Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer

Accueil

  • Maman et ses écoles

    Les lois scolaires de Jules Ferry, la loi du 16 juin 1881 établit la gratuité absolue de l’enseignement primaire dans les écoles publiques,[1] complétée par celle du 28 mars 1882 qui rend l’enseignement primaire obligatoire.

    « Comme pour la grande majorité du territoire français, les écoles communales de Valence sont installées dans des locaux existants, achetés ou loués par la Ville, souvent dans des conditions de travail et d’hygiène défaillantes à plusieurs titres. En 1874, Valence compte une seule école laïque pour garçons, située place de l’Université, qui accueille 45 élèves. L’inspecteur primaire dit à son sujet qu’il faut la « relever », afin de prouver que l’enseignement laïque peut vivre à Valence ».[2]

    Les matériaux utilisés pour la construction des façades des écoles laïques de Valence sont en pierre de taille du sud de la Drôme (Saint-Paul Trois Châteaux) en pierre de taille de Chomérac, moellons de Guilherand et de la maçonnerie de moellons avec de l’enduit lissé.

    Dans le recensement de l’année 1936, ma famille maternelle habite à la basse ville, au 7 quoi du Rhône :[3] Ginette Guilhot (ma mère), née en 1929, va à l’école maternelle Jules Renard :

    « Neuf bâtiments sont visités et la municipalité opte pour une maison rue Pêcherie, qu’elle achète en 1884. Les locaux étant très vétustes, leur destruction est programmée afin de construire une école neuve* sur son emplacement. À l’issue d’un concours, les architectes valentinois Ernest Tracol et Eugène Poitoux sont désignés pour la réalisation du projet. Ils appliquent les règles de l’architecture scolaire naissante et réalisent en 1903 une école-type de la IIIe République, dotée de deux classes et de deux appartements de fonction. Implanté dans un quartier inondable, le bâtiment est surélevé afin d’être à l’abri des inondations du Rhône.

    L’école Jules Renard ferme en 2011 et le bâtiment, rénové en 2016, accueille aujourd’hui la Maison pour tous du centre-ville. »[4]

    *école maternelle (précisé page 29, Valence construit ses écoles, par Viviane Rageau, revue drômoise numéro 563 de 03/2017)

    Ecole Jules Renard, archives municipales de Valence, 4 M 89

    La suite de sa scolarité se passe à l’école de la rue François Pie dont, avec Odette sa maman, elles traversent le champ de mars pour s’y rendre :[5]

    en 1884 cote F/17/*/2839

    Puis Ginette, de l’année 1937 à l’année 1939, ayant déménagé pour la rue Montplaisir, est élève à l’école primaire Récamier. Moi-même j’y étais, en tant qu’aide à la scolarité de l’année 2014 à l’année 2018 sans que je sache, à l’époque, que maman y avait étudié.

    Maman au dernier rang, la deuxième en partant de la droite :

    école Récamier dans la cour

    « En 1903, l’école communale de filles de la rue de l’Equerre accueille 129 élèves. Le non renouvellement du bail de l’immeuble où elle est implantée précipite le projet de construction d’une nouvelle école primaire de filles. La réflexion autour des quartiers en expansion montre que le nord-est de Valence (avenue de Chabeuil/rue Faventines) s’accroît de jour en jour et reste dépourvu d’école de filles. On projette une école à six classes, même si quatre serait suffisant compte tenu du nombre de filles à accueillir, mais la Ville compte sur la fermeture progressive des écoles privées et prévoit donc un effectif à la hausse.

    L’emplacement choisi se situe à l’angle de la rue de l’Isle et de la rue Amblard (école Juliette Récamier) ».[6]

    Cette école, pour moi, est d’une architecture élégante non seulement avec sa façade, mais avec son carrelage de l’époque à motifs, dans les couloirs, avec sa verrière immense dans la montée d’escaliers qui mène à des classes.

    Façade de mon école vue de la rue Amblard en 1910 (4MV, 4M 99) et dessin d’exécution de chapiteau[7]

     AMV, 4 M 99

    Croquis de la porte d’entrée principale

    La porte d’entrée principale se faisait rue Amblard ouvrant directement dans un couloir menant à la montée d’escalier. De nos jours l’entrée se fait rue de l’armée belge qui ouvre sur la cour de récréation.

    La verrière et les chapiteaux sont toujours présents au XXIe siècle :

    Cour de l’école Récamier (photographies de l’auteur)


    [1] senat.fr/évènement/archives/D42/gratuit1.html

    [2] Page 28, Valence construit ses écoles, par Viviane Rageau, revue drômoise numéro 563 de 03/2017

    [3] Recensements, Série F, archives communales de Valence

    [4] https://www.valence.fr/fr/re-decouvrir-la-ville/ville-d-histoire-s/patrimoine/l-ecole-jules-renard.html

    [5] Vue 26/321, http://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr, enquêtes sur la situation des écoles

    [6] Page 34, Valence construit ses écoles, par Viviane Rageau, revue drômoise numéro 563 de 03/2017

    [7] 1910 (AMV, 4 M99)

  • Médaille de mère de famille à ma grand-mère maternelle

    A l’occasion de la fête des mères de l’année 1944 « le Secrétariat général à la Famille avait tenu à témoigner de façon tangible sa reconnaissance aux mères françaises, spécialement aux plus méritantes. »[1]

    Ma grand-mère maternelle, Odette, ayant eu huit enfants, obtient la médaille d’argent ainsi qu’un bon pour une paire de chaussures et des tickets pour 2 kilos de sucre.

    En 1939 le ministère du Ravitaillement est créé, chargé de l’orientation de la production agricole, de la centralisation des produits ainsi que de la répartition équitable entre toute la population française.

    Pour cela, par le décret du 10 mars 1940, la France met en circulation des cartes d’alimentation.

    Il existe également des tickets de rationnement pour les vêtements et articles textiles.

    Carte de rationnement achats de chaussures :

    Je vais survoler cette période tant qu’il y aurait à relater.

    « Le ravitaillement devient de plus en plus difficile. Chaque jour pour maman, c’est un véritable tour de force que d’assurer nos repas et préparer une gamelle potable pour papa. (…) c’est le hasard qui décidera des légumes qu’elle va rapporter car le commerçant déchargera de sa voiture ce qui lui-même aura trouvé aux Halles : navets, topinambours, rutabagas, brocolis, choux rouges, seuls légumes en vente libre. (…) Aussi elle apprend un matin ou l’autre que le ticket DZ ou DA ou DW est validé chez le commerçant om nous sommes inscrits pour 1 kg de pommes de terre ou bien 500 g de pâtes ou encore 300 g de lentilles. Alors aussitôt il convient de courir à l’épicerie et prendre la file d’attente car les retardataires risquent fort de se heurter à l’écriteau « distribution épuisée » ! ».[2]

    Les premières cartes de rationnements sont distribuées dès octobre 1940 pour les produits de base : pain, viande, pâtes, sucre. La population française est partagée en sept catégories (selon l’âge de l’individu, selon s’il travaille ou pas) : à chaque catégorie sa carte spécifique.

    « Exprimé en rations journalières individuelles, on a en moyenne : 250 grammes de pain, 25 grammes de viande, 17 grammes de sucre, 8 grammes de matière grasse et 6 grammes de fromage.

    Avec un tel rationnement, la nourriture d’un homme ne dépasse pas 1200 calories/jour alors qu’il est généralement admis qu’il en faut 2400 ! ».[3]

    Les parents laissent leurs enfants, même ceux de la maternelle, manger à la cantine : c’est l’assurance qu’ils auront un repas.

    Il faut se tenir au courant de à quel endroit trouver les produits, deviner l’heure à laquelle débute la file d’attente qui permettra de remplir son panier, surveiller le compteur de gaz et celui de l’électricité.

    Le prix du sucre en morceau, en 1940, augmente de 59 %.[4]

    En France en 1944, avant la libération, le prix du beurre était cinq fois supérieur au tarif officiel, et le prix des œufs était quatre fois plus élevé.[5]

    Il manque tellement de produits que pendant la période de l’année 1943 et 1944 de nombreux coupons ne sont pas utilisés.

