Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer

Accueil

  • La basse ville de Valence et son évolution

    étude sociologique de ce quartier de Valence

    Mon écrit paru dans Racines Drômoises numéro 126 de l’année 2018

    « Le vray pourtraict de la Ville et Cité de Valence ».
    F. de Belleforest, Cosmographie Universelle, Paris, 1575

    À la fin du XIXe siècle, pour des raisons économiques, quelques-uns de mes aïeux ardéchois ont franchi le Rhône pour s’implanter à Valence.

    Henry Guillot, artisan poêlier-fumiste, né à St-Didier-de-Crussol (devenu Alboussière) (07) et Elisa Barbier arrivent à Valence en 1887. Leur fille, Louise, mon arrière-grand-mère maternelle (Sosa 15), y naît en 1888 et s’y marie en 1910 avec Marius Rivier mais celui-ci meurt à la guerre en 1915. Elle se remarie en 1920 avec Louis Sapet[1] et, jusqu’en 1946, ils habiteront 15 Quai du Rhône, dans la basse ville.

    Odette Rivier, née du premier mariage en 1911 à Bourg-Saint-Andéol (07), se marie en 1927 à Valence avec Fernand Guilhot, mon grand-père (Sosa 6), né à Baix (07).

    Il est cartonnier chez Vallon-Mayousse comme son épouse qui travaille chez Blanc. Ils habitent au numéro 17 Quai du Rhône.

    Valence a vu sa population s’accroître fortement de 1850 jusqu’à la Grande Guerre. Son développement exceptionnel a été impulsé par l’apport de population extérieure, plus que par l’évolution naturelle. Les Valentinois sont des déracinés !

    Plus du quart des nouveaux habitants venait des communes voisines et l’Ardèche constituait également un grand réservoir : en 1891, pour 20 % des naissances, les parents étaient ardéchois.

    Ils arrivaient du proche plateau et de sa bordure de la rive droite du Rhône, souvent après des contacts répétés avec la ville, à l’occasion des foires et marchés par exemple.

    Ensuite, des courants plus lointains se sont établis, le plus souvent sans lien avec l’influence économique de la ville qui se nourrissait avant tout, et de plus en plus, de nouveaux arrivants. Ils se logeaient d’abord dans la basse ville, dans des conditions précaires, voire insalubres, puis au-delà des boulevards. En 1801, 93 % des Valentinois étaient logés dans la vieille ville ; en 1911 ce chiffre tombait à 26 %[2].

    La population de la basse ville, au pied de la colline, par opposition à la ville haute, vivait du fleuve qui générait une intense activité artisanale et commerçante. Mais, tout au long des siècles, ce quartier a subi les assauts du Rhône. Les 29 et 30 novembre 1651 :« il y eut un débordement extraordinaire du Rhône qui fit un grand trou et emporta plusieurs maisons et ruina les murailles qui protégeaient la basse ville ».[3]

    Sur l’emplacement du parc Jouvet actuel, les prairies et les jardins étaient régulièrement envahis par l’écoulement des eaux de la colline : « Le projet d’y créer un parc public est ancien. Il permettrait d’assainir ce quartier, rendu malsain par les eaux qui y stagnent et que l’on juge responsables des épidémies affectant périodiquement tout le quartier de la basse ville ».[4]

    Crue du Rhône en 1955, quartier de la Basse-Ville, à l’arrière-plan, la rue Pêcherie.

     « Valence était l’entrepôt de tout le sel qui remontait sur les barques. Vers ce point du quai où il n’y a plus rien et qu’on appelait le « portalet du sel », le cadastre de 1547 nous signale, outre les autres constructions de cette agglomération, dix maisons et boutiques à sel, appartenant à des familles importantes de ce temps qui faisaient ce commerce, entre autres celles de Gaspard Mayault, de Dymanche Emeric, de Jaume Merveilleux, hommes marquants de la bourgeoisie du XVIème siècle, dont nous avons retrouvé le nom et les possessions dans d’autres quartiers, car c’était à ce commerce qu’on faisait fortune.[5]

    « Dans le quartier de la basse ville s’était développé, le long du fleuve, un artisanat lié à la présence des ports : le petit port de la Pêcherie pour le commerce local entre les deux rives, reliées par le bac à traille et le grand port du Bourg pour le trafic fluvial. Il a été occupé du IIIe siècle jusqu’à l’époque moderne ; il était peuplé par les haleurs, ou affaneurs, qui, à partir de 1475-1480 se feront laboureurs ou artisans.

    L’îlot Soyons [rue Saint-Martin et rue des Jardins] reste aujourd’hui le dernier témoin de la structure médiévale[6].

    Le recensement de l’année 1812 montre que les habitants étaient tisserands, jardiniers, journaliers, employés de l’octroi au bureau du bac-à-traille mais le métier le plus représenté était celui de marinier.[7]

    Entre les deux guerres, des usines nouvelles ont vu le jour : la Boulonnerie calibrée ; Toussaint-Devilbis ; la Cuivrerie du Sud-Est ; les Cartonnage Blanc ; les Tanneries Balsan et Mirabel-Chambaud (place Notre-Dame de Soyons) ; les transports Bonnardel ; les Cafés Pivard ; les Graines Tézier, les Moulins Basset-Bouvier, etc.

    Elles avaient un grand besoin de main d’œuvre et faisaient vivre de nombreuses familles, dont une importante communauté d’Arméniens, réfugiés à la suite du génocide de 1915 (en 1926, Valence comptait 827 Arméniens pour 30 964 habitants et 1670 en 1936 pour 34 275 habitants soit 4.87 %.[8]

    Marie Thérèse Savelli écrivait en 1945 : « Les industries alimentaires : une notable partie de l’industrie valentinoise est dans la dépendance directe de l’agriculture, qui demeure la principale richesse de la vallée du Rhône. Tel est évidemment le cas de la meunerie. Ses humbles débuts sont à rechercher dans l’activité des petits moulins installés sur les ruisseaux de Valence, lesquels ont utilisé dès le Moyen-Age le blé de la plaine voisine. Vers 1880 le remplacement des meules par les cylindres intensifie le rendement et permet l’installation de grosses minoteries, vraies usines à farine, susceptibles d’écraser quotidiennement d’importantes quantités de blé. Dans ces conditions la Société Basset et Bouvier exploite les très anciens moulins Saint-Pierre, situés à Bourg, capables de triturer 100 quintaux de blé par jour. Elle dirige également les grands Moulins de Valence établis sur les quais du Rhône /… ».[9]

     « Le couvent des Dominicains, autrement dit les Jacobins, occupait une partie de ce grand clos sur les bords du Rhône qui a été pris pour l’arsenal. Cette maison, fondée en 1234, avait pris rapidement de grands accroissements et une certaine renommée, car on porte jusqu’à cent le nombre des religieux qui y vécurent ensemble dans la ferveur… On assure qu’Humbert, dauphin de Viennois, aimait à s’y retirer, et que ce fut là qu’il conçut le projet d’entrer dans l’Ordre des Frères Prêcheurs.

    La noble et riche abbaye des religieuses Bénédictines de Soyons y fut transférée en 1632, à l’époque des troubles qui ont agité ce pays.

    Les Capucins s’étaient établis aussi sur les bords du Rhône, dans le local où se trouve aujourd’hui l’hôpital. On peut juger l’importance de cette maison religieuse par les bâtiments et l’étendue des jardins. Ce quartier était anciennement considérable et peut-être le plus important du vieux Valence »4.

    La construction de l’autoroute en 1960-1965 a profondément modifié la basse ville de Valence.

    À partir de l’avenue Gambetta, au niveau de l’ancien bac-à-traille et de la rue Pêcherie, jusqu’au Bourg-lès-Valence, de nombreuses maisons ont été abattues. Ainsi ont disparu la promenade le long du Rhône et tout un quartier populaire et laborieux, très animé avec des commerces et des cafés où se retrouvaient les mariniers, les pêcheurs et les ardéchois qui empruntaient le bac.

    De l’Arsenal il nous reste la porte d’entrée et la chapelle Notre-Dame de Soyons, classées aux monuments historiques.

    Quai du Rhône, quartier de la basse ville en 1914. Aujourd’hui, c’est une autoroute…

    En rédigeant ce document je voulais retracer l’évolution sociologique de cette partie de la ville. Aux familles bourgeoises de l’époque médiévale, aux religieux après les guerres de religion, ont succédé les populations de la classe populaire à partir de la Révolution.

    Complément à mon article :

    La disparition, à Valence, d’un établissement séculaire, l’école des frères par Alain Balsan, revue drômoise numéro 581 de 09/2021.


    [1] Louis Sapet est ouvrier chez Tézier. De ce second mariage naîtront deux fils.

    [2] Ville de valence et office du tourisme, 1991, cote 944/98 pp. 182-183, Médiathèque.

    [3] Annales valentinoises, Marius Villard, p. 98.

    [4] Le parc Jouvet, Alain Balsan. Revue Regard N° 88, 2018. pp. 12-14

    [5] Valence et ses rues, F. Dupré de Loire, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, T. 8, 1874, pp. 162-174.

    [6] Travaux et recherches archéologiques de terrain dans la Drôme, Elvio Seggato, Revue drômoise N° 509, Page 224.

    [7] 1Num 910, vue 30-48, AD26.

    [8] Page 523-538, la colonie arménienne de Valence de P. Garagnon, in Revue de géographie alpine, tomme 44, n°3, 1956.

    [9] Valence-sur-Rhône. La ville actuelle, Marie-Thérèse Savelli, Géographie Alpine, 1945. p. 653.

  • Mort civile de mon ancêtre bagnard

    Je remonte mon arbre généalogique et voici ce que je lis dans la zone ‘fils de’ sur l’acte de mariage d’un de mes ancêtres Jean Pierre Giraud (fils) avec Jeanne Chaumier, le 05/02/1835 à Saint-Cierge la Serre :

    « Jean-Pierre Giraud, condamné aux travaux forcés à Brest, à perpétuité ».

    Le père du marié qui se prénomme également Jean-Pierre, mon Sosa 100, a commis un délit :

    « Dans le courant du XIXe siècle, les larcins se payaient au prix fort et la sanction, souvent disproportionnée, conduisait très couramment au bagne, en rendant hypothétique la suite de la vie de leurs auteurs » (source : Revue Française de généalogie n° 194 juin-juillet 2011).

