciennement considérable et peut-être le plus important du vieux Valence »4.

    La construction de l’autoroute en 1960-1965 a profondément modifié la basse ville de Valence.

    À partir de l’avenue Gambetta, au niveau de l’ancien bac-à-traille et de la rue Pêcherie, jusqu’au Bourg-lès-Valence, de nombreuses maisons ont été abattues. Ainsi ont disparu la promenade le long du Rhône et tout un quartier populaire et laborieux, très animé avec des commerces et des cafés où se retrouvaient les mariniers, les pêcheurs et les ardéchois qui empruntaient le bac.

    De l’Arsenal il nous reste la porte d’entrée et la chapelle Notre-Dame de Soyons, classées aux monuments historiques.

    Quai du Rhône, quartier de la basse ville en 1914. Aujourd’hui, c’est une autoroute…

    En rédigeant ce document je voulais retracer l’évolution sociologique de cette partie de la ville. Aux familles bourgeoises de l’époque médiévale, aux religieux après les guerres de religion, ont succédé les populations de la classe populaire à partir de la Révolution.

    Complément à mon article :

    La disparition, à Valence, d’un établissement séculaire, l’école des frères par Alain Balsan, revue drômoise numéro 581 de 09/2021.


    [1] Louis Sapet est ouvrier chez Tézier. De ce second mariage naîtront deux fils.

    [2] Ville de valence et office du tourisme, 1991, cote 944/98 pp. 182-183, Médiathèque.

    [3] Annales valentinoises, Marius Villard, p. 98.

    [4] Le parc Jouvet, Alain Balsan. Revue Regard N° 88, 2018. pp. 12-14

    [5] Valence et ses rues, F. Dupré de Loire, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, T. 8, 1874, pp. 162-174.

    [6] Travaux et recherches archéologiques de terrain dans la Drôme, Elvio Seggato, Revue drômoise N° 509, Page 224.

    [7] 1Num 910, vue 30-48, AD26.

    [8] Page 523-538, la colonie arménienne de Valence de P. Garagnon, in Revue de géographie alpine, tomme 44, n°3, 1956.

    [9] Valence-sur-Rhône. La ville actuelle, Marie-Thérèse Savelli, Géographie Alpine, 1945. p. 653.

  • Mort civile de mon ancêtre bagnard

    Je remonte mon arbre généalogique et voici ce que je lis dans la zone ‘fils de’ sur l’acte de mariage d’un de mes ancêtres Jean Pierre Giraud (fils) avec Jeanne Chaumier, le 05/02/1835 à Saint-Cierge la Serre :

    « Jean-Pierre Giraud, condamné aux travaux forcés à Brest, à perpétuité ».

    Le père du marié qui se prénomme également Jean-Pierre, mon Sosa 100, a commis un délit :

    « Dans le courant du XIXe siècle, les larcins se payaient au prix fort et la sanction, souvent disproportionnée, conduisait très couramment au bagne, en rendant hypothétique la suite de la vie de leurs auteurs » (source : Revue Française de généalogie n° 194 juin-juillet 2011).

    Sur sa fiche militaire il est noté qu’il est remplaçant d’un conscrit de l’an 13 : c’est le manque d’argent qui l’aurait poussé à l’agression ? [1]

    Je ne peux en dire plus de son dossier ; Je laisse la lectrice, le lecteur aller consulter directement celui-ci. Je m’appuie sur les conditions de diffusion du site : https://bibnumcrbc.huma-num.fr/conditions-generales-utilisation


    [1] SHD/GR 21 YC 47 (vue 34), matricule 12647, mémoire des hommes

    Le jugement de fin d’année 1824 lui impose le bagne où il y arrive en 1830.