    Le marché noir bat son plein :

    « Le marché noir, c’est Pinton, le boucher, et la mère Mourdin, l’épicière. Ils disent à maman qu’ils n’ont pas ce qu’elle veut. Mais, après réflexion, ils en auraient peut-être… ils peuvent lui trouver, parce qu’un de leurs amis ira en chercher à la campagne. Il faudra compter avec les frais supplémentaires et les risques qu’il prend. Ce sera beaucoup plus cher… trois ou quatre fois ou même plus que le prix affiché, quand on donne des tickets. (….) Au marché noir, on peut se procurer de fausses cartes de tickets. ».[6]

    Le mariage d’Odette, née RIVIER, avec Fernand GUILHOT est le 18/06/1927 à Valence.

    Ces années n’ont pas dû être faciles autant pour ma grand-mère que pour mon grand-père réformé pour raison de santé à son service militaire.

    Leur premier enfant, Gilbert, né le 10/11/1927 au 37 avenue de Chabeuil à Valence.

    En 1931, au 17 quai du Rhône, je retrouve mes grands-parents, Gilbert et deux autres enfants nés entre temps.

    Ma grand-mère se rapproche de sa maman dans le quartier qu’elle habitait avant son mariage.

    En 1936 toujours dans la même rue mais au 7 quai du Rhône né Maurice.

    Mon grand-père Fernand travaille en tant que cartonnier chez Vallon Mayousse à Granges les Valence.

    Plan de 1935, cote 106, 404/405, archives municipales Valence

    En 1946 la famille Guilhot habite au 109 rue Montplaisir avec tous les enfants, le dernier né en 1943.[7]

    Ma grand-mère perçoit les allocations familiales :

    Le décret-loi du 12 novembre 1938 crée des allocations familiales indépendantes du salaire et des entreprises.

    Le 29 juillet 1939 un texte loi renforce la progressivité du barème pour les allocations à partir du troisième enfant, supprime l’allocation au premier enfant au profit d’une prime à la première naissance.

    Vers l’âge de leur retraite, mes grands-parents achèteront une maison rue des Basses Crozettes à Valence.

    La famille réunie pour une photographie vers l’année 1949 :


    Tante Marie « la tante des Baumes »

    Son mari « l’oncle Beaugiraud » :

    Odette Rivier :

    Fernand Guilhot :

    Louise Guillot épouse x1 Rivier, x2 Sapet :

    Ginette Guilhot :

    Hippolyte Guillot (frère de Louise et de Marie Guillot) :

    Quatre des enfants de Fernand Guilhot x Odette Rivier :

    De gauche vers la droite : Maurice, André, Henri et Yves :

    (Manquent Gilbert et Pierre)

    Yolande Guilhot :

    Mauricette épouse Sapet (belle fille de Louis Guillot) avec un de ses huit enfants qu’elle aura :

    Le mariage de Gilbert en 1951 à Valence :

    Gilbert :

    Pierre :

    [1] 25/05/1944, l’Impartial à Romans, 8ème année, numéro 346.

    [2] Page 20 Raymond Ruffin, « paroles de l’ombre », lettres et carnets des français sous l’occupation 1939-1945, édition les arènes.

    [3] https://nithart.com/fr39-45.htm

    [4] https://france-inflation.com/prix_depuis_1900_en_france.php

    [5] L’Europe barbare, Keith Lown, édition Perrin.

    [6] Page 38, Jean Bailleul, « paroles de l’ombre », lettres et carnets des français sous l’occupation 1939-1945, édition les arènes.

    [7] Recensements, Série F, archives communales de Valence.

  • Marie Justine GUILHOT, cartouchière

    Marie Justine GUILHOT, sœur de mon grand-père maternel, né le 11/09/1895 à Mirabel et Blacons (vue 650, AD26) ; elle décède le 19/06/1963 à Bourg Les Valence.

    Je la retrouve au recensement de l’année 1911 à Baix en tant qu’ouvrière en soie chez Rey à Saint-Symphorien : elle vit avec ses parents et ses deux frères. Son père (mon Sosa 12) est métayer. Recensements année 1911 à Baix (vue 14, AD07).

    Le 26/04/1916 elle est embauchée à la cartoucherie nationale de Bourg Les Valence : elle a 21 ans.[1]

    L’année 1916 voit l’arrivée de 1315 nouvelles cartouchières avec un pic de 260 recrutements en novembre précise Idelette Drogue-Chazalet dans son document.[2]

    « Née en 1874 de la volonté de l’Etat de moderniser ses arsenaux, après la défaite de 1870, la cartoucherie nationale de Valence, ancienne manufacture d’indiennes, se situe à Bourg les Valence, quartier de Chony, site qui représente de nombreux avantages, notamment une superficie de plusieurs hectares, gage d’agrandissement futur à proximité d’un centre urbain, vivier d’emplois potentiels… ».[3]

    Ci-dessus gravure de l’usine Sanial figurant sur l’acte de vente de la propriété en 1866.

    Les femmes, souvent peu qualifiées, sont affectées à différents postes parfois dangereux de la production de cartouches :  façonnage, étirage, conception de la balle, amorçage et chargement de l’étui, contrôles multiples et variés sont répartis en des ateliers bien distincts pour aboutir à des cartouches de différents calibres (source Idelette Drogue-Chazalet, journée européenne du patrimoine 2007).

    Elles travaillent à la chaine avec des gestes répétitifs et rapides, six jours sur sept, dix heures par jour en étant payé moins que leurs collègues masculins.

    L’usine fonctionne jour et nuit. Les femmes qui normalement ne sont pas soumises au travail de nuit se retrouvent par roulement en travail d’équipe.

    Leurs conditions de travail sont déplorables : manipulation de poids ou respiration de substances dangereuses.

    Alexandre Millerand déclare le 13 janvier 1915 : « il n’y plus de droits ouvriers, plus de lois sociales, il n’y a que la guerre ».

    Plan de 1917 (en gris les ateliers), archives municipales de Bourg les Valence,

    1 Fi 9

    Un certain mois de mai 1916 à 17 heures dans l’atelier de chargement survient une explosion, un incendie dû à un court-circuit en manipulant de la poudre. L’accident fait sept victimes.[4]

    Photo publique

    Marie Justine s’unie le 07/02/1920 à Valence à Henri LAYES cultivateur du quartier de l’allée à Bourg les Valence. Elle est déclarée sans profession sur l’acte de mariage (4 E 6173, vue 23, AD26).

    A la fin de la guerre les hommes sont de retour. Ceux-ci regagnent leur poste de travail et les mutilés ont des places réservées. De ce fait les « usineuses » comme les appellent le directeur Cahen, perdent leur emploi et ont des difficultés à en trouver un autre.

    En 1921 le couple habite au 81 avenue de Romans à Valence (recensements vue 693, AD26). Henri est manœuvre chez Allègre et Marie Justine est ouvrière chez Noury ;

    Ils ont pour voisins de palier Jean-Pierre FERRIER et son épouse Clémence*, grands-parents maternels de Marie Justine.

    *Voir mon écrit : « déplacements à la vallée du Rhône ».

    Henri Layes et son épouse Marie Justine Guilhot vers l’année 1946.

    Henri, blessé par éclat d’obus, plaie à la tête en juillet 1916 aux Eparges, reçoit la médaille militaire par décret du 20/10/1934, journal officiel du 30/10/1934, avec admission à une pension définitive.[5]

    Entre l’année 1932 et l’année 1936 ils achètent une maison située dans une impasse en construction proche du nouveau lieu de travail d’Henri qui est employé à la cartoucherie (recensement Bourg Les Valence, année 1936, vue 75, AD26). Marie Justine avait arrêté son activité professionnelle.

    J’ai connu, enfant, un peu ma grande tante, veuve sans enfant. Mes parents, ma sœur et moi vivions dans sa maison : mes parents l’aidaient parce qu’elle était atteinte de la maladie de Parkinson.

    Enterré en 1963 au cimetière « du gaz » vieux Bourg, aujourd’hui sa tombe n’existe plus. L’emplacement a été racheté.


    [1] 17 R3/5, AD26

    [2] Page 166, La Drôme et la grande guerre, chapitre la cartoucherie nationale à Bourg Les Valence par Idelette Drogue-Chazalet, édition du comité départemental d’histoire 14-18 de la Drôme, AD26.