    Sur sa fiche militaire il est noté qu’il est remplaçant d’un conscrit de l’an 13 : c’est le manque d’argent qui l’aurait poussé à l’agression ? [1]

    Je ne peux en dire plus de son dossier ; Je laisse la lectrice, le lecteur aller consulter directement celui-ci. Je m’appuie sur les conditions de diffusion du site : https://bibnumcrbc.huma-num.fr/conditions-generales-utilisation


    [1] SHD/GR 21 YC 47 (vue 34), matricule 12647, mémoire des hommes

    Le jugement de fin d’année 1824 lui impose le bagne où il y arrive en 1830.

    « Après le jugement, le condamné retourne en prison dans l’attente du passage de la prochaine chaine. Il y subit la flétissure au fer rouge et il est muni d’un collier de fer rivé au cou d’où part une lourde chaine de trois pieds (un mètre) aec un anneau en son milieu où passe la longue chaine commune qui relie une centaine d’hommes ou plus ».[1]

    Sa condamnation à perpétuité immatriculée à Toulon est commuée à un peu plus de dix ans à purger au bagne de Brest suite à l’ordonnance du 20 aout 1825 prescrivant la répartition des condamnés entre les ports militaires du royaume en raison de la durée de leur peine.[2]

    Localisation du bagne à Brest :

    https://chroniques-de-brest.blogspot.com/2020/09/le-bagne-de-brest-1-la-fin-des-galeres.html

    « La condamnation aux galères à perpétuité ou au bannissement prerpétuel hors du royaume, emportait la confiscation des biens et équivalait à la mort civile ».[3]

    Jean-Pierre retourne à la vie civile en 1843. Grâce à la diminution de sa peine il échappe au bagne de la Guyane, le bagne de Brest fermant définitivement en 1858.  Celui-ci « est converti en dépôt de matériel. Pendant la Première Guerre mondiale, il sera successivement un hôpital complémentaire, un centre de réforme et un magasin. Après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment sera entièrement détruit ». [4]

    Entre temps son épouse Anne Vézian meurt le 01/10/1829 à Chomérac. La table des successions et absences dit que ses enfants et non son époux, doivent hériter ; la colonne ‘observation de la déclaration » dit « reprise » [5]:

    Jean-Pierre (l’ex condamné) décède le 15/06/1847 à Chomérac ; son fils Jean-Pierre devient héritier « d’aucun bien déclaré » noté sur la table des successions et absences.[6]

    Seul le prénom du fils Jean-Pierre apparait sur la table : qu’en est-il de Louis, né en 1823, enfant du couple Giraud/Vézian dont la naissance n’est pas inscrite dans le registre de Chomérac ?

    Il a la possibilité de faire la connaissance de son père lorsqu’il a 20 ans.

    Louis se marie le 03/08/1853 à Saint-Julien en Saint-Alban et décède le 14/11/1896 à Flaviac (également enregistré dans les tables de successions et décès de Privas,3 Q 4214-7, vue 4, AD07).

    Comme je l’indique dans le début de cet écrit, Jean-Pierre (fils) épouse Jeanne Chaumier.

    Avant de mourir celle-ci fait un testament :[7]

    Elle lègue à son mari et à ses enfants le 10/03/1855 la somme de 1200 frs (valeur du mobilier, argent, rentes et créances) :

    Au le décès de Jean-Pierre, époux de Jeanne, sa succession, à partager entre ses nombreux enfants, s’élève à 41.50 frs de biens et à d’un capital de 830 frs.[8]

    Pour conclure :

    « Les bagnards ne sont jamais gros négociants, hommes de finances, importants notables ou banquiers ; ils sont par contre assez souvent : tisseur de toile, marchand de baguettes à nettoyer les fusils, d’amadou, de peaux, boulanger, potier de terre, bien plus fréquemment domestique, journalier, travailleur de terre, colporteur ou déserteur, quelquefois huissier.

    (…) il se dégage cependant de ce modeste ensemble, qu’une multitude d’autres faits recoupent, l’impression d’une justice encore très fortement marquée par l’empreinte des dominants, malgré les transformations de 1790, trop souvent demeurées dans les textes. Cela engendre une justice, mais une justice partiale ».[9]


    [1] page 10 et page 11 par Chantal Guibon, Racines Drômoises, revue numéro 111.

    [2] Page 64, www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr

    [3] page 10 et page 11 par Chantal Guibon, Racines Drômoises, revue numéro 111.

    [4] http://www.bretagne.com/fr/culture_bretonne/histoire_de_bretagne/les_temps_modernes

    [5] 3 Q 2026-18, vue 2, AD07

    [6] 3 Q 2030-7, vue 2, bureau de Privas, AD07

    [7] 3 Q 2031-3, vue 14, AD07

    [8] 3 Q 4180, AD07

    [9] Page 187, au quotidien, sur les routes drômoises à l’époque napoléonienne par Michel et Claude Seyve, revue drômoise n°512-513, 09/2004

  • Ansage et le Pescher

    Jean-Pierre Guilhot (mon Sosa 96) né en 1779 à Montclar, se marie avec une fille Eynard dont l’origine géographique de sa branche maternelle est la paroisse d’Ansage. Cette dite paroisse a une chapelle nommée Sainte Marie Madeleine, jadis église de la paroisse dite d’Ansage et le Pêcher.

    En 1698 la population des taillabilités relevée :[1]

    Photographie de l’auteur

    « L’église Sainte-Marie-Madeleine est celle d’un prieuré relevant du prieuré voisin d’Anse, les maisons du hameau étant sans doute les vestiges des bâtiments conventuels. A quelques mètres, une nouvelle église a été construite à la fin du XIXème siècle » recopie d’une partie la plaque située sur le parvis de l’église d’Ansage.

    « Datée de 1753 sur son mur méridional, mélangeant les moellons calcaires et les blocs de tuf, elle s’intègre parfaitement dans son décor minéral ».[2]

    « Du 07 may 1644 Ensage : Un calice, patène, et burette d’estaing. Un ciboire de leton. Un corporal, un voile, une chasuble, une aube, un missel, rituel, trois nappes. Esglise en estat, sauf que les fenestres sont sans vitres et la nef pas pavée. Point de tableau, ni fonts baptismaux. Une cloche sur une fenestre. Cimetière autour de l’esglise.

    Les huguenots enterrent pesle mesle avec les catholiques. Un confessional, Point de chaire. 18 maisons catholiques faisant 30 communiants : 3 maisons huguenottes, pour l’enterrement desquelles Mgr a désigné un lieu ».[3]

    Au mariage de Joseph Eynard avec Magdeleine Revol le 23/08/1785 (vue 146) à Ansage les témoins sont le sieur Lantheaume (bourgeois*) et Jean Claude Revol (ménager). Je relève également la présence un meunier Pierre Lantheaume, sur l’arbre l’Alain Pinche (Généanet).

    * Bourgeois : donnent leurs biens à bail à des « rentiers » (fermiers) – page 70, l’élevage ovin à Léoncel et sa production lainière, cahier de Léoncel numéro 10.

    Le 12/07/1745 Suzanne Peloux, veuve de Pierre God Barsat, protestante, est enterrée hors du cimetière ; les temps ont changé : la révocation de l’Edit de Nantes fait son effet (vue 95, AD26)

    les cahiers de Léoncel numéro 27

    Le lien se fait entre Ansage et le hameau « le pescher » par les habitants de celui-ci qui vont à l’église d’Ansage.

    Mon ancêtre Jean-Pierre Revol, dit Jourdan, nait le 29/03/1739 à Ansage au hameau le pêcher (vue 80, AD26) :

    Son père Jean-Antoine décédé le 26/07/1751 (vue 89, AD26) est enterré au cimetière d’Ansage :

    « Le 23 octobre l’évêque prescrivit encore de faire une grille en longues poutres immédiatement hors du presbytère, et de clore le cimetière en bois ; et M. de Mayres paya 8 florins ».[4]

    Photo extraite de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors » année 2020, AD26.

    Un lieu pas si reculé comptant 21 maisons ; Un sentier mène de la Vacherie aux gorges d’Omblèze par la ferme de Lantheaume et le vallon du Pêcher.

    Un autre un chemin transitant le hameau du « Pescher » permet de se rendre au Chaffal où là, également, j’ai des aïeuls.


    [1] Page 81, population des taillabilités du Dauphiné, tome 40, année 1906, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.

    [2] Page 63, les chapelles du pays de Gervanne, Jean-Noël Couriol, les cahiers de Léoncel numéro 27

    [3] Page 309, tome 46, année 1912, par Jules Chevalier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.

    [4] Page 377, état des diocèses de Die et de Valence en 1509, tome 16, année 1882, par l’abbé Fillet, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.

  • Marie FERRIER, mère célibataire

    Marie née le 01 septembre 1802 à Les Vastres, décédée le 06 janvier 1872 à Saint-Jean Chambre.

    Ses parents et ses grands-parents :

    Ses grands-parents paternels se marient, devant le pasteur Pierre Peirot, le 06/02/1752 au Mazet Saint-Voy, où naissent neuf enfants, au hameau La Faurie ou les Fauries, dont apparemment atteignent l’âge adulte pour s’établir sur la paroisse de leurs parents.

    Un frère ainé, Jean-Pierre, une belle-mère[1], un père journalier sachant signer*[2] décédé trop tôt, trop de membres de la famille Ferrier sur le même territoire aurait-il incité Marie Ferrier à quitter son village des Vastres ?

    * la plupart des protestants ayant appris à lire (voir à mon écrit « protestants, certains parmi mes ancêtres »).

    « Les Vastres occupe un plateau vallonné de 100 à 1150 m, plutôt fertile avec un terrain moins sablonneux que celui de Saint-Agrève grâce aux apports volcaniques. La terre est plus noire. Les blés portent chapeau et remplacent souvent le seigle. Vaches et chevaux paissent dans de grasses prairies. Par contre, ce coin est particulièrement rude, balayé par la burle comme à Champagne ou Creaux ».[3]

    Je trouve la trace de mon aïeule à Saint-Basile au hameau de Mounens en tant que manouvrière (ouvrière le plus souvent agricole qui accomplit des travaux saisonniers pour le compte d’autrui), où elle donne naissance à Marie[4] née le 30 octobre 1833, à Jean-Jacques le 13 décembre 1838 et à Jean-Pierre le 08 septembre 1843.

