Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer

Marie Justine GUILHOT, cartouchière

Marie Justine GUILHOT, sœur de mon grand-père maternel, né le 11/09/1895 à Mirabel et Blacons (vue 650, AD26) ; elle décède le 19/06/1963 à Bourg Les Valence.

Je la retrouve au recensement de l’année 1911 à Baix en tant qu’ouvrière en soie chez Rey à Saint-Symphorien : elle vit avec ses parents et ses deux frères. Son père (mon Sosa 12) est métayer. Recensements année 1911 à Baix (vue 14, AD07).

Le 26/04/1916 elle est embauchée à la cartoucherie nationale de Bourg Les Valence : elle a 21 ans.[1]

L’année 1916 voit l’arrivée de 1315 nouvelles cartouchières avec un pic de 260 recrutements en novembre précise Idelette Drogue-Chazalet dans son document.[2]

« Née en 1874 de la volonté de l’Etat de moderniser ses arsenaux, après la défaite de 1870, la cartoucherie nationale de Valence, ancienne manufacture d’indiennes, se situe à Bourg les Valence, quartier de Chony, site qui représente de nombreux avantages, notamment une superficie de plusieurs hectares, gage d’agrandissement futur à proximité d’un centre urbain, vivier d’emplois potentiels… ».[3]

Ci-dessus gravure de l’usine Sanial figurant sur l’acte de vente de la propriété en 1866.

Les femmes, souvent peu qualifiées, sont affectées à différents postes parfois dangereux de la production de cartouches :  façonnage, étirage, conception de la balle, amorçage et chargement de l’étui, contrôles multiples et variés sont répartis en des ateliers bien distincts pour aboutir à des cartouches de différents calibres (source Idelette Drogue-Chazalet, journée européenne du patrimoine 2007).

Elles travaillent à la chaine avec des gestes répétitifs et rapides, six jours sur sept, dix heures par jour en étant payé moins que leurs collègues masculins.

L’usine fonctionne jour et nuit. Les femmes qui normalement ne sont pas soumises au travail de nuit se retrouvent par roulement en travail d’équipe.

Leurs conditions de travail sont déplorables : manipulation de poids ou respiration de substances dangereuses.

Alexandre Millerand déclare le 13 janvier 1915 : « il n’y plus de droits ouvriers, plus de lois sociales, il n’y a que la guerre ».

Plan de 1917 (en gris les ateliers), archives municipales de Bourg les Valence,

1 Fi 9

Un certain mois de mai 1916 à 17 heures dans l’atelier de chargement survient une explosion, un incendie dû à un court-circuit en manipulant de la poudre. L’accident fait sept victimes.[4]

Photo publique

Marie Justine s’unie le 07/02/1920 à Valence à Henri LAYES cultivateur du quartier de l’allée à Bourg les Valence. Elle est déclarée sans profession sur l’acte de mariage (4 E 6173, vue 23, AD26).

A la fin de la guerre les hommes sont de retour. Ceux-ci regagnent leur poste de travail et les mutilés ont des places réservées. De ce fait les « usineuses » comme les appellent le directeur Cahen, perdent leur emploi et ont des difficultés à en trouver un autre.

En 1921 le couple habite au 81 avenue de Romans à Valence (recensements vue 693, AD26). Henri est manœuvre chez Allègre et Marie Justine est ouvrière chez Noury ;

Ils ont pour voisins de palier Jean-Pierre FERRIER et son épouse Clémence*, grands-parents maternels de Marie Justine.

*Voir mon écrit : « déplacements à la vallée du Rhône ».

Henri Layes et son épouse Marie Justine Guilhot vers l’année 1946.

Henri, blessé par éclat d’obus, plaie à la tête en juillet 1916 aux Eparges, reçoit la médaille militaire par décret du 20/10/1934, journal officiel du 30/10/1934, avec admission à une pension définitive.[5]

Entre l’année 1932 et l’année 1936 ils achètent une maison située dans une impasse en construction proche du nouveau lieu de travail d’Henri qui est employé à la cartoucherie (recensement Bourg Les Valence, année 1936, vue 75, AD26). Marie Justine avait arrêté son activité professionnelle.

J’ai connu, enfant, un peu ma grande tante, veuve sans enfant. Mes parents, ma sœur et moi vivions dans sa maison : mes parents l’aidaient parce qu’elle était atteinte de la maladie de Parkinson.

Enterré en 1963 au cimetière « du gaz » vieux Bourg, aujourd’hui sa tombe n’existe plus. L’emplacement a été racheté.


[1] 17 R3/5, AD26

[2] Page 166, La Drôme et la grande guerre, chapitre la cartoucherie nationale à Bourg Les Valence par Idelette Drogue-Chazalet, édition du comité départemental d’histoire 14-18 de la Drôme, AD26.

[3] Page 161, La Drôme et la grande guerre, chapitre la cartoucherie nationale à Bourg Les Valence par Idelette Drogue-Chazalet, édition du comité départemental d’histoire 14-18 de la Drôme, AD26.

[4] https://www.lempreinte.valenceromansagglo.fr/la-cartoucherie-pendant-la-grande-guerre-parcours.htm

[5] 1 R 321 (vue 504)

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