    [3] Page 161, La Drôme et la grande guerre, chapitre la cartoucherie nationale à Bourg Les Valence par Idelette Drogue-Chazalet, édition du comité départemental d’histoire 14-18 de la Drôme, AD26.

    [4] https://www.lempreinte.valenceromansagglo.fr/la-cartoucherie-pendant-la-grande-guerre-parcours.htm

    [5] 1 R 321 (vue 504)

  • Louise Victoire GUILLOT

    Visualisation de l’arbre :

    Louise Victoire Guillot vers l’année 1949

    Comme je l’ai écrit dans mon article « La basse ville de Valence, installation d’ancêtres » Louise Victoire GUILLOT nait le 20/01/1888 à Valence. En 1906 elle n’habite plus 8 rue de l’hôtel de ville, rue où son père décède en 1899. Elle habite 5 rue du Paradis[1] avec sa maman Marie Véronique, sa sœur Marie, son frère Hippolyte ainsi que sa demi-sœur Jeanne, son demi-frère Maurice.

    Ce ne sont pas un neveu et une nièce qui sont domiciliés à cette adresse :

    Marie Véronique Elisa BARBIER, veuve GUILLOT, a eu trois autres enfants après le décès de son mari :

    Jeanne Marguerite Barbier née le 25/09/1901 à Valence, décédée le 06/06/1989 à Valence ;

    Maurice Henri Barbier né le 22/05/1903 à Valence, décédé le 30/07/1903 à Valence ;

    Maurice Joseph Barbier né le 03/08/1904 à Valence (vue 80), décédé 13/08/1914 (vue 90) à Valence ;

    De 1900 à 1905 il n’est pas bon de se loger dans les rues de la rue Bouffier, boulevard Vauban, rue Farnerie et les rues à l’intérieur de ce périmètre, à consulter sur ce plan : [1]

    « C’est dans cet espace restreint que se concentre une vingtaine de maisons de tolérance, soit environ cent à cent-cinquante ‘filles soumises’, sans compter la prostitution illégale et clandestine. Le quartier de la Citadelle est, de fait, le lieu de tous les excès, des débordements liés à la licence et à l’alcool, des trafics en tous genres ».[2]

    Comme je l’ai écrit plus haut Marie Véronique et ses enfants ayant déménagé, vers l’année 1905, habitent rue du Paradis (quartier basse ville) peuvent ainsi éviter les agressions commises dans ledit quartier de la Citadelle bien que le rapport Calvet fait part des risques sanitaires dus au surpeuplement des logements [1] :


    [1] Page 80, Revue drômoise numéro 582 de 12/2021

    Mon ancêtre Marie Véronique Elisa exerce le métier de blanchisseuse au lavoir public situé rue Pêcherie.


    [1] Quartier de la Citadelle : Cote 106, 404/405, plan année 1935, AM Valence

    [2] Page 84, Revue drômoise numéro 580 de 06/2021

    En 1910 la rue Paradis la première à gauche en remontant les boulevards :

    Etrangement en 1911 mon arrière-grand-mère Louise Victoire habite 15 quai du Rhône[2] avec encore sa maman Marie Véronique Elisa et non avec son époux, s’étant marié une première fois le 26/01/1910 à Valence avec Marius RIVIER. Celui-ci meurt le 07/04/1915 au Bois de Lamorville (55) à la grande guerre, laissant une orpheline de trois ans.

    Après recherche je retrouve en 1911 Louise Victoire et son mari Marius Rivier à Bourg Saint-Andéol, au 21 de la rue Poterne (recensement de Bourg Saint-Andéol, année 1911, 6 M 090, AD07).[3]

    Sans profession (indiqué sur son acte de mariage) maintenant Louise Victoire, veuve n’a pas d’autres sources de revenus que ceux que l’Etat peut lui fournir ou alors d’aller travailler.

    Elle ne peut rien attendre financièrement de sa belle-famille, son beau-père Marius Rivier décède dans un hôpital le 04/10/1918, qu’il n’a aucun actif au moment de sa mort (3 Q 9594 période 1906/1919, vue 14, AD07, bureau de Bourg Saint-Andéol).

    « Les indigents mourraient à l’hôpital tandis que les bourgeois eux mourraient chez eux parce qu’ils recevaient, lorsqu’ils étaient malades, les soins chez eux. »[4]

    « Dans la plupart des familles d’avant-guerre, l’homme est le seul qui travaille. Lorsque le conflit commence, des femmes et des enfants se trouvent immédiatement sans aucune ressource. La loi du 05 août 1914 sur les familles nécessiteuses de mobilisés, dites allocations militaires, étend les bénéfices des allocations militaires (1.25 francs par jour, majorée de 50 cts par enfant) à l’ensemble de mobilisés (…).

    Ce texte est modifié par différentes lois : (…) celle du 04 août 1917 qui augmente l’allocation principale à 1.50 francs avec une majoration en fonction du nombre d’enfants. Ces allocations sont attribuées sous conditions de ressources par une commission cantonale. (…) ces allocations sont versées jusqu’à la paix. »[5]

    Odette, ma grand-mère, fille du couple Guillot/Rivier devient pupille de la nation :

    « La loi du 27 juillet 1917 a accordé le statut de pupille de la Nation aux enfants dont le père, la mère ou le soutien de famille était décédé du fait de la guerre ou de ses suites, ou se trouvait dans l’incapacité de travailler. Une fois le jugement d’adoption prononcé par un tribunal civil, le pupille de la Nation est pris en charge par l’Etat jusqu’à sa majorité. Il bénéficie d’une tutelle, d’un soutien et d’une protection sociale. Son dossier est géré par l’office départemental des pupilles de la Nation, regroupé en 1926 avec l’office départemental des anciens combattants ;»[6]

    Louise Victoire se re marie le 16/11/1920 à Valence ave Louis Xavier SAPET. Elle est déclarée sans profession. Ils vivent depuis au 15 Quai du Rhône, dans la basse ville où Louise est déclarée ouvrière d’usine en 1946.

    Deux enfants naissent de cette union :

    Edmond, le 24/04/1920 à Valence, décédé le 04/11/1981 à Valence ;

    André, le 10/06/1923, décédé le 23/11/2005 à Valence.

    Avant que Louis Xavier SAPET et mon ancêtre Louise reconnaissent leur premier fils Edmond le 13/11/1920 :

    Le 24/04/1920 à Valence l’acte de naissance d’Edmond (vue 43, AD26) cite Marius RIVIER comme son père ; or ce dernier est mort à la guerre de 14/18 en 1915 ;

    Le 31/10/1920 rectification : Louise est déclarée veuve sur l’acte de naissance de son fils qui est dit de père inconnu ;

    Mon arrière-grand-mère décède le 27/07/1971 à Champis dans l’Ardèche dans une maison de retraite ; il était impossible à ma grand-mère Odette de s’occuper de sa maman, elle-même ayant huit enfants et pas assez de place dans son logement.

    Marie Véronique Barbier finit ses jours chez sa fille Louise. Appelée « la petite mémée » elle meurt subitement d’une attaque cérébrale, le jour de Noel de l’année 1934 quand la famille faisait des bugnes (source : Ginette Guilhot).

    Edmond qui travaillait dans les transports emmenait ma grand-mère chaque lundi voir leur mère Louise.

    Moi-même accompagnée de mes parents, du frère (Hippolyte) et de la sœur (Marie) légitimes Guillot allions voir mon aïeule à Alboussière. Je me souviens d’elle aveugle, assise dans un fauteuil.

    La bâtisse a depuis changé d’orientation : elle ne pratique plus l’accueil pour personnes âgées.

     Maman et Louise Victoire GUILLOT en 1956.


    [1] Vue 216, recensement de Valence, année 1906, AD26

    [2] Vue 654, recensement de Valence, année 1911, AD26

    [3] Projet collaboratif dans Généanet, Déposé par Alain Guylefor 

    [4] Exemple pour la tuberculose pulmonaire dans l’extrait de l’émission ‘retour aux sources, Sonia Rolland’, mardi 13 juin 2017, France 2

    [5] http://histoirealasource.ille-et-vilaine.fr/14-18/items/show/7653#?c=0&m=0&s=0&cv=0

    [6]https://www.archives71.fr/arkotheque/consult_fonds/index.php?ref_fonds=19#:~:text=La%20loi%20du%2027%20juillet,dans%20l’incapacit%C3%A9%20de%20travailler.