    Tous les trois sont déclarés de père inconnu. Ils sont baptisés dans la religion catholique.[5]

                      Hameau où vit Marie  (section F)                 Saint Basile (section B)


     3 P 2828 1, AD07

    En 1856 Marie n’apparait pas sur la liste de recensement de Saint-Basile. Je la retrouve à Saint-Apollinaire de Rias en 1861 travaillant en tant que journalière chez Jean Ponton au quartier Réveille.[6]

    En 1872 Jean-Jacques et Jean-Pierre vivent à environ 10 kms de leur mère qui décède à Saint-Jean Chambre, quartier les Rabarines dans sa maison d’habitation, en tant indigente [7]:

    Je fais le lien avec la famille de Clémence PONT, épouse de Jean-Pierre Ferrier, dont les grands-parents maternels habitaient au quartier des Rabarines :

    Sosa 110 : CHAREL Jacques, cultivateur, né le 08/06/1777 à Saint-Agrève (vue 11), décédé le 15/03/1859 à Saint-Jean Chambre (les Rabarines), marié le 03/06/1810 à Saint Jean Chambre (vue 58) avec PONTON Isabeau.                                                                                                         


    [1] Marie Anne Gential, noté sur l’acte de décès de Pierre Ferrier le 10/02/1817, les Vastres 6 E 282/2, vue 200/334, AD43 (j’ai recherché le mariage de Pierre et Marie Anne : je ne l’ai pas encore trouvé)

    [2] Indiqué sur l’acte du 16/06/1796, E dépôt 234/3 150, Le Mazet Saint-Voy

    [3] Page 105 à page 117, du Chiniac au Mézenc, à l’aube des temps nouveaux, par Jean Montabonet.

    [4] Sur son acte de naissance (vue 18) il est noté : Jean Pommier beau-frère de la déclarante 

    [5] Jean-Pierre Ferrier, ADA 5 J 62/2, archives du diocèse de Viviers, AD07

    [6] Vue 10, 6 M 292, AD07

    [7] 3 Q La table des successions et absences, Bureau de Vernoux, année 1872 (vue 9)

  • Instruction scolaire à Montclar sur Gervanne

    En cherchant de la documentation en lien avec mon ancêtre Jacques Guilhot, je lis ceci qu’au 05/11/1747 :

    « Il est nommé Antoine Prudhomme de son consentement pour en faire la fonction pendant six mois et assistera aux services divins moyennant la somme de septante cinq livres aux conditions de fournir sa maison pour y tenir l’école payables en deux payements égaux et dans le temps qu’il sera obligé de la tenir à Vaugelas on fera comme les anciennes coutumes ».

    Au 15/12/1748 :

    « Conclu que le sieur Antoine Prudhomme fera les fonctions de précepteur et qui continuera de faire ces fonctions pendant le temps et termes de quatre mois sous le prix et somme de treize livres par mois et fournira sa maison comme il a été convenu ci-devant ».[1]

    Sur le contrat de mariage le 11/11/1739 d’Antoine Prudhomme (avec Jeanne Beatrix) où il est dit qu’il est travailleur de terre, journalier, je peux voir sa signature [2] :

       *

    *

    *Vérifiée sur le document du conseil municipal du 05/11/1747 à Montclar. 

    Déjà en mars 1733 je trouve sa signature en tant que parrain (vue 63, paroisse de Montclar, AD26).

    Carte Cassini (source IGN)

    Comme cela est formulé dans le contrat de maitre d’école [3] :

    De plus le rôle du dit maitre est de veiller à l’assiduité des enfants dans le domaine religieux

    « Le recrutement de l’enseignant se fait pendant les foires (exemple celle de Gap), le bouche à oreilles ou par le biais des affiches d’un journal de la capitale de la province ».[4]

    Le conseil général -c’est ainsi que cela se nomme- n’a pas de tracas à Montclar : tous ces hommes appartiennent presque tous à la même paroisse.

    en série E, AD26 je relève :

    Au choix de Besson pour maître d’école, à 114 livres par an (1er novembre 1717) ;

    En 1729 : Le traitement des instituteurs Besson, Gautier, Evesque, Rostaing, Prudhomme et Dorille, pour 2, 4, 6 et 12 mois, montent de 25 à 72 livres ;

    Aux 150 livres de gages à Colomp, pour diriger l’école (1er décembre 1765) ;

    Aux 174 livres données à Bérard, pour l’école (14 décembre 1766) ;

    Et au vote de 75 livres à de Bardonnenche, pour 6 mois d’école (3 novembre 1771) ;

    Aux 75 livres de Pelourson, pour 6 mois d’école (5 novembre 1775) ;

    Quittances aux consuls par Besson, « précepteur de la jeunesse, de quarante-quatre livres treize souls pour ses gages de l’année 1750 » ;

    Par Pelourson, de 62 livres 10 sous, pour avoir servi de précepteur « l’espasse » de 5 mois (1783).

    En 1733 Jean Gautier est précepteur de la jeunesse (vue 63, registres paroissiaux de Montclar, AD26).

    S’ils appartiennent au village les écoliers doivent parcourir environ 2 kilomètres et demi pour rejoindre la maison du régent située à Vaugelas.

    Depuis le 01/11/1790 jusqu’au 31/07/1796 Jean-Baptiste Rouy exerce le métier de précepteur des petites écoles. Il est reconduit dans sa fonction.[5]

    En 1644, lors de la visite de l’Evêque, Charles Jacques de Leberon, Evêque de Valence et de Die, je lis que le curé enseigne les petits enfants gratis et qu’il n’y a pas de maitre.[6]


    [1] 3 E 152, E dépôt Montclar

    [2] 2 E 6839 folio 61

    [3] Page 46, Scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII-XVIIIe siècle, 06/1975, BH 1387, AD26

    [4] Page 21, Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26

    [5] 3 E 152, E dépôt Montclar

    [6] Page 306, tome 46, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme

  • La Chapelle en Vercors, départ de ma branche cognatique catholique

    La Chapelle en Vercors, départ de ma branche cognatique catholique

    Avant-propos : Les registres paroissiaux perdus ou brûlés ont amenés, de 1744 à 1747, des tentatives de reconstitution des registres période d’actes passés entre 1709 et 1736 à La Chapelle en Vercors.

    Afin de pouvoir poser la recherche de mes ancêtres par génération j’ai analysé tous les contrats de mariages au nom de Guillet, Guillot, Guilhot, dans les paroisses de la Chapelle en Vercors, Saint-Martin en Vercors, Saint-Agnan en Vercors, Saint-Julien en Vercors, Vassieux, Saint-Jean en Royans, Die et Crest.

    J’ai, également, relevé tous les actes de baptême, de mariage et de sépulture ainsi que des testaments et autres documents notariés pour les lieux nommés ci-dessus.

    Les fascicules qui m’ont permis ce travail sont ceux de l’association Egda.

    Les voies au 1 siècle avant/V siècle après JC :

    Extrait de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », année 2020, AD26

    « L’absence de route praticable était censée mettre les communautés villageoises relativement à l’abri du passage des gens de guerre, les routiers du Moyen Age comme leurs confrères plus tardifs s’écartant peu des ‘sentiers battus’ ».[1]

    « Forteresse naturelle, le Vercors est une terre où se réfugier, se cacher, s’isoler. Sans accès facile durant des siècles, elle a forgé une population indépendante et courageuse ».[2]

    Cependant, comme je le relève plus loin dans ce document, les chemins menant à la plaine existent par exemple pour aller à Pont en Royans.

    « Au Moyen Age, le village se trouvait à l’est du bourg actuel, sur le piton rocheux de Foirevieille. Son église et sa centaine de maisons étaient protégées derrière les murailles de la forteresse de la Bâtie. Elle s’appelait la Bâtie de l’Orme en 1253, la Bâtie des Monts de la Vernaison en 1313, puis tout simplement la Bâtie.

    En 1573, de Gordes, lieutenant du roi et chef catholique reprend la place tenue par les protestants et fait démolir le château.  Du village originel comme de la forteresse ne restent que quelques ruines ».[3]

    « Les Vaudois du XIVe siècle remplacés ensuite par les protestants au XVIe siècle, se sont réfugiés aux montagnes. Ces derniers avaient conquis le Diois de 1562 à 1569 ».[4]

    « Mes ancêtres diois au XVe siècle et suivant ‘montaient’ par le col du Rousset avec leurs mules, bien avant le raccourci réalisé par le tunnel de Rousset. Il fallait une journée pour monter de Die par Chamaloc ou par Romeyer, traverser le mandement de Rousset, et encore un jour pour redescendre avec leur tribut de quelques poules et menues monnaies de La Bâtie de Vercors (La Chapelle en Vercors) ».[5]

    E. Lavisse dit que sous Louis XIV les pâturages couvrent une grande partie du royaume. Ils s’étendent surtout dans les régions de montagnes et de collines de la Lorraine, du Dauphiné et de la Provence…

    (Page 225, tome 8, les charges des classes rurales, E. Lavisse).

    Le chemin d’accès a peut-être été facilité par les mouvements de transhumance des brebis ?

    Les hauts plateaux accueillent en majorité des brebis venant des Bouches du Rhône (de la Crau), du Vaucluse, du Gard et des Alpes de Haute-Provence mais aussi du Royans, du Diois et de la Gervanne dit l’article de la revue page 9 et page 15 Vercors numéro 75 de mai 2019.

    Extraites de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26

    L’ancienne place -place de l’église- de la Chapelle en Vercors :  

           

    Ecole d’architecture de Grenoble, laboratoire espace rural et montagne, 1984. Dessins et relevés par MM. Legoupil, Sallin, Schweizer et Tirard sous la direction de MM. Lyon-Caen et Schneegans, exposition en 2019, AD26

    Le clocher de l’église date du 16ème, 17ème siècle.[6]

    L’ancêtre de ma branche maternelle Louis GUILHOT (GUILLOT) (Sosa 768), marchand, nait vers 1673 à La Chapelle en Vercors (manque les registres), décède le 07/05/1741 (vue 70) à La Chapelle en Vercors. Il se marie -date non connue- avec Catherine Ripert qui décède le 07/12/1745 à la Chapelle en Vercors.