    « Après le jugement, le condamné retourne en prison dans l’attente du passage de la prochaine chaine. Il y subit la flétissure au fer rouge et il est muni d’un collier de fer rivé au cou d’où part une lourde chaine de trois pieds (un mètre) aec un anneau en son milieu où passe la longue chaine commune qui relie une centaine d’hommes ou plus ».[1]

    Sa condamnation à perpétuité immatriculée à Toulon est commuée à un peu plus de dix ans à purger au bagne de Brest suite à l’ordonnance du 20 aout 1825 prescrivant la répartition des condamnés entre les ports militaires du royaume en raison de la durée de leur peine.[2]

    Localisation du bagne à Brest :

    https://chroniques-de-brest.blogspot.com/2020/09/le-bagne-de-brest-1-la-fin-des-galeres.html

    « La condamnation aux galères à perpétuité ou au bannissement prerpétuel hors du royaume, emportait la confiscation des biens et équivalait à la mort civile ».[3]

    Jean-Pierre retourne à la vie civile en 1843. Grâce à la diminution de sa peine il échappe au bagne de la Guyane, le bagne de Brest fermant définitivement en 1858.  Celui-ci « est converti en dépôt de matériel. Pendant la Première Guerre mondiale, il sera successivement un hôpital complémentaire, un centre de réforme et un magasin. Après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment sera entièrement détruit ». [4]

    Entre temps son épouse Anne Vézian meurt le 01/10/1829 à Chomérac. La table des successions et absences dit que ses enfants et non son époux, doivent hériter ; la colonne ‘observation de la déclaration » dit « reprise » [5]:

    Jean-Pierre (l’ex condamné) décède le 15/06/1847 à Chomérac ; son fils Jean-Pierre devient héritier « d’aucun bien déclaré » noté sur la table des successions et absences.[6]

    Seul le prénom du fils Jean-Pierre apparait sur la table : qu’en est-il de Louis, né en 1823, enfant du couple Giraud/Vézian dont la naissance n’est pas inscrite dans le registre de Chomérac ?

    Il a la possibilité de faire la connaissance de son père lorsqu’il a 20 ans.

    Louis se marie le 03/08/1853 à Saint-Julien en Saint-Alban et décède le 14/11/1896 à Flaviac (également enregistré dans les tables de successions et décès de Privas,3 Q 4214-7, vue 4, AD07).

    Comme je l’indique dans le début de cet écrit, Jean-Pierre (fils) épouse Jeanne Chaumier.

    Avant de mourir celle-ci fait un testament :[7]

    Elle lègue à son mari et à ses enfants le 10/03/1855 la somme de 1200 frs (valeur du mobilier, argent, rentes et créances) :

    Au le décès de Jean-Pierre, époux de Jeanne, sa succession, à partager entre ses nombreux enfants, s’élève à 41.50 frs de biens et à d’un capital de 830 frs.[8]

    Pour conclure :

    « Les bagnards ne sont jamais gros négociants, hommes de finances, importants notables ou banquiers ; ils sont par contre assez souvent : tisseur de toile, marchand de baguettes à nettoyer les fusils, d’amadou, de peaux, boulanger, potier de terre, bien plus fréquemment domestique, journalier, travailleur de terre, colporteur ou déserteur, quelquefois huissier.

    (…) il se dégage cependant de ce modeste ensemble, qu’une multitude d’autres faits recoupent, l’impression d’une justice encore très fortement marquée par l’empreinte des dominants, malgré les transformations de 1790, trop souvent demeurées dans les textes. Cela engendre une justice, mais une justice partiale ».[9]


    [1] page 10 et page 11 par Chantal Guibon, Racines Drômoises, revue numéro 111.

    [2] Page 64, www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr

    [3] page 10 et page 11 par Chantal Guibon, Racines Drômoises, revue numéro 111.

    [4] http://www.bretagne.com/fr/culture_bretonne/histoire_de_bretagne/les_temps_modernes

    [5] 3 Q 2026-18, vue 2, AD07

    [6] 3 Q 2030-7, vue 2, bureau de Privas, AD07

    [7] 3 Q 2031-3, vue 14, AD07

    [8] 3 Q 4180, AD07

    [9] Page 187, au quotidien, sur les routes drômoises à l’époque napoléonienne par Michel et Claude Seyve, revue drômoise n°512-513, 09/2004

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