  • La basse ville de Valence et son évolution

    étude sociologique de ce quartier de Valence

    Mon écrit paru dans Racines Drômoises numéro 126 de l’année 2018

    « Le vray pourtraict de la Ville et Cité de Valence ».
    F. de Belleforest, Cosmographie Universelle, Paris, 1575

    À la fin du XIXe siècle, pour des raisons économiques, quelques-uns de mes aïeux ardéchois ont franchi le Rhône pour s’implanter à Valence.

    Henry Guillot, artisan poêlier-fumiste, né à St-Didier-de-Crussol (devenu Alboussière) (07) et Elisa Barbier arrivent à Valence en 1887. Leur fille, Louise, mon arrière-grand-mère maternelle (Sosa 15), y naît en 1888 et s’y marie en 1910 avec Marius Rivier mais celui-ci meurt à la guerre en 1915. Elle se remarie en 1920 avec Louis Sapet[1] et, jusqu’en 1946, ils habiteront 15 Quai du Rhône, dans la basse ville.

    Odette Rivier, née du premier mariage en 1911 à Bourg-Saint-Andéol (07), se marie en 1927 à Valence avec Fernand Guilhot, mon grand-père (Sosa 6), né à Baix (07).

    Il est cartonnier chez Vallon-Mayousse comme son épouse qui travaille chez Blanc. Ils habitent au numéro 17 Quai du Rhône.

    Valence a vu sa population s’accroître fortement de 1850 jusqu’à la Grande Guerre. Son développement exceptionnel a été impulsé par l’apport de population extérieure, plus que par l’évolution naturelle. Les Valentinois sont des déracinés !

    Plus du quart des nouveaux habitants venait des communes voisines et l’Ardèche constituait également un grand réservoir : en 1891, pour 20 % des naissances, les parents étaient ardéchois.

    Ils arrivaient du proche plateau et de sa bordure de la rive droite du Rhône, souvent après des contacts répétés avec la ville, à l’occasion des foires et marchés par exemple.

    Ensuite, des courants plus lointains se sont établis, le plus souvent sans lien avec l’influence économique de la ville qui se nourrissait avant tout, et de plus en plus, de nouveaux arrivants. Ils se logeaient d’abord dans la basse ville, dans des conditions précaires, voire insalubres, puis au-delà des boulevards. En 1801, 93 % des Valentinois étaient logés dans la vieille ville ; en 1911 ce chiffre tombait à 26 %[2].

    La population de la basse ville, au pied de la colline, par opposition à la ville haute, vivait du fleuve qui générait une intense activité artisanale et commerçante. Mais, tout au long des siècles, ce quartier a subi les assauts du Rhône. Les 29 et 30 novembre 1651 :« il y eut un débordement extraordinaire du Rhône qui fit un grand trou et emporta plusieurs maisons et ruina les murailles qui protégeaient la basse ville ».[3]

    Sur l’emplacement du parc Jouvet actuel, les prairies et les jardins étaient régulièrement envahis par l’écoulement des eaux de la colline : « Le projet d’y créer un parc public est ancien. Il permettrait d’assainir ce quartier, rendu malsain par les eaux qui y stagnent et que l’on juge responsables des épidémies affectant périodiquement tout le quartier de la basse ville ».[4]

    Crue du Rhône en 1955, quartier de la Basse-Ville, à l’arrière-plan, la rue Pêcherie.

     « Valence était l’entrepôt de tout le sel qui remontait sur les barques. Vers ce point du quai où il n’y a plus rien et qu’on appelait le « portalet du sel », le cadastre de 1547 nous signale, outre les autres constructions de cette agglomération, dix maisons et boutiques à sel, appartenant à des familles importantes de ce temps qui faisaient ce commerce, entre autres celles de Gaspard Mayault, de Dymanche Emeric, de Jaume Merveilleux, hommes marquants de la bourgeoisie du XVIème siècle, dont nous avons retrouvé le nom et les possessions dans d’autres quartiers, car c’était à ce commerce qu’on faisait fortune.[5]

    « Dans le quartier de la basse ville s’était développé, le long du fleuve, un artisanat lié à la présence des ports : le petit port de la Pêcherie pour le commerce local entre les deux rives, reliées par le bac à traille et le grand port du Bourg pour le trafic fluvial. Il a été occupé du IIIe siècle jusqu’à l’époque moderne ; il était peuplé par les haleurs, ou affaneurs, qui, à partir de 1475-1480 se feront laboureurs ou artisans.

    L’îlot Soyons [rue Saint-Martin et rue des Jardins] reste aujourd’hui le dernier témoin de la structure médiévale[6].

    Le recensement de l’année 1812 montre que les habitants étaient tisserands, jardiniers, journaliers, employés de l’octroi au bureau du bac-à-traille mais le métier le plus représenté était celui de marinier.[7]

    Entre les deux guerres, des usines nouvelles ont vu le jour : la Boulonnerie calibrée ; Toussaint-Devilbis ; la Cuivrerie du Sud-Est ; les Cartonnage Blanc ; les Tanneries Balsan et Mirabel-Chambaud (place Notre-Dame de Soyons) ; les transports Bonnardel ; les Cafés Pivard ; les Graines Tézier, les Moulins Basset-Bouvier, etc.

    Elles avaient un grand besoin de main d’œuvre et faisaient vivre de nombreuses familles, dont une importante communauté d’Arméniens, réfugiés à la suite du génocide de 1915 (en 1926, Valence comptait 827 Arméniens pour 30 964 habitants et 1670 en 1936 pour 34 275 habitants soit 4.87 %.[8]

    Marie Thérèse Savelli écrivait en 1945 : « Les industries alimentaires : une notable partie de l’industrie valentinoise est dans la dépendance directe de l’agriculture, qui demeure la principale richesse de la vallée du Rhône. Tel est évidemment le cas de la meunerie. Ses humbles débuts sont à rechercher dans l’activité des petits moulins installés sur les ruisseaux de Valence, lesquels ont utilisé dès le Moyen-Age le blé de la plaine voisine. Vers 1880 le remplacement des meules par les cylindres intensifie le rendement et permet l’installation de grosses minoteries, vraies usines à farine, susceptibles d’écraser quotidiennement d’importantes quantités de blé. Dans ces conditions la Société Basset et Bouvier exploite les très anciens moulins Saint-Pierre, situés à Bourg, capables de triturer 100 quintaux de blé par jour. Elle dirige également les grands Moulins de Valence établis sur les quais du Rhône /… ».[9]

     « Le couvent des Dominicains, autrement dit les Jacobins, occupait une partie de ce grand clos sur les bords du Rhône qui a été pris pour l’arsenal. Cette maison, fondée en 1234, avait pris rapidement de grands accroissements et une certaine renommée, car on porte jusqu’à cent le nombre des religieux qui y vécurent ensemble dans la ferveur… On assure qu’Humbert, dauphin de Viennois, aimait à s’y retirer, et que ce fut là qu’il conçut le projet d’entrer dans l’Ordre des Frères Prêcheurs.

    La noble et riche abbaye des religieuses Bénédictines de Soyons y fut transférée en 1632, à l’époque des troubles qui ont agité ce pays.

    Les Capucins s’étaient établis aussi sur les bords du Rhône, dans le local où se trouve aujourd’hui l’hôpital. On peut juger l’importance de cette maison religieuse par les bâtiments et l’étendue des jardins. Ce quartier était anciennement considérable et peut-être le plus important du vieux Valence »4.

    La construction de l’autoroute en 1960-1965 a profondément modifié la basse ville de Valence.

    À partir de l’avenue Gambetta, au niveau de l’ancien bac-à-traille et de la rue Pêcherie, jusqu’au Bourg-lès-Valence, de nombreuses maisons ont été abattues. Ainsi ont disparu la promenade le long du Rhône et tout un quartier populaire et laborieux, très animé avec des commerces et des cafés où se retrouvaient les mariniers, les pêcheurs et les ardéchois qui empruntaient le bac.

    De l’Arsenal il nous reste la porte d’entrée et la chapelle Notre-Dame de Soyons, classées aux monuments historiques.