    En 1698 ce village compte 808 habitants (page 81 du tome 40 de la Société d’archéologie et de statistique de la Drôme).

    Le meunier Louis Magnan au hameau des Bayles fait sa farine avec son moulin à eau qu’il exploite. Mes ancêtres, ainsi, sont approvisionnés en pains (13/08/1742, 1735/1742, C 95, AD26).

    En 1715 Louis habite dans le village de la Chapelle en Vercors (2 E 14670 du 27/03/1715 vue 38).

    Exerçant la profession de marchand, Louis signe des transactions chez le notaire de Saint-Martin en Vercors dont le ou les témoins viennent quelquefois de Gresse en Isère (2 E 14659 folio 146/147 le 23/05/1715).

    Au 01/08/1742 sa famille et lui ont pour coseigneur Jean Malsan, habitant à la Chapelle de Vercors qui déclare posséder une trente deuxième position de la seigneurie de Vercors tenu à titre de ferme par le nommé Jean Blanc (C 95, AD26).

    En 1762 Louis Alexandre Expilly relève le nom des nobles ayant des terres à La Chapelle en Vercors : il s’agit du sieur de Bonne, capitaine au régiment de Navarre, le sieur de la Morte, le sieur de Plan de Sieyès* et la marquise de Sassenage.[7]

    *Plan de Sieyès : reboulel ou Recoubeau : cette famille acquit de grands biens en Dauphiné, par suite de l’alliance du conseiller Jean de Sieyès avec Melle de Veynes du Prayer (vue 549, Armorial du Dauphiné).

    Louis fait mettre par écrit ses dernières volontés le 11/04/1736 étant détenu de maladie corporelle

    (2 E 14671 folio 187) ; sur son testament il est indiqué GUILLOT Louis, fils de Pierre, travailleur de La Chapelle de Vercors.

    Il donne legs à ses enfants André, Anne, Magdeleine, Marie, Jean, Jacques et Louis (dans le mariage avec Jeanne ARTHAUD) ; Lègue à Catherine RIPERT qu’elle vive avec Louis ;

    Louis est maréchal-ferrant : « Seuls les maréchaux-ferrants avaient qualité, disent les statuts de 1687, pour ferrer, panser et médicamenter toutes sortes de bêtes chevalines. Ce mot médicamenter peut étonner : jusqu’au XVIIIe siècle, les maréchaux furent en même temps vétérinaires ». [1]

    Avec le métier de son fils, Catherine peut voir les diverses personnes et peut être, ainsi, éviter l’ennui.


    [1] http://dianescianima.free.fr/metiers/marechalferrant.htm

    La signature de Louis (marié à Catherine Ripert), celles de ses enfants et de son frère :

    Signature de Louis dans un acte notarié 2 E 14662 folio 65 le 20/05/1728 où il paye un maitre pour apprendre à Jacques Guillot le métier de cordonnier.

    De son fils Jacques 2 E 14662 folio 81 du 14/11/1728 :   

    Et celle en 06 1743 sur son contrat de mariage :

    Au contrat de mariage de Jean 2 E 14660 folio 311 du 27/03/1720 :

    Louis (maréchal ferrant) fils de Louis (x Ripert) 2 E 14666 folio 210 du 29/08/1738 :

    La fille Catherine de Louis (maréchal ferrant), née en 1728 qui signe le 17/08/1745 son acte de mariage :

    De son frère Henry :

    A la vue de la graphie de leurs signatures je peux penser que la plupart de mes aïeuls savent lire, écrire (selon s’il y a un régent). En 1644 il y a « un maistre d’escole » écrit Charles Jacques de Leberon dans ses visites pastorales des diocèses de la Drôme.[1]


    [1] Page 435, tome 47, année 1913, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme

    J’attire l’attention sur ce que dit Thierry Sabot : « il ne faut pas confondre capacité à lire et aptitude à écrire ou à signer : en effet, il semble bien que les individus sachant lire étaient beaucoup plus nombreux que ceux sachant seulement écrire ou au moins signer ». [8]

    La fréquence de signature d’un de nos ancêtres en tant que témoins nous renseigne sur la notoriété de celui-ci dans le village et le fait d’habiter celui-ci :

    Louis Guilhot est requis assez souvent en tant que témoin par exemple dans le 2 E 14660 vue 294, 295.

    Louis paie au total 1340 livres (soit l’équivalent de 18 444 euros [9]) pour les dots de ses enfants :

    • Cm 2 E 14660 folio 311 du 27/03/1720 (vue 315) : Jean Guilhot x Jaliffier Marguerite

    Dot de 120 livres + une bague en or achetée par Louis Guilhot ;

    • 2 E 14662 folio 194 du 09/07/1725 :

    Mariage d’Anne Guilhot x GERIN Jean

    Dot principale de 300 livres plus d’autres petites sommes ;

    • Cm de Louis x ARTHAUD : le père de louis a donné 240 livres

    La même somme que pour le mariage de Marie x BERARD Pierre ;

    Lu sur le cm 2 E 14671 folio 124 (vue 141) du 24/07/1735 ;

    • 2 E 14666 folio 211 du 30/08/1738 : André Guilhot :

    Dot : 200 livres plus 140 livres

    « Deux villages fournissant l’essentiel des maîtres du Vercors. En effet, tous les maitres originaires du Vercors viennent de Vassieux et de la Chapelle en Vercors ».[10]

    Pour que l’école physiquement existe il faut que les habitants payent et rétribuent le maitre. Il appartient à chaque communauté de s’investir financièrement pour l’instruction de ses enfants.

    Le financement de l’instruction se fait par un impôt local réparti en même temps que la Taille, de richesse, c’est-à-dire qu’une personne riche paie plus qu’une autre pauvre.

    « On y compte un quart de feu pour les fonds nobles, et 5 feux trois quarts, un douzième et un trente-deuxième de feu pour les biens taillables, y compris néanmoins un tiers, un vingt-quatrième et un quatre-vingt-seizième de feu pour les fonds affranchis. Cette paroisse est à 6 l. et deux tiers E.N.E. de Valence ».[11]

    « Mais pour imposer ces charges locales, il est impératif de recevoir la permission de l’intendant. Selon l’attitude et la position de l’intendant vis-à-vis de l’instruction du petit peuple des campagnes, ce dernier va représenter un frein à l’instruction ou bien, au contraire, il va l’accompagner dans son développement. »[12]

    Les communautés choisissent seules leurs maitres d’école et sont juges de leurs capacités. 

    « Il arrive fréquemment que le régent *soit aussi secrétaire de mairie et ce, dès le XVIIe siècle ».[13]

    *régent, précepteur de la jeunesse : enseignant

    « D’après Bonnin, ce sont donc les notables* qui décidaient de la tenue d’une école dans le village et, par le biais des délibérations consulaires, il apparaît que tous partageaient le même souci de l’instruction ».[14]

    *Notables : propriétaires fonciers parmi les plus importants de la communauté.

    « Le rôle du précepteur de la jeunesse est, en effet, de veilleur à l’assiduité religieuse des enfants/auxiliaires privilégiés du clergé paroissial, les maitres d’école font l’objet d’une surveillance constante de la part des autorités religieuses ».[15]

    D’après l’annexe 12 du mémoire scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII -XVIIIe siècle, La Chapelle en Vercors compte 97.2 % de catholiques.

    Les paysans, à la fin du 17ème siècle, ont besoin de leurs enfants pour les aider aux champs et n’envoient pas ceux-ci apprendre à lire et à écrire.  

    Ferme ancienne située au hameau des Bernards [16]:

    Je traite le domaine instruction/statut social et finance dans cet écrit par manque de plus de documentations en lien avec cette paroisse.

    Pour conclure, si mes aïeuls sont instruits ne serait-ce t’il pas parce, plus en avant dans le temps, les protestants ont fui le diois pour se réfugier dans les montages ; ce qui a permis à des villages des hauts plateaux la présence de régents ou précepteurs de la jeunesse. Être de la religion dite réformée oblige les dits protestants à savoir lire et écrire (voir mon article « Protestants, certains parmi de mes ancêtres »).


    [1] Page 174, routiers et capitaines… par Claude Magnan, revue drômoise n°512-513 de 09/2004

    [2] Page 8, le Vercors magazine du Parc naturel régional, numéro 71 de 05/2017

    [3] Page 108, la Drôme insolite de Pierre Palengat

    [4] Page 1060 à page 1063, Le petit collines numéro 18, juin 2016, folios 1033 à 1092

    [5] Page 1060 à page 1063, Le petit collines numéro 18, juin 2016, folios 1033 à 1092

    [6]http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=26074

    [7] Page 108, volume 6, dictionnaire géographique, historique et politique

    [8] Page 13, revue les signatures de nos ancêtres par Thierry Sabot, collection contexte, éditions Thisa.

    [9] https://convertisseur-monnaie-ancienne.fr/?Y=1725&E=0&L=1340&S=0&D=0

    [10] Page 74, Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26

    [11] Page 219, tome 2, dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, par Jean Joseph Expilly, 1784

    [12] Page 16, 17 Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26

    [13] Page 125, Scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII-XVIIIe siècle, 06/1975, BH 1387, AD26

    [14] Page 10, Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26

    [15] Page 48, 49, Scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII-XVIIIe siècle, 06/1975, BH 1387, AD26

    [16] Ecole d’architecture de Grenoble, laboratoire espace rural et montagne, 1984. Dessins et relevés par MM. Legoupil, Sallin, Schweizer et Tirard sous la direction de MM. Lyon-Caen et Schneegans.

  • Déplacements de mes ancêtres des hauts plateaux à la vallée du Rhône

    « Il existait deux itinéraires privilégiés, quasi exclusivement masculins, de la montagne vers le bas-pays et du Vivarais en Dauphiné (…). Ce qu’on appelait la Montagne, c’est-à-dire les hautes terres traversées par le Lignon aux confins du Vivarais et du Velay, constituait la principale aire d’émission de jeunes adultes qui partaient s’installer en Vivarais. Ce mouvement est perceptible dès la fin du XVIe siècle. Il se poursuit jusqu’à la Révolution »[1]

    Emigration, due au surpeuplement du territoire, qui se poursuit après la Révolution,

    Page 8, http://vivelay.org/Vivelay/Documents/darsissac-qq-pages-de-l-histoire-de-la-reforme-en-Velay.pdf

    Prenons l’exemple de mon ancêtre Pierre GUILHOT, (Sosa 480), protestant *, granger, laboureur, né le 30/01/1698 à Chanteloube, Chaudeyrolles, décède dans la même paroisse, se marie au Désert le 12/06/1740 avec Marguerite GOUNON.