    Quai du Rhône, quartier de la basse ville en 1914. Aujourd’hui, c’est une autoroute…

    En rédigeant ce document je voulais retracer l’évolution sociologique de cette partie de la ville. Aux familles bourgeoises de l’époque médiévale, aux religieux après les guerres de religion, ont succédé les populations de la classe populaire à partir de la Révolution.

    Complément à mon article :

    La disparition, à Valence, d’un établissement séculaire, l’école des frères par Alain Balsan, revue drômoise numéro 581 de 09/2021.


    [1] Louis Sapet est ouvrier chez Tézier. De ce second mariage naîtront deux fils.

    [2] Ville de valence et office du tourisme, 1991, cote 944/98 pp. 182-183, Médiathèque.

    [3] Annales valentinoises, Marius Villard, p. 98.

    [4] Le parc Jouvet, Alain Balsan. Revue Regard N° 88, 2018. pp. 12-14

    [5] Valence et ses rues, F. Dupré de Loire, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, T. 8, 1874, pp. 162-174.

    [6] Travaux et recherches archéologiques de terrain dans la Drôme, Elvio Seggato, Revue drômoise N° 509, Page 224.

    [7] 1Num 910, vue 30-48, AD26.

    [8] Page 523-538, la colonie arménienne de Valence de P. Garagnon, in Revue de géographie alpine, tomme 44, n°3, 1956.

    [9] Valence-sur-Rhône. La ville actuelle, Marie-Thérèse Savelli, Géographie Alpine, 1945. p. 653.

  • Mort civile de mon ancêtre bagnard

    Je remonte mon arbre généalogique et voici ce que je lis dans la zone ‘fils de’ sur l’acte de mariage d’un de mes ancêtres Jean Pierre Giraud (fils) avec Jeanne Chaumier, le 05/02/1835 à Saint-Cierge la Serre :

    « Jean-Pierre Giraud, condamné aux travaux forcés à Brest, à perpétuité ».

    Le père du marié qui se prénomme également Jean-Pierre, mon Sosa 100, a commis un délit :

    « Dans le courant du XIXe siècle, les larcins se payaient au prix fort et la sanction, souvent disproportionnée, conduisait très couramment au bagne, en rendant hypothétique la suite de la vie de leurs auteurs » (source : Revue Française de généalogie n° 194 juin-juillet 2011).

    Sur sa fiche militaire il est noté qu’il est remplaçant d’un conscrit de l’an 13 : c’est le manque d’argent qui l’aurait poussé à l’agression ? [1]

    Je ne peux en dire plus de son dossier ; Je laisse la lectrice, le lecteur aller consulter directement celui-ci. Je m’appuie sur les conditions de diffusion du site : https://bibnumcrbc.huma-num.fr/conditions-generales-utilisation


    [1] SHD/GR 21 YC 47 (vue 34), matricule 12647, mémoire des hommes

    Le jugement de fin d’année 1824 lui impose le bagne où il y arrive en 1830.

    « Après le jugement, le condamné retourne en prison dans l’attente du passage de la prochaine chaine. Il y subit la flétissure au fer rouge et il est muni d’un collier de fer rivé au cou d’où part une lourde chaine de trois pieds (un mètre) aec un anneau en son milieu où passe la longue chaine commune qui relie une centaine d’hommes ou plus ».[1]

    Sa condamnation à perpétuité immatriculée à Toulon est commuée à un peu plus de dix ans à purger au bagne de Brest suite à l’ordonnance du 20 aout 1825 prescrivant la répartition des condamnés entre les ports militaires du royaume en raison de la durée de leur peine.[2]

    Localisation du bagne à Brest :

    https://chroniques-de-brest.blogspot.com/2020/09/le-bagne-de-brest-1-la-fin-des-galeres.html

    « La condamnation aux galères à perpétuité ou au bannissement prerpétuel hors du royaume, emportait la confiscation des biens et équivalait à la mort civile ».[3]

    Jean-Pierre retourne à la vie civile en 1843. Grâce à la diminution de sa peine il échappe au bagne de la Guyane, le bagne de Brest fermant définitivement en 1858.  Celui-ci « est converti en dépôt de matériel. Pendant la Première Guerre mondiale, il sera successivement un hôpital complémentaire, un centre de réforme et un magasin. Après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment sera entièrement détruit ». [4]

    Entre temps son épouse Anne Vézian meurt le 01/10/1829 à Chomérac. La table des successions et absences dit que ses enfants et non son époux, doivent hériter ; la colonne ‘observation de la déclaration » dit « reprise » [5]:

    Jean-Pierre (l’ex condamné) décède le 15/06/1847 à Chomérac ; son fils Jean-Pierre devient héritier « d’aucun bien déclaré » noté sur la table des successions et absences.[6]

    Seul le prénom du fils Jean-Pierre apparait sur la table : qu’en est-il de Louis, né en 1823, enfant du couple Giraud/Vézian dont la naissance n’est pas inscrite dans le registre de Chomérac ?

    Il a la possibilité de faire la connaissance de son père lorsqu’il a 20 ans.

    Louis se marie le 03/08/1853 à Saint-Julien en Saint-Alban et décède le 14/11/1896 à Flaviac (également enregistré dans les tables de successions et décès de Privas,3 Q 4214-7, vue 4, AD07).

    Comme je l’indique dans le début de cet écrit, Jean-Pierre (fils) épouse Jeanne Chaumier.

    Avant de mourir celle-ci fait un testament :[7]

    Elle lègue à son mari et à ses enfants le 10/03/1855 la somme de 1200 frs (valeur du mobilier, argent, rentes et créances) :

    Au le décès de Jean-Pierre, époux de Jeanne, sa succession, à partager entre ses nombreux enfants, s’élève à 41.50 frs de biens et à d’un capital de 830 frs.[8]

    Pour conclure :

    « Les bagnards ne sont jamais gros négociants, hommes de finances, importants notables ou banquiers ; ils sont par contre assez souvent : tisseur de toile, marchand de baguettes à nettoyer les fusils, d’amadou, de peaux, boulanger, potier de terre, bien plus fréquemment domestique, journalier, travailleur de terre, colporteur ou déserteur, quelquefois huissier.

    (…) il se dégage cependant de ce modeste ensemble, qu’une multitude d’autres faits recoupent, l’impression d’une justice encore très fortement marquée par l’empreinte des dominants, malgré les transformations de 1790, trop souvent demeurées dans les textes. Cela engendre une justice, mais une justice partiale ».[9]


    [1] page 10 et page 11 par Chantal Guibon, Racines Drômoises, revue numéro 111.

    [2] Page 64, www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr

    [3] page 10 et page 11 par Chantal Guibon, Racines Drômoises, revue numéro 111.

    [4] http://www.bretagne.com/fr/culture_bretonne/histoire_de_bretagne/les_temps_modernes

    [5] 3 Q 2026-18, vue 2, AD07

    [6] 3 Q 2030-7, vue 2, bureau de Privas, AD07

    [7] 3 Q 2031-3, vue 14, AD07

    [8] 3 Q 4180, AD07

    [9] Page 187, au quotidien, sur les routes drômoises à l’époque napoléonienne par Michel et Claude Seyve, revue drômoise n°512-513, 09/2004

  • Ansage et le Pescher

    Jean-Pierre Guilhot (mon Sosa 96) né en 1779 à Montclar, se marie avec une fille Eynard dont l’origine géographique de sa branche maternelle est la paroisse d’Ansage. Cette dite paroisse a une chapelle nommée Sainte Marie Madeleine, jadis église de la paroisse dite d’Ansage et le Pêcher.

    En 1698 la population des taillabilités relevée :[1]

    Photographie de l’auteur

    « L’église Sainte-Marie-Madeleine est celle d’un prieuré relevant du prieuré voisin d’Anse, les maisons du hameau étant sans doute les vestiges des bâtiments conventuels. A quelques mètres, une nouvelle église a été construite à la fin du XIXème siècle » recopie d’une partie la plaque située sur le parvis de l’église d’Ansage.

    « Datée de 1753 sur son mur méridional, mélangeant les moellons calcaires et les blocs de tuf, elle s’intègre parfaitement dans son décor minéral ».[2]

    « Du 07 may 1644 Ensage : Un calice, patène, et burette d’estaing. Un ciboire de leton. Un corporal, un voile, une chasuble, une aube, un missel, rituel, trois nappes. Esglise en estat, sauf que les fenestres sont sans vitres et la nef pas pavée. Point de tableau, ni fonts baptismaux. Une cloche sur une fenestre. Cimetière autour de l’esglise.

    Les huguenots enterrent pesle mesle avec les catholiques. Un confessional, Point de chaire. 18 maisons catholiques faisant 30 communiants : 3 maisons huguenottes, pour l’enterrement desquelles Mgr a désigné un lieu ».[3]

    Au mariage de Joseph Eynard avec Magdeleine Revol le 23/08/1785 (vue 146) à Ansage les témoins sont le sieur Lantheaume (bourgeois*) et Jean Claude Revol (ménager). Je relève également la présence un meunier Pierre Lantheaume, sur l’arbre l’Alain Pinche (Généanet).

    * Bourgeois : donnent leurs biens à bail à des « rentiers » (fermiers) – page 70, l’élevage ovin à Léoncel et sa production lainière, cahier de Léoncel numéro 10.

    Le 12/07/1745 Suzanne Peloux, veuve de Pierre God Barsat, protestante, est enterrée hors du cimetière ; les temps ont changé : la révocation de l’Edit de Nantes fait son effet (vue 95, AD26)

    les cahiers de Léoncel numéro 27

    Le lien se fait entre Ansage et le hameau « le pescher » par les habitants de celui-ci qui vont à l’église d’Ansage.

    Mon ancêtre Jean-Pierre Revol, dit Jourdan, nait le 29/03/1739 à Ansage au hameau le pêcher (vue 80, AD26) :

    Son père Jean-Antoine décédé le 26/07/1751 (vue 89, AD26) est enterré au cimetière d’Ansage :

    « Le 23 octobre l’évêque prescrivit encore de faire une grille en longues poutres immédiatement hors du presbytère, et de clore le cimetière en bois ; et M. de Mayres paya 8 florins ».[4]

    Photo extraite de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors » année 2020, AD26.

    Un lieu pas si reculé comptant 21 maisons ; Un sentier mène de la Vacherie aux gorges d’Omblèze par la ferme de Lantheaume et le vallon du Pêcher.

    Un autre un chemin transitant le hameau du « Pescher » permet de se rendre au Chaffal où là, également, j’ai des aïeuls.


    [1] Page 81, population des taillabilités du Dauphiné, tome 40, année 1906, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.

    [2] Page 63, les chapelles du pays de Gervanne, Jean-Noël Couriol, les cahiers de Léoncel numéro 27

    [3] Page 309, tome 46, année 1912, par Jules Chevalier, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.

    [4] Page 377, état des diocèses de Die et de Valence en 1509, tome 16, année 1882, par l’abbé Fillet, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme.

  • Marie FERRIER, mère célibataire

    Marie née le 01 septembre 1802 à Les Vastres, décédée le 06 janvier 1872 à Saint-Jean Chambre.

    Ses parents et ses grands-parents :

    Ses grands-parents paternels se marient, devant le pasteur Pierre Peirot, le 06/02/1752 au Mazet Saint-Voy, où naissent neuf enfants, au hameau La Faurie ou les Fauries, dont apparemment atteignent l’âge adulte pour s’établir sur la paroisse de leurs parents.

    Un frère ainé, Jean-Pierre, une belle-mère[1], un père journalier sachant signer*[2] décédé trop tôt, trop de membres de la famille Ferrier sur le même territoire aurait-il incité Marie Ferrier à quitter son village des Vastres ?

    * la plupart des protestants ayant appris à lire (voir à mon écrit « protestants, certains parmi mes ancêtres »).

    « Les Vastres occupe un plateau vallonné de 100 à 1150 m, plutôt fertile avec un terrain moins sablonneux que celui de Saint-Agrève grâce aux apports volcaniques. La terre est plus noire. Les blés portent chapeau et remplacent souvent le seigle. Vaches et chevaux paissent dans de grasses prairies. Par contre, ce coin est particulièrement rude, balayé par la burle comme à Champagne ou Creaux ».[3]

    Je trouve la trace de mon aïeule à Saint-Basile au hameau de Mounens en tant que manouvrière (ouvrière le plus souvent agricole qui accomplit des travaux saisonniers pour le compte d’autrui), où elle donne naissance à Marie[4] née le 30 octobre 1833, à Jean-Jacques le 13 décembre 1838 et à Jean-Pierre le 08 septembre 1843.

    Tous les trois sont déclarés de père inconnu. Ils sont baptisés dans la religion catholique.[5]

                      Hameau où vit Marie  (section F)                 Saint Basile (section B)


     3 P 2828 1, AD07

    En 1856 Marie n’apparait pas sur la liste de recensement de Saint-Basile. Je la retrouve à Saint-Apollinaire de Rias en 1861 travaillant en tant que journalière chez Jean Ponton au quartier Réveille.[6]

    En 1872 Jean-Jacques et Jean-Pierre vivent à environ 10 kms de leur mère qui décède à Saint-Jean Chambre, quartier les Rabarines dans sa maison d’habitation, en tant indigente [7]:

    Je fais le lien avec la famille de Clémence PONT, épouse de Jean-Pierre Ferrier, dont les grands-parents maternels habitaient au quartier des Rabarines :

    Sosa 110 : CHAREL Jacques, cultivateur, né le 08/06/1777 à Saint-Agrève (vue 11), décédé le 15/03/1859 à Saint-Jean Chambre (les Rabarines), marié le 03/06/1810 à Saint Jean Chambre (vue 58) avec PONTON Isabeau.                                                                                                         


    [1] Marie Anne Gential, noté sur l’acte de décès de Pierre Ferrier le 10/02/1817, les Vastres 6 E 282/2, vue 200/334, AD43 (j’ai recherché le mariage de Pierre et Marie Anne : je ne l’ai pas encore trouvé)

    [2] Indiqué sur l’acte du 16/06/1796, E dépôt 234/3 150, Le Mazet Saint-Voy

    [3] Page 105 à page 117, du Chiniac au Mézenc, à l’aube des temps nouveaux, par Jean Montabonet.

    [4] Sur son acte de naissance (vue 18) il est noté : Jean Pommier beau-frère de la déclarante 

    [5] Jean-Pierre Ferrier, ADA 5 J 62/2, archives du diocèse de Viviers, AD07

    [6] Vue 10, 6 M 292, AD07

    [7] 3 Q La table des successions et absences, Bureau de Vernoux, année 1872 (vue 9)

  • Instruction scolaire à Montclar sur Gervanne

    En cherchant de la documentation en lien avec mon ancêtre Jacques Guilhot, je lis ceci qu’au 05/11/1747 :

    « Il est nommé Antoine Prudhomme de son consentement pour en faire la fonction pendant six mois et assistera aux services divins moyennant la somme de septante cinq livres aux conditions de fournir sa maison pour y tenir l’école payables en deux payements égaux et dans le temps qu’il sera obligé de la tenir à Vaugelas on fera comme les anciennes coutumes ».

    Au 15/12/1748 :

    « Conclu que le sieur Antoine Prudhomme fera les fonctions de précepteur et qui continuera de faire ces fonctions pendant le temps et termes de quatre mois sous le prix et somme de treize livres par mois et fournira sa maison comme il a été convenu ci-devant ».[1]

    Sur le contrat de mariage le 11/11/1739 d’Antoine Prudhomme (avec Jeanne Beatrix) où il est dit qu’il est travailleur de terre, journalier, je peux voir sa signature [2] :

       *

    *

    *Vérifiée sur le document du conseil municipal du 05/11/1747 à Montclar. 

    Déjà en mars 1733 je trouve sa signature en tant que parrain (vue 63, paroisse de Montclar, AD26).