    • « Bonnefoi était vicaire à Saint-Voy. Devenu protestant, il s’enfuit à Genève (…). Vers 1564, le Consistoire de cette ville le renvoie dans son ancienne paroisse, où son ministère est une bénédiction. Les 800 familles de la région, composées entièrement de laboureurs, se rangent à la religion, disent les Mémoires de l’époque ».[2]

    Le fils Pierre (Sosa 240), journalier, né le 05/06/1753 à l’Aulagnier Petit à Le Mazet Saint-Voy, décédé avant 1818 à lieu non connu, se marie le 21/03/1784 au Désert les Vastres (vue 112) avec Claire GENEST.

    Il travaille chez Demars à Mars (Ex Saint Romain le Désert) dit l’acte de naissance de son fils Jacques.

    Jacques, est cardeur de laine, cultivateur (indiqué sur l’acte de naissance de son fils Jean-Louis). Il est né le 13 germinal an 2 (02/04/1794) (vue 34) à Mars (ex Saint Romain le Désert) (15/09/1793 à Mars date donnée sur son acte de mariage), décède le 02/09/1864 à Mars, il se marie à Saint-Front avec Anne NEBOIT.

    Les marchands drapiers du bas-pays fréquentent les foires du Velay comme le fait remarquer A. Debard (2013, page 72) et à son mariage Jacques exerce le métier de cardeur de laine : cela l’incite-t-il à descendre plus bas vers la vallée pour pouvoir vivre de son métier ?

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095117n/f1.item.zoom

    A la génération suivante Jean-Louis s’établit à Alboussière (au hameau le Mas, indiqué sur l’acte de naissance d’Henri son fils) et y décède le 24/10/1867. Il est cultivateur.

    Le hameau du Mas est là où est née son épouse Jeanne Victoire VERGIER.

    Signature de Jean-Louis à l’acte de naissance d’Henri, vue 17, le 31/12/1858 à Alboussière, AD07.

    Je n’ai pas recherché les contenus des contrats de mariage de mes aïeuls *; les montants des dots pourraient peut-être avoir une signification quant aux unions dans d’autres villages.

    Les registres de recensement de l’Ardèche débutent à l’année 1911 ce qui crée un manque pour avoir connaissance du niveau social de mes ancêtres.

    • Comme l’a fait René Neboit-Guilhot dans son article : « Quand nos aïeux et nos aïeules quittaient leur village sous l’Ancien Régime, revue de la Saga, numéro 98 de 06/2021 ».

    Pour la suite de cette partie d’article aller lire : « La basse ville de Valence, installation ancêtres ».

    « Il y a eu, dans la Plaine de Valence, comme dans toute la vallée du Rhône entre les deux défilés de Tain et de Donzère, une très importante émigration ardéchoise. Temporaire d’abord, elle est devenue définitive, par suite des vides qui se sont produits parmi les anciens habitants, les populations du couloir rhodanien ne résistant pas à l’attrait qu’exerçaient sur elles Lyon et Paris, par suite de la facilité des communications. Dans certaines parties de la campagne valentinoise, les gens du pays estiment à 60 p. 100 de la population le nombre des Ardéchois d’origine. »[3]

    Jean-Pierre Ferrier, mon Sosa 26, n’échappe pas à cette situation ; il est né le 08/09/1843 à Saint-Basile et est décédé le 07/09/1926 à Châteauneuf d’Isère. Il s’est marié à Saint-Jean Chambre le 2606/1869 avec Clémence Pont(s).

    Signature de mon Sosa 26 sur l’acte de naissance de son premier enfant le 07/03/1870 à Saint-Jean Chambre :

    En 1872 il est avec son épouse à Saint Appolinaire de Rias (recensement vue 13).

    Tous leurs enfants ne sont pas nés dans la même commune : il y eu naissance à Chalencon (Antoine Eugène en 1876).

    L’annuaire du Département de la Drôme [4], année 1894 page 417 qui donne l’indication de la présence de mon ancêtre à Valence :

    Il est arrivé après l’année 1883 (naissance de son fils Louis Jules à Saint-Jean Chambre).

    Dans le recensement de Valence -année 1896, page 628- il est noté qu’il habite au numéro 91 de l’avenue de Romans, qu’il exerce le métier de cultivateur : je lis dans le cadastre de l’année 1809 de Valence des terrains de pâture et de terres labourables, ce qui peut expliquer le lieu d’habitation de notre ancêtre.

    A l’heure actuelle le numéro 91 correspond au rond-point qui permet de se rendre soit à l’avenue de L’Yser, soit continuer dans l’avenue de Romans.

    3P 3615/2 section A1 Polygone ou mas de Rolin, cadastre de Valence année 1809, AD 26.

    Dans le recensement de l’année 1911, page 669, je retrouve sa trace au 85 avenue de Romans où il est noté en profession : manœuvre.

    De nos jours se situe un pôle universitaire à cette adresse.

    En 1921 il habite avec sa femme Clémence Pont(s) au 81 avenue de Romans et exerce toujours la profession de manœuvre (recensements de Valence (vue 693).

    Ils iront finir leurs jours chez leur fille Louise Fanely à Châteauneuf sur Isère.

    « (…) beaucoup d’agriculteurs embauchaient, pour cela, des journaliers. L’embauche se faisait sur la place St Jean, à Valence. Les hommes –souvent Ardéchois- cherchant du travail, s’y présentaient et les patrons venaient choisir ceux qui leur convenaient. Ils se mettaient d’accord sur le prix de la journée. Le marché était conclu. Les foins duraient plusieurs semaines. Les faucheurs étaient nourris et couchaient à la fenière ou à l’écurie ». [5]

    Également « Le développement de l’élevage du ver à soie allait procurer à tous de nouvelles ressources. Une activité industrielle en découla. (…) l’entreprise allait occuper une centaine d’ouvriers et surtout d’ouvrières originaires, pour la plupart, du Vivarais. »[6]

    Extraites de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26.

    A Mirabel et Blacons on utilise la rivière Gervanne : elle fait tourner les moulinages du quartier de Romezon et de l’entreprise Rey au hameau des Berthalais.

    L’activité du moulinage consiste à tordre les fils de soie naturelle après la filature et avant le tissage.

    Mon Sosa 25 Fanny Louise GIRAUD, ovaliste*, a parcouru plus de 40 kms pour se rendre de son village natal à Mirabel et Blacons où elle y est arrivée après 1866. Elle descend d’une lignée établie à Chomérac depuis plusieurs générations. Elle est née le 20/09/1851 à Chomérac (07), décédée le 19/08/1934 à Montclar sur Gervanne, mariée le 11/05/1871 à Mirabel et Blacons avec Pierre Guilhot.

    En 1872 elle vit à Montclar avec son époux et leur premier enfant (vue 15, recensement année 1872, AD26).

    Elle travaille en temps d’ouvrière en soie, je suppose à l’usine de soierie du Dérot au bord de la Gervanne.

    En 1895 mon aïeule est à nouveau à Mirabel et Blacons au quartier de Sauzet (naissance de sa fille Marie Justine).

    * ovaliste : ouvrier qui prépare la soie ovalée destinée à la fabrication des bas, tulles et ouvrages de passementerie au moyen d’un métier en forme ovale. L’ovale est une machine destinée à tordre la soie.

    En conclusion je montre comment s’est faite l’émigration dans la Drôme, dans mon arbre, d’une branche vellave et de deux ardéchoises.

    Pour aller plus loin : le livre de Paul Perrève ‘La Burle’ ; l’auteur raconte sa vie de médecin de campagne dans le haut Vivarais.


    [1] Page 9 Quand nos aïeux et nos aïeules quittaient leur village sous l’Ancien Régime par René Neboit-Guilhot, revue de la Saga, numéro 98 de 06/2021

    [2] Page 6 http://vivelay.org/Vivelay/Documents/darsissac-qq-pages-de-l-histoire-de-la-reforme-en-Velay.pdf

    [3] Page 150, la plaine de Valence (Bas-Dauphiné) in annales de Géographie, 1914, n°128, pp. 127-150 chez Persée.

    [4] Information fournie dans Racines Drômoises, page 23, numéro 124, année 2018.

    [5] Page 75, sur le chemin de ma vie, souvenirs par Michel Patouillard, éditeur LMDES, 12/2009

    [6] Page 508, regards sur le passé livronnais par Jean-Pierre Bernard, revue drômoise numéro 506 de 12/2002


    [

  • Protestants, certains parmi mes ancêtres de l’Ardèche

    Tout protestant n’accepte pas d’abjurer sa foi. Beaucoup d’entre eux préfèrent quitter la France…

    Je remercie particulièrement les bénévoles de l’association Saga Ardèche pour les relevés des actes car sans ce travail je n’aurai pas eu la possibilité de rédiger ce document.

    J’emploie le terme « protestants » plutôt que celui de « huguenots » : étymologie incertaine. Ce terme viendrait de l’allemand Eidgenossen qui signifie confédérés. Employé d’abord par dérision, il a commencé à se répandre vers 1559-1560.

    Se référer au lexique sur le site http://huguenotsweb.free.fr/lexique.htm pour les autres mots utilisés.

    Jusqu’au milieu du XVIe siècle les curés et évêques privilégient le cumul de revenus aux obligations de leur sacerdoce. Les protestants reprochent aux catholiques le clinquant de leurs cérémonies ainsi que la décoration des autels, images de la Vierge, vitraux etc. et d’autres différents quant à l’interprétation de la religion chrétienne.

    C’est cet état de chose qui sème la graine du Protestantisme. Les Protestants croient que la Bible est l’unique source de la révélation spéciale de Dieu à l’humanité, et qu’elle nous enseigne donc tout ce qu’il faut pour être sauvé du péché.

    Les personnes sont initiées à la religion prétendue réformée, d’abord avec les thèses de Martin Luther puis deux décennies plus tard avec celles de Jean Calvin.