    Carte Cassini (source IGN)

    Comme cela est formulé dans le contrat de maitre d’école [3] :

    De plus le rôle du dit maitre est de veiller à l’assiduité des enfants dans le domaine religieux

    « Le recrutement de l’enseignant se fait pendant les foires (exemple celle de Gap), le bouche à oreilles ou par le biais des affiches d’un journal de la capitale de la province ».[4]

    Le conseil général -c’est ainsi que cela se nomme- n’a pas de tracas à Montclar : tous ces hommes appartiennent presque tous à la même paroisse.

    en série E, AD26 je relève :

    Au choix de Besson pour maître d’école, à 114 livres par an (1er novembre 1717) ;

    En 1729 : Le traitement des instituteurs Besson, Gautier, Evesque, Rostaing, Prudhomme et Dorille, pour 2, 4, 6 et 12 mois, montent de 25 à 72 livres ;

    Aux 150 livres de gages à Colomp, pour diriger l’école (1er décembre 1765) ;

    Aux 174 livres données à Bérard, pour l’école (14 décembre 1766) ;

    Et au vote de 75 livres à de Bardonnenche, pour 6 mois d’école (3 novembre 1771) ;

    Aux 75 livres de Pelourson, pour 6 mois d’école (5 novembre 1775) ;

    Quittances aux consuls par Besson, « précepteur de la jeunesse, de quarante-quatre livres treize souls pour ses gages de l’année 1750 » ;

    Par Pelourson, de 62 livres 10 sous, pour avoir servi de précepteur « l’espasse » de 5 mois (1783).

    En 1733 Jean Gautier est précepteur de la jeunesse (vue 63, registres paroissiaux de Montclar, AD26).

    S’ils appartiennent au village les écoliers doivent parcourir environ 2 kilomètres et demi pour rejoindre la maison du régent située à Vaugelas.

    Depuis le 01/11/1790 jusqu’au 31/07/1796 Jean-Baptiste Rouy exerce le métier de précepteur des petites écoles. Il est reconduit dans sa fonction.[5]

    En 1644, lors de la visite de l’Evêque, Charles Jacques de Leberon, Evêque de Valence et de Die, je lis que le curé enseigne les petits enfants gratis et qu’il n’y a pas de maitre.[6]


    [1] 3 E 152, E dépôt Montclar

    [2] 2 E 6839 folio 61

    [3] Page 46, Scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII-XVIIIe siècle, 06/1975, BH 1387, AD26

    [4] Page 21, Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26

    [5] 3 E 152, E dépôt Montclar

    [6] Page 306, tome 46, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme

  • La Chapelle en Vercors, départ de ma branche cognatique catholique

    La Chapelle en Vercors, départ de ma branche cognatique catholique

    Avant-propos : Les registres paroissiaux perdus ou brûlés ont amenés, de 1744 à 1747, des tentatives de reconstitution des registres période d’actes passés entre 1709 et 1736 à La Chapelle en Vercors.

    Afin de pouvoir poser la recherche de mes ancêtres par génération j’ai analysé tous les contrats de mariages au nom de Guillet, Guillot, Guilhot, dans les paroisses de la Chapelle en Vercors, Saint-Martin en Vercors, Saint-Agnan en Vercors, Saint-Julien en Vercors, Vassieux, Saint-Jean en Royans, Die et Crest.

    J’ai, également, relevé tous les actes de baptême, de mariage et de sépulture ainsi que des testaments et autres documents notariés pour les lieux nommés ci-dessus.

    Les fascicules qui m’ont permis ce travail sont ceux de l’association Egda.

    Les voies au 1 siècle avant/V siècle après JC :

    Extrait de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », année 2020, AD26

    « L’absence de route praticable était censée mettre les communautés villageoises relativement à l’abri du passage des gens de guerre, les routiers du Moyen Age comme leurs confrères plus tardifs s’écartant peu des ‘sentiers battus’ ».[1]

    « Forteresse naturelle, le Vercors est une terre où se réfugier, se cacher, s’isoler. Sans accès facile durant des siècles, elle a forgé une population indépendante et courageuse ».[2]

    Cependant, comme je le relève plus loin dans ce document, les chemins menant à la plaine existent par exemple pour aller à Pont en Royans.

    « Au Moyen Age, le village se trouvait à l’est du bourg actuel, sur le piton rocheux de Foirevieille. Son église et sa centaine de maisons étaient protégées derrière les murailles de la forteresse de la Bâtie. Elle s’appelait la Bâtie de l’Orme en 1253, la Bâtie des Monts de la Vernaison en 1313, puis tout simplement la Bâtie.

    En 1573, de Gordes, lieutenant du roi et chef catholique reprend la place tenue par les protestants et fait démolir le château.  Du village originel comme de la forteresse ne restent que quelques ruines ».[3]

    « Les Vaudois du XIVe siècle remplacés ensuite par les protestants au XVIe siècle, se sont réfugiés aux montagnes. Ces derniers avaient conquis le Diois de 1562 à 1569 ».[4]

    « Mes ancêtres diois au XVe siècle et suivant ‘montaient’ par le col du Rousset avec leurs mules, bien avant le raccourci réalisé par le tunnel de Rousset. Il fallait une journée pour monter de Die par Chamaloc ou par Romeyer, traverser le mandement de Rousset, et encore un jour pour redescendre avec leur tribut de quelques poules et menues monnaies de La Bâtie de Vercors (La Chapelle en Vercors) ».[5]

    E. Lavisse dit que sous Louis XIV les pâturages couvrent une grande partie du royaume. Ils s’étendent surtout dans les régions de montagnes et de collines de la Lorraine, du Dauphiné et de la Provence…

    (Page 225, tome 8, les charges des classes rurales, E. Lavisse).

    Le chemin d’accès a peut-être été facilité par les mouvements de transhumance des brebis ?

    Les hauts plateaux accueillent en majorité des brebis venant des Bouches du Rhône (de la Crau), du Vaucluse, du Gard et des Alpes de Haute-Provence mais aussi du Royans, du Diois et de la Gervanne dit l’article de la revue page 9 et page 15 Vercors numéro 75 de mai 2019.

    Extraites de l’exposition « chemins faisant : une histoire des routes du Vercors », Année 2020, AD26

    L’ancienne place -place de l’église- de la Chapelle en Vercors :  

           

    Ecole d’architecture de Grenoble, laboratoire espace rural et montagne, 1984. Dessins et relevés par MM. Legoupil, Sallin, Schweizer et Tirard sous la direction de MM. Lyon-Caen et Schneegans, exposition en 2019, AD26

    Le clocher de l’église date du 16ème, 17ème siècle.[6]

    L’ancêtre de ma branche maternelle Louis GUILHOT (GUILLOT) (Sosa 768), marchand, nait vers 1673 à La Chapelle en Vercors (manque les registres), décède le 07/05/1741 (vue 70) à La Chapelle en Vercors. Il se marie -date non connue- avec Catherine Ripert qui décède le 07/12/1745 à la Chapelle en Vercors.

    En 1698 ce village compte 808 habitants (page 81 du tome 40 de la Société d’archéologie et de statistique de la Drôme).

    Le meunier Louis Magnan au hameau des Bayles fait sa farine avec son moulin à eau qu’il exploite. Mes ancêtres, ainsi, sont approvisionnés en pains (13/08/1742, 1735/1742, C 95, AD26).

    En 1715 Louis habite dans le village de la Chapelle en Vercors (2 E 14670 du 27/03/1715 vue 38).

    Exerçant la profession de marchand, Louis signe des transactions chez le notaire de Saint-Martin en Vercors dont le ou les témoins viennent quelquefois de Gresse en Isère (2 E 14659 folio 146/147 le 23/05/1715).

    Au 01/08/1742 sa famille et lui ont pour coseigneur Jean Malsan, habitant à la Chapelle de Vercors qui déclare posséder une trente deuxième position de la seigneurie de Vercors tenu à titre de ferme par le nommé Jean Blanc (C 95, AD26).

    En 1762 Louis Alexandre Expilly relève le nom des nobles ayant des terres à La Chapelle en Vercors : il s’agit du sieur de Bonne, capitaine au régiment de Navarre, le sieur de la Morte, le sieur de Plan de Sieyès* et la marquise de Sassenage.[7]

    *Plan de Sieyès : reboulel ou Recoubeau : cette famille acquit de grands biens en Dauphiné, par suite de l’alliance du conseiller Jean de Sieyès avec Melle de Veynes du Prayer (vue 549, Armorial du Dauphiné).