    Pour les calvinistes lire la Bible est une obligation ce qui entraînera l’accession à l’érudition réservée jusque-là aux religieux. Très tôt les protestants ouvrent des petites écoles et collèges. Pendant la période du Désert les pasteurs sont tenus d’instruire les enfants.

    « Ainsi donc, le maître protestant faisait partie intégrante de la structure religieuse tandis que le maître catholique n’était qu’un auxiliaire ».[1]

    La publication des édits : celui de Saint-Maur en 1568 interdit le culte protestant en France sous peine de mort et bannit les pasteurs.

    L’édit de Nantes signé par Henri IV marque la fin des guerres de religion, entre catholiques et protestants, qui avaient ravagé la France de 1562 à 1598. Les Protestants peuvent désormais pratiquer leur religion sans être inquiétés pour leur personne ou leurs biens.

    De 1598 (Édit de Nantes) à 1685 (Révocation de l’Édit de Nantes), la religion protestante est légale ; les protestants ont leurs temples, leurs pasteurs et leurs registres officiels. [2]

    A la révocation de l’Edit de Nantes par le roi Louis XIV les protestants doivent déclarer baptêmes, mariages et sépultures auprès des curés. Les pasteurs fuient à l’étranger.

    A partir de cette époque nous identifions nos ancêtres de la religion prétendue réformée par les actes d’abjuration notifiés dans les registres catholiques, par la vente de leurs biens immeubles (terre nue, construction ou terrain bâti) avec obtention d’une autorisation de l’Intendant de la province, par les registres

    du désert de 1736 à 1792 tenus illégalement par leurs ministres du culte, et plus tard, par les registres de réhabilitation de leurs unions antérieures à l’édit de tolérance de 1787, enregistrés auprès du greffe du tribunal civil ou du curé.

    « Jusqu’à l’Edit de 1788 il est impossible aux protestants d’avouer qu’ils ont été mariés par un pasteur. Ils risquent des poursuites judiciaires, de lourdes peines et surtout l’annulation de leur mariage qui rend leurs enfants illégitimes incapables de prétende à leur héritage ».[3]

    D’où plusieurs dilemmes graves pour les protestants entre 1685 et 1787 :

    – soit de rester fidèles à leur foi protestante ; et dans ce cas d’être des couples illégaux et leurs enfants déshérités ;

    – soit de se marier devant un curé catholique, en abjurant leur foi ; dans ce cas, leurs enfants devenaient légitimes et avaient le droit d’hériter ; dans ce cas le curé catholique inscrivait en marge : N.C. (nouveaux convertis) et ne se faisait aucune illusion sur leur foi ;[4]

    –  la période 1685-1733 est la plus dure appelée la période « du désert » (avec dragonnades, emprisonnements et galères) ;

    « Louis de Marillac :  vers la fin de l’année 1680, il travailla à la conversion des protestants en exigeant d’eux seul les impôts arriérés, puis en les chargeant de taxes exorbitantes tant pour l’impôt que pour le logement des gens de guerre. Ceux qui se convertissaient étaient exemptés de ces charges. Peu à peu il en arriva à employer la violence pour hâter les conversions qui tardaient à se produire. C’est ainsi qu’en 1681 il faut autorisé par le ministre de la guerre Louvois (18 mars) à se servir des soldats comme missionnaires. »[5]

    Confiscation des biens des consistoires* et des religionnaires fugitifs :

    Biens des religionnaires fugitifs du Vivarais et du Velay : paroisse de Boffres : 19 000 livres, celle de Champis 600 livres. NDLR : (Pour plus d’explications cf page 7 et 8 de l’ouvrage).[6]

    De même : 1742-1743 : L’année suivante, on recommença à faire payer des amendes aux paroisses protestantes. Quelques-unes d’elles qui avaient été épargnées jusqu’ici furent contraintes de rembourser les arrérages depuis 1733.

    *consistoire : avant la révocation de l’Edit de Nantes, le mot consistoire désignait le conseil des Anciens qui dirigeait chaque église locale (ou paroisse). Il correspondait à notre actuel conseil presbytéral.

    Il y a urgence pour le pouvoir royal à faire revenir dans la religion catholique les nouveaux convertis :

    Colonne de gauche : catholiques ; colonne de droite : nouveaux convertis vers 1740[7]

    La royauté met en œuvre des enlèvements d’enfants que l’on pratique à l’égard surtout des familles riches ; les collèges, les couvents et les maisons de propagation de la foi les reçoivent.

    « La même année 1734, d’autres jeunes filles réussirent à s’évader du couvent de Privas, (….), et la fille de Boissy de Saint-Jean-Chambre. Les religieuses croyaient pourtant cette dernière tout à fait convertie. Aussi, grand fut leur désappointement quand elles s’aperçurent de son évasion. »[8]

    Page 484, https://archive.org/details/histoiredesp02arna/page/n483/mode/2up?view=theater

    Des exactions ont lieu des deux côtés :

    « Des habitants catholiques de Préaux et de Saint-Jeure d’Ay, deux places voisines l’une de l’autre, avaient décidé de se protéger mutuellement ; mais une compagnie de protestants, de la garnison de Bosas, commandée par le capitaine Clavel, se saisit de Préaux et pilla l’église … »[9]

    A Saint-Jean-Chambre en 1684 un détachement de dragons réduit en ruine le temple et fait beaucoup de ravages auprès des habitants. Le nouveau temple est inauguré en avril 1837.

    Je n’ai pas assez d’éléments d’ordre familial dans les listes fournies par l’ouvrage de E. Arnaud pour reconnaitre un ou plusieurs de mes ancêtres, autre que les frères Sallier.

    Certains de mes ancêtres qui abjurent à Boffres :

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095117n/f1.item.zoom

    Sosa 1952 : VERGIER Jacques, laboureur, né vers 1647 à Boffres (indiqué sur son acte de mariage), décédé le à, marié le 27/04/1677 à Boffres (vue 18) PRP 12 2 (1646/1683), AD07 avec CROZAT (CRUZAT) Judith

    Sosa 1953 : CROZAT (CRUZAT) Judith, née en 1652 à Boffres (indiqué sur son acte de mariage), décédée le à date et lieu non connus – Abjuration le 21/11/1683 à Alboussière (vue 202) ;

    Mariés dans le temple de la Bâtie de Crussol par le pasteur Durand ;

    Abjuration le 21/11/1683 à Alboussière (vue 202), AD07 :

    « L’an 1683, et le 21ème novembre honnête Judith Crozat femme de Jacques Verger laboureur du mandement de Boffre paroisse de St Disdier agée de 40 ans a fait abjuration de l’hérésie de Calvin dans laquelle elle avait vécu ici jusqu’à présent et profession publique de la R.C d et R, ayant été avertie des peines décernées contre les relaps en présence de Jacques Verger (…). »

    D’autres attendent l’année 1685 :

    Sosa 978 : VASSEL Nicolas, marchand drapier, né le à date non connue à Toulaud, décédé après le 21/05/1738 à Toulaud (cession 2 E 11176 du 21/05/1738 à Boffres, vue 517), marié le 31/03/1693 à Toulaud (vue 138 et vue 166) avec CHALAYE Jeanne

    Sosa 979 : CHALAYE Jeanne, née le 00/00/1672 à Toulaud, décédée le 07/11/1722 à Toulaud (vue 12)

    Abjuration le 16/10/1685 à Toulaud (vue 77), AD07 :

    « (…) Jeanne Chalaye, habitante à Chalaye, fille à Jean Pierre Chalaye et à Izabeau Coulet, âgée de 12 ans ».

    NDLR : Chalaye nom exact « les Chalayes ».

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095117n/f1.item.zoom :

    Sosa 1116 : BARATTIER (BARATHIER) Jacques, né vers 1616 à Toulaud, décédé le 23/01/1691 au cimetière à Toulaud (vue 44), marié le à date et lieu non connus avec BORD Béatrice – abjuration de la religion réformée le 10/10/1685 à Toulaud (vue 69)

    Sosa 1117 : BORD Béatrice, née le à date et lieu non connus, décédée avant 06/1686 (2E 22470 du 26/06/1686, vue 37) à Toulaud.

    « Le 10/10/1685, devant nous curé de Toulaud en Vivarais, diocèze de Valence Antoine Beranger agé de 45 ans, Jacques Barattier agé de 69 ans habitant aux fond (…) ont fait abjuration de la religion réformée dans laquelle il avait malheureusement vécu jusqu’à présent et promis de vivre et mourir dans la foy catholique apostolique et romaine instruits de la peine contre les relaps sans y estre forcé (…) » vue 69, AD07.

    Le renoncement à sa religion autorise son enterrement dans un cimetière catholique.

    Pour les sépultures, les protestants eurent leurs propres cimetières jusqu’en 1685 (extrait du livre le Gildas page 20/347).

    L’origine de l’usage des cimetières familiaux est connue : l’interdiction d’enterrer dans le cimetière paroissial, terre sacrée, ceux qui refusaient les sacrements catholiques pendant la période du Désert. [10]

    « Avec la Déclaration de 1736, ceux auxquels la sépulture ecclésiastique n’était pas accordée ne pouvaient être inhumés qu’en vertu d’une ordonnance du juge de police du lieu, rendue sur la conclusion du procureur du roi ou de celui des hauts justiciers. Ainsi, sur la déclaration de proches parents ou de voisins immédiats, les décès des protestants devaient être enregistrés devant un juge sur des registres pour « non catholiques ».[11]

    « Quelques cimetières son anonymes, la surface est nue, rarement cimentée, parfois garnie de galets ou enherbée. L’anonymat s’explique en partie par l’histoire du protestantisme. Jean Calvin recommandait des funérailles honnêtes, décentes, sans pratiques superstitieuses ; il recommandait qu’il n’y ait pas de pierre tombale, ni de prêche au cimetière, ni d’offrandes. Les versets bibliques gravés sur les stèles sont également un signal protestant. Ils sont presque toujours absents des cimetières crées par des familles catholiques »[12]

    Son fils Jean, mon Sosa 558, se marie à l’église son père ayant renié sa religion.