    Louis fait mettre par écrit ses dernières volontés le 11/04/1736 étant détenu de maladie corporelle

    (2 E 14671 folio 187) ; sur son testament il est indiqué GUILLOT Louis, fils de Pierre, travailleur de La Chapelle de Vercors.

    Il donne legs à ses enfants André, Anne, Magdeleine, Marie, Jean, Jacques et Louis (dans le mariage avec Jeanne ARTHAUD) ; Lègue à Catherine RIPERT qu’elle vive avec Louis ;

    Louis est maréchal-ferrant : « Seuls les maréchaux-ferrants avaient qualité, disent les statuts de 1687, pour ferrer, panser et médicamenter toutes sortes de bêtes chevalines. Ce mot médicamenter peut étonner : jusqu’au XVIIIe siècle, les maréchaux furent en même temps vétérinaires ». [1]

    Avec le métier de son fils, Catherine peut voir les diverses personnes et peut être, ainsi, éviter l’ennui.


    [1] http://dianescianima.free.fr/metiers/marechalferrant.htm

    La signature de Louis (marié à Catherine Ripert), celles de ses enfants et de son frère :

    Signature de Louis dans un acte notarié 2 E 14662 folio 65 le 20/05/1728 où il paye un maitre pour apprendre à Jacques Guillot le métier de cordonnier.

    De son fils Jacques 2 E 14662 folio 81 du 14/11/1728 :   

    Et celle en 06 1743 sur son contrat de mariage :

    Au contrat de mariage de Jean 2 E 14660 folio 311 du 27/03/1720 :

    Louis (maréchal ferrant) fils de Louis (x Ripert) 2 E 14666 folio 210 du 29/08/1738 :

    La fille Catherine de Louis (maréchal ferrant), née en 1728 qui signe le 17/08/1745 son acte de mariage :

    De son frère Henry :

    A la vue de la graphie de leurs signatures je peux penser que la plupart de mes aïeuls savent lire, écrire (selon s’il y a un régent). En 1644 il y a « un maistre d’escole » écrit Charles Jacques de Leberon dans ses visites pastorales des diocèses de la Drôme.[1]


    [1] Page 435, tome 47, année 1913, Société d’archéologie et de statistique de la Drôme

    J’attire l’attention sur ce que dit Thierry Sabot : « il ne faut pas confondre capacité à lire et aptitude à écrire ou à signer : en effet, il semble bien que les individus sachant lire étaient beaucoup plus nombreux que ceux sachant seulement écrire ou au moins signer ». [8]

    La fréquence de signature d’un de nos ancêtres en tant que témoins nous renseigne sur la notoriété de celui-ci dans le village et le fait d’habiter celui-ci :

    Louis Guilhot est requis assez souvent en tant que témoin par exemple dans le 2 E 14660 vue 294, 295.

    Louis paie au total 1340 livres (soit l’équivalent de 18 444 euros [9]) pour les dots de ses enfants :

    • Cm 2 E 14660 folio 311 du 27/03/1720 (vue 315) : Jean Guilhot x Jaliffier Marguerite

    Dot de 120 livres + une bague en or achetée par Louis Guilhot ;

    • 2 E 14662 folio 194 du 09/07/1725 :

    Mariage d’Anne Guilhot x GERIN Jean

    Dot principale de 300 livres plus d’autres petites sommes ;

    • Cm de Louis x ARTHAUD : le père de louis a donné 240 livres

    La même somme que pour le mariage de Marie x BERARD Pierre ;

    Lu sur le cm 2 E 14671 folio 124 (vue 141) du 24/07/1735 ;

    • 2 E 14666 folio 211 du 30/08/1738 : André Guilhot :

    Dot : 200 livres plus 140 livres

    « Deux villages fournissant l’essentiel des maîtres du Vercors. En effet, tous les maitres originaires du Vercors viennent de Vassieux et de la Chapelle en Vercors ».[10]

    Pour que l’école physiquement existe il faut que les habitants payent et rétribuent le maitre. Il appartient à chaque communauté de s’investir financièrement pour l’instruction de ses enfants.

    Le financement de l’instruction se fait par un impôt local réparti en même temps que la Taille, de richesse, c’est-à-dire qu’une personne riche paie plus qu’une autre pauvre.

    « On y compte un quart de feu pour les fonds nobles, et 5 feux trois quarts, un douzième et un trente-deuxième de feu pour les biens taillables, y compris néanmoins un tiers, un vingt-quatrième et un quatre-vingt-seizième de feu pour les fonds affranchis. Cette paroisse est à 6 l. et deux tiers E.N.E. de Valence ».[11]

    « Mais pour imposer ces charges locales, il est impératif de recevoir la permission de l’intendant. Selon l’attitude et la position de l’intendant vis-à-vis de l’instruction du petit peuple des campagnes, ce dernier va représenter un frein à l’instruction ou bien, au contraire, il va l’accompagner dans son développement. »[12]

    Les communautés choisissent seules leurs maitres d’école et sont juges de leurs capacités. 

    « Il arrive fréquemment que le régent *soit aussi secrétaire de mairie et ce, dès le XVIIe siècle ».[13]

    *régent, précepteur de la jeunesse : enseignant

    « D’après Bonnin, ce sont donc les notables* qui décidaient de la tenue d’une école dans le village et, par le biais des délibérations consulaires, il apparaît que tous partageaient le même souci de l’instruction ».[14]

    *Notables : propriétaires fonciers parmi les plus importants de la communauté.

    « Le rôle du précepteur de la jeunesse est, en effet, de veilleur à l’assiduité religieuse des enfants/auxiliaires privilégiés du clergé paroissial, les maitres d’école font l’objet d’une surveillance constante de la part des autorités religieuses ».[15]

    D’après l’annexe 12 du mémoire scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII -XVIIIe siècle, La Chapelle en Vercors compte 97.2 % de catholiques.

    Les paysans, à la fin du 17ème siècle, ont besoin de leurs enfants pour les aider aux champs et n’envoient pas ceux-ci apprendre à lire et à écrire.  

    Ferme ancienne située au hameau des Bernards [16]:

    Je traite le domaine instruction/statut social et finance dans cet écrit par manque de plus de documentations en lien avec cette paroisse.

    Pour conclure, si mes aïeuls sont instruits ne serait-ce t’il pas parce, plus en avant dans le temps, les protestants ont fui le diois pour se réfugier dans les montages ; ce qui a permis à des villages des hauts plateaux la présence de régents ou précepteurs de la jeunesse. Être de la religion dite réformée oblige les dits protestants à savoir lire et écrire afin qu’ils avoir accès aux Saintes Ecritures (voir mon article « Protestants, certains parmi de mes ancêtres »).


    [1] Page 174, routiers et capitaines… par Claude Magnan, revue drômoise n°512-513 de 09/2004

    [2] Page 8, le Vercors magazine du Parc naturel régional, numéro 71 de 05/2017

    [3] Page 108, la Drôme insolite de Pierre Palengat

    [4] Page 1060 à page 1063, Le petit collines numéro 18, juin 2016, folios 1033 à 1092

    [5] Page 1060 à page 1063, Le petit collines numéro 18, juin 2016, folios 1033 à 1092

    [6]http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=26074

    [7] Page 108, volume 6, dictionnaire géographique, historique et politique

    [8] Page 13, revue les signatures de nos ancêtres par Thierry Sabot, collection contexte, éditions Thisa.

    [9] https://convertisseur-monnaie-ancienne.fr/?Y=1725&E=0&L=1340&S=0&D=0

    [10] Page 74, Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26

    [11] Page 219, tome 2, dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, par Jean Joseph Expilly, 1784

    [12] Page 16, 17 Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26

    [13] Page 125, Scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII-XVIIIe siècle, 06/1975, BH 1387, AD26

    [14] Page 10, Les petites écoles et l’alphabétisation dans trois communes du Diois, 09/1996, BH 1541, AD26

    [15] Page 48, 49, Scolarisation et religion dans le diocèse de Die, XVII-XVIIIe siècle, 06/1975, BH 1387, AD26

    [16] Ecole d’architecture de Grenoble, laboratoire espace rural et montagne, 1984. Dessins et relevés par MM. Legoupil, Sallin, Schweizer et Tirard sous la direction de MM. Lyon-Caen et Schneegans.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