    Sosa 558 : BARATTIER Jean, né vers 1653 à Toulaud, décédé le 18/05/1723 à Toulaud (vue 22), marié le 25/06/1686 à Toulaud (vue 96) avec COMBEL Esther (Aster) –cm 2 E 22470 du 03/06/1686 à Saint-Georges les Bains (vue 37)

    Sosa 559 : COMBEL Esther (Aster), née date non connue à Bourg Les Valence, décédée le 04/03/1733 à Toulaud.

    La petite fille de Jacques épouse catholiquement un de mes ancêtres drômois :

    Sosa 278 : BAL Jean, né le 27/04/1689 à Saint-Donat, décédé le 13/12/1749 à Saint-Donat, marié le 03/11/1725 à Valence (paroisse Saint-Jean) (vue 172) avec BARRATIER (BARATIER) Jeanne

    Sosa 279 : BARRATIER (BARATIER) Jeanne (Jeane), née le 26/11/1689 à Toulaud (vue 33), décédée le 22/12/1770 à Saint-Donat

    Cm 2 E 8885 du 08/10/1725 chez Tracol Jacques à Saint-Péray (vue 551, AD07)

    Tout protestant n’accepte pas d’abjurer sa foi. Beaucoup d’entre eux préfèrent quitter la France.

    Les premiers départs : milieu XVIème siècle – première moitié XVIIème siècle.[13]

    « Le château de Mirabel jouait alors un rôle stratégique pour les protestants et assurait le passage des Huguenots vers le Dauphiné et la Suisse car il était possible de rejoindre Privas via la vallée de l’Auzon, en évitant le col de l’Escrinet et la vallée du Rhône tenus par les catholiques. »[14]

    Un de mes aïeuls ou son frère Jacques PONTON fuit notre pays pour arriver en Suisse.

    Plus deux autres notices au nom de Pouton Jacques mises en ligne sur refuge huguenots :

    http://www.refuge-huguenot.fr/resultats.ph :

    Le 22 septembre 1687 PONTON Jacques de Saint-Jean-Chambre a reçu 2 florins 40 couronnes, sans provenance précisée.

    De Schaffhouse, point de sortie principal de la Suisse, le protestant se dirige, sous la conduite d’un guide, vers Erlangen Bayreuth et le Brandebourg, par Heidelberg jusqu’à Francfort-sur-le-Main ou plus loin dans d’autres pays.

    Jacques Sallier et Antoine Sallier*, de Boffres, frères sans doute**. Le second, cardeur de laine, se réfugie à Lausanne et sert de guide aux camisards Billard, Dupont et Mazel, qui soulèvent le Vivarais en 1709. Il est à Neuchâtel le 24 mars 1710. Il a été naturalisé (page 366 de l’ouvrage).[15]

    * naissance à Champis (La Bâtie de Crussol) le 03/02/1675 (Saga Ardèche). Cette personne pourrait être collatérale de mon ancêtre Sallier Jeanne (Sosa 987).

    ** ils ont tous les deux, pour une naissance dans la même paroisse, pour parents : père Mathieu et mère Jeanne Courret (ou Couvert). Jacques décède le 14/02/1700 à Lausanne canton de Vaud (Suisse).[16]

    https://www.reformes.ch/chroniques/2021/06/largovie-inaugure-son-troncon-du-sentier-europeen-des-huguenots-suisse-argovie

    La Suisse accueille temporairement près de 60 000 réfugiés ; 20 000 s’y seraient installés d’après Quadroni, Dominique et Ducommun, Marie-Jeanne : le Refuge protestant dans le Pays de Vaud https://journals.openedition.org/abpo/2848?lang=en

    Les migrants se déplacent notamment vers la Prusse suite à l’Edit de Potsdam du 29/10/1685, rédigé en français et distribué même clandestinement dans notre pays.

    Les pays du « Refuge », ces pays qui accueillent les religionnaires sont l’Angleterre, les Pays-Bas, les états protestants du saint-Empire germanique (Palatinat, Brandebourg, Wurtemberg, la Hesse), les Etats-Unis, l’Afrique du Sud.

    La période du « Désert » ou « Sous la Croix » désigne principalement les années où les protestants doivent vivre leur foi dans la clandestinité ; les pasteurs sont itinérants ; ils animent – en plus de l’enregistrement des actes baptêmes, mariages et sépultures- des assemblés ; pour ces dernières ils sont secondés par des prédicants ou prédicateurs sans formation.

    « On sait que les pasteurs du Désert consignaient d’abord leurs actes sur des brouillons. Quelquefois Pierre Duran et un peu plus tard Mathieu Morel écrivaient avec des lettres grecques. Ils les recopiaient ensuite dans un registre sur papier timbré caché en lieu sûr. Ainsi, en cas d’arrestation, on ne trouvait sur eux que quelques pages de brouillon que l’on peut retrouver parmi les pièces du procès. »[17]

    Sosa 204 : CHAUMIER Pierre, travailleur de terre, né vers 1731 à Saint-Cierge la Serre, décédé le 18 floréal an 12 (08/05/1804) à Saint-Cierge la Serre (vue 22), marié le 27/02/1772 à Saint Cierge la Serre avec COSTE Catherine

    Sosa 205 : COSTE Catherine, née le 15/12/1740 à Saint Cierge la Serre, décédée le 26/01/1823 à Saint-Cierge la Serre (vue 2) ;

    A la déclaration de sa naissance : il est noté « fille bâtarde » ;

    Je suppose que ces parents se sont convertis entre la date de sa naissance et son mariage catholique :

    Vue 5, 170/1792, Saint-Cierge la Serre, AD07

    Sosa 216 : PONT (PONS) Jacques (Jaques), cultivateur, né le 23/03/1725 à Saint-Jean Chambre (vue 128), décédé le 1er jour complémentaire an 8 (17/09/1800) à Saint-Jean Chambre (vue 463), marié le 27/04/1741 à Saint-Jean Chambre (vue 6) avec BOIS (BOUIS) Antoinette

    Réhabilitation de leur mariage le 24/05/1788 à Saint-Jean Chambre (vue 108) –cm du 04/04/1751

    Sosa 217 : BOIX (BOIS) (BOUIS) Antoinette (Anthoinette), née date non connue à Saint-Apollinaire de Rias, décédée date non connue à Saint-Jean Chambre

    Voir la transcription de l’acte de réhabilitation plus loin dans cet écrit.

    Vue 6, PRD 17, AD07      

    Le pasteur François COSTE qui célèbre l’union :

    « Le 15 mai 1741 François Coste vient renforcer Peirot, ainsi que Dunières, mais Jean Pierre Fauriel Ladreyt qui ne s’est pas remis de la mort de son frère quitte le Vivarais pour s’établir en Angleterre. »[18]

    « Le pasteur François Coste dit Juston était originaire de Saint-Jean-Chambre. Après ses études au séminaire de Lausanne dirigé par Antoine Court, il est consacré en 1741. Ce registre qui couvre les années 1741 à 1746 et donc le premier de son ministère. C’est le seul que nous ayons.

    En 1752, le pasteur Coste découragé par les difficultés et la répression conduit jusqu’à Rotterdam une troupe d’émigrants du Vivarais à destination de Dublin. Par la suite il exerça son ministère tantôt en bas Languedoc tantôt en Vivarais puis en Suisse. En 1768 le synode décida de lui réclamer ses registres de baptêmes et de mariages. Les retrouvera-t-on un jour ? » vue 2/299, PRD17 1741/1788, AD07.

    L’Edit de Tolérance signé par le roi Louis XVI permet aux protestants de bénéficier de l’état civil sans avoir l’obligation de se convertir au catholicisme.

    L’acte de réhabilitation, vue 108, PRT 04 2, 1788, Vernoux, AD07 :

    « Du vingt-quatre mai mil sept cent quatre-vingt-huit, dans la maison de la Dame veuve abrian en la ville de Vernoux par devant nous et juge mage sont comparus Jacques Ponse et Antoinette Bois habitants au Puy, paroisse de Saint-Jean-Chambre lesquels, pour se conformer à l’Edit de Novembre 1797, enregistré au Parlement de Toulouse, le vingt-trois février suivant, et publié en l’Audience du Sénéchal d’Annonay, du 13 mars, Nous déclarent, en présence de Sieur Jean Antoine Pourret juge de Vernoux, Jean Antoine Sabatier notaire, Jacques Bernard Victor Saint André et Maurice Faure tous habitans au dit Vernoux qu’ils se sont unis en vrai et indissoluble Mariage, à la suite du contrat civil qu’ils ont passé le 04 avril 1741 et que leur Union conjugale a été suivie de la naissance de cinq enfants vivants (…).

    Nous requérant de leur donner acte de cette Déclaration, que Nous dit Juge-Mage, Lieutenant Général, leur avons octroyé, pour leur servir et valoir, ainsi que de raison, en conformité de sus-dit Edit, et Nous sommes signé avec lesdits témoins. Non les parties illitérées de ce requis. »

    Deux ans plus tard la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen en 1789 proclame la liberté de conscience et le libre exercice du culte. Les protestants deviennent des citoyens à part entière.

    Sans oublier que « peu après le départ de Koenig*, sous le régime de la Terreur, tous les temples protestants et toutes les églises catholiques de France furent fermés par ordre de la Convention nationale, et les ministres des deux cultes contraints de cesser leurs fonctions sous peine de mort, comme aux plus mauvais jours de Louis XIV et de Louis XV. [19]

    * Koenig est un pasteur.

    Les temples sont reconstruits entre 1820 et 1860.

    D’un cousinage de ma branche maternelle « Pont » ou « Ponts » :

    Le 16/01/1791 à Saint-Jean Chambre Jean Jacques Ponton épouse Marguerite Riou : déclaration de mariage, vue 414, AD07.

    Le 05/02/1792 toujours à Saint-Jean Chambre le même couple se marie devant le pasteur Jacques Rattier, PRD 11, vue 326, AD07.

    Double mariage : devant le pasteur pour leur foi, devant le curé pour leurs droits.

    Que peut-on en conclure : que le catholicisme a éradiqué le protestantisme ?

    Pour aller plus loin :

    Les protestants entre exil et espoir de Pierre Coulet édition Dolmazon

    https://www.bible-ouverte.ch/messages/livresretranscrits/100-livres-retranscrits-reforme-a-neuchatel/638-reformation-ne-7.html

    http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran

    https://journals.openedition.org/diasporas/3015

    https://sammlungen.ulb.uni-muenster.de/hd/content/pageview/1656787

    Compléments d’information :

    On appelle encore du nom de Boutières, autrefois Boteria, la partie montagneuse de l’Ardèche, qui s’étend du Rhône au sommet de la chaîne cévenole, et correspond aux cantons de Privas, La Voulte, St-Pierreville, St Martin de Valamas et St-Agrève.

    Les Boutières constituaient ainsi la partie centrale du Vivarais, tandis qu’on appelait la partie méridionale le pays des Royols, et la partie septentrionale, le pays des Bedos.[20]


    [1] Page 50, scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII, XVIIIe siècle, BH 1387, AD26

    [2] http://www.geneanet.org/blog

    Guide des archives des familles protestantes en France : guide publié par les Archives nationales en 1987 ; associations généalogie protestante ; internet …. –Chantal Cosnay, généalogiste professionnelle à Aix en Provence pour la CSGHF.

    [3] Page 12, revue Racines Drômoises numéro 131 de 2020 

    [4] http://www.geneanet.org/blog

    Guide des archives des familles protestantes en France : guide publié par les Archives nationales en 1987 ; associations généalogie protestante ; internet …. –Chantal Cosnay, généalogiste professionnelle à Aix en Provence pour la CSGHF.

    [5] Page 84 journal de Jean Migault, maître d’école : 1681/1688, pdf dans Gallica

    [6] Page 400, https://archive.org/details/histoiredesp02arna/page/n7/mode/2up?view=theater

    Histoire des Protestants du Vivarais et du Velay, par E. Arnaud, pasteur, volume second, édition Grassart – source : http://vivelay.org/Vivelay2013/bibliotheque.html

    [7] Page 418,  https://archive.org/details/histoiredesp02arna/page/n7/mode/2up?view=theater

    Histoire des Protestants du Vivarais et du Velay, par E. Arnaud, pasteur, volume second, édition Grassart – source : http://vivelay.org/Vivelay2013/bibliotheque.html

    [8] Page 154,  https://archive.org/details/histoiredesp02arna/page/n7/mode/2up?view=theater

    Histoire des Protestants du Vivarais et du Velay, par E. Arnaud, pasteur, volume second, édition Grassart – source : http://vivelay.org/Vivelay2013/bibliotheque.html

    [9] Page 43, Arnaud, Eugène (1826-1905). Auteur du texte. Histoire des protestants d’Annonay en Vivarais pendant les trois derniers siècles, par E. Arnaud, 1891, dans Gallica

    [10] Page93, voyage à pied à travers le Vivarais et le Velay en 1841 par François David Délétra, édition Olivetan.

    [11] Page 41, les registres paroissiaux racontent la vie de nos ancêtres par Thierry Sabot, édition Thisa

    [12] Page 47 à page 51, les cimetières familiaux par Jean-Claude Rouchouse, revue drômoise numéro 565 de 09/2017.

    [13] Pdf, Les réfugiés protestants de la Châtellenie de Lille en Hollande, thèse d’Alain Desrousseaux, Université d’Artois

    [14] https://www.medarus.org/Ardeche/07commun/07comTex/mirabel.htm

    [15] Page 23,  https://archive.org/details/histoiredesp02arna/page/n7/mode/2up?view=theater

    Histoire des Protestants du Vivarais et du Velay, par E. Arnaud, pasteur, volume second, édition Grassart – source : http://vivelay.org/Vivelay2013/bibliotheque.html

    [16] Familysearch registres des protestants 1566-1897

    [17] Page 34, Saint-Maurice en Chalencon sur le site Vivalay

    [18] Page 18, pdf de Chalencon à Silhac, cahier PHA numéro 4, site Vivalay

    [19] Page 123, Arnaud, Eugène (1826-1905). Auteur du texte. Histoire des protestants d’Annonay en Vivarais pendant les trois derniers siècles, par E. Arnaud, 1891, dans Gallica

    [20] Chapitre IX, tome 1, les Huguenots du Vivarais par le docteur Francus, éditions la bouquinerie

  • Deux Michel Giroud, une seule naissance

    Par oubli d’inscription de sa naissance sur le registre paroissial, au moment de son mariage le futur époux est affublé de celle d’un homonyme et de faux parents

    Article publié dans Racine Drômoise page 14 numéro 118 de l’année 2016

    Par oubli d’inscription de sa naissance sur le registre paroissial, au moment de son mariage le futur époux est affublé de celle d’un homonyme et de faux parents, selon le seul acte trouvé à Mercurol paroisse Saint-Clément. -Vue 156, Chanos Curson, 5 RI 151/R8 période 1762/1792, AD26.

    Jean Michel Giroud se marie à Clérieux le 30 germinal 8 (20/04/1800) avec Laurence Brunel, il est dit « âgé de 17 ans et demi, habite à Mercurol, fils de Jean et de Laurence Robin »,

    5 MI 97/R10, vue 209 période an II-an X, Clérieux, AD26.

    Selon l’âge indiqué et le lieu, le calcul de sa naissance nous amène dans la paroisse de Mercurol où, effectivement, un Michel Giroud est né de ce couple le 17/11/1782.

    Veuf en premières noces de Laurence Brunel, Jean Michel se remarie en 1829 à Clérieux avec Françoise Barthelemy et ce second mariage nous informe de sa date de naissance, le 17/11/1782 à Chanos-Curson. Selon l’extrait de naissance délivré par le maire de Mercurol, il serait le fils de feu Jean et de Laurence Robin. C’est une erreur du maire quant aux parents et sans aucune preuve de la date exacte avancée par l’officier d’état civil. – Vue 151, 5 MI/R13 période 1825/1832, actes de mariage de Clérieux, AD26.

    Car il existe un autre Michel Giroud, né à la même date, qui se marie le 20/11/1810 à Mercurol avec Marianne Vassi. Il est dit : « âgé de 27 ans, habite à Mercurol où il est né le 17/11/1782, fils de feu Jean & de Laurence Robin ». – Vue 186, 5 MI 156/R14, période an XI-1812, Mercurol, AD26.

    Là, les choses se compliquent : comment Jean Michel marié le 30 germinal an 8 pourrait-il contracter un autre mariage en 1810 sans qu’il ne soit indiqué « veuf de … » ?

    Aucune mention en effet parce qu’il ne s’agit pas du même individu mais de son cousin germain…

    Tout s’éclaire par la présence de Jean Michel Giroud, âgé de 30 ans, témoin au mariage de son frère Pierre avec Marie Aillon, le 16/11/1811 à Clérieux, qui est fils de Jean et de Claudine Delhomme !

    Pierre est né à Chanos-Curson le 06/04/1785 et il a dû faire établir un acte de notoriété parce que pour lui aussi l’enregistrement de sa naissance manquait dans les registres ; ci-dessous un extrait :

    Vue 261 et 262, Clérieux, 5MI 97/R11, période an XI-1812, AD26.    

    Jean Michel Giroud meurt le 01/03/1858 à Romans et il est dit « né à Romans » !

    Et la boucle est bouclée… Heureusement qu’il s’est marié, sinon son existence n’aurait pas pu être inscrite dans sa lignée.

    Descendance Giroud

    GIROUD Mathieu, fs d’Antoine (+/1651), lab. Châteauneuf-d ‘Isère, x ca 1650 avec Alix VINAY.

    1 – GIROUD Antoine x NF 12.2.1673 Châteauneuf-d ’Isère, Cm Me Belle, Romans 2E 15025/16, avec Catherine VINAY, fa de + Jean & Jeanne PANCHINNIER.

    1.1 – GIROUD Jean x NF 20.2.1703 Chanos-Curson, Cm Me Servant, Mercurol, avec Michelle POULIN, fa de + Etienne & Catherine RICHARD.

    1.1.1 – GIROUD François, x 11/5/1745 Marsaz avec Marie DURET fa d’André le Cadet & Jeanne VIOSSAT.

    1.1.1.1 – GIROUD Jean, ° 7.7.1750 Mercurol St-Clément, x 7.11.1768 Veaunes avec Laurence ROBIN, fa de François & Françoise BLACHON.

    a – Pierre, ° 5.1.1769 Beaumont-Monteux, x1 le 10 pluviôse 7 Clérieux avec Marie CARRÉ, y x2 le 30 pluviôse 8 avec Marie GAY.

    b – Jean, ° 16.6.1776 Mercurol, + 23 pluviôse 4 à la guerre (AD 26, L.872).

    c – Michel, ° 17.11.1782 Mercurol, y x 1 le 20.11.1810 avec Marie Anne VASSI, y x2 le 25.7.1827 avec Marie PELAS.

    d – Marie Madeleine, ° 7.4.1785 Mercurol, y x 27.4.1815 Gabriel BRUYERE.

    1.1.2 – GIROUD Jean, x1 le 6.5.1741 Cm Me Bossard, St-Donat 2E 9251 avec Louise BELLIER, x2 le 3.8.1745 Mercurol avec Marie Anne ROBIN (x2 François RAMA).

    1.1.2.1 – GIROUD Jean Antoine, ° 15.3.1751 Mercurol du x2, x 11.5.1773 Tain avec Claudine DELHOMME.

    a – Marie, ° 29.5.1774 Larnage, x (date ?) avec Nicolas DREVETON

    b – Catherine, ° 4.2.1778 Chantemerle-les-Blés, x 1 le 10.4.1808 Chanos-Curson avec Joseph QUINSON, x2 le 31.5.1837 Clérieux avec Antoine OCHIER.

    c – Marie Madeleine, ° 2.1.1781 Chanos-Curson, x 8.8.1821 Clérieux avec François PERROT.

    d – Jean Michel, ° 1782 Chanos-Curson (oubli du curé, info à son 2ème mariage), x1 le 20.4.1800 Clérieux avec Laurence BRUNEL, y x2 le 7.1.1829 avec Marguerite Françoise BARTHELEMY.

    e – Pierre, ° 6.4.1785 Chanos-Curson, (oubli du curé, certificat de notoriété), x 1 le 16.11.1811 Clérieux avec Marie AILLON, y x2 le 24.12.1831 avec Marie Anne GRENIER.

  • Mon arbre de la génération 3 à la génération 5

    Visualisation des premières branches mon arbre :

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